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ERARD Pierre Orphée
à Paris (°1775)


1889 - 1922

ERARD vers 1889

1893

"Parmi ceux qui ont illustré la facture en général et celle des pianos en particulier, Séb. Erard se place, sans conteste, au premier rang. Prenant le piano dans son enfance, il le porta à son plus haut point de perfection et c'est aux efforts de la première heure que le monde musical est redevable du progrès et de la faveur qui causèrent le succès, que plus de vingt années n'avaient pu donner encore, entre les mains d'autres facteurs, à cet instrument.

Esprit fécond, sans cesse à la recherche du mieux ou de nouveaux moyens d'exécution, S. ERARD porta son attention sur tous les détails de cet agent sonore ; il n'est pas un organe essentiel qui n'ait fait l'objet de ses études et reçu quelque amélioration.

Aussi n'essayerons-nous pas ici l'énumération de ses travaux, nous devrons nous borner aux plus importants. Malgré les heureux résultats que donnaient le clavecin mécanique dont il a été question au chapitre précédent, la complication de ses éléments fit renoncer ERARD à persévérer dans la construction de cet instrument, il dirigea ses efforts vers le piano, encore bien imparfait.

Dès le début (1790), il le dota du faux-marteau à double pilote ; quatre ans après, il faisait breveter l'échappement simple, à l'aide duquel on obtenait une grande précison du coup de marteau, avantage qui, malheureusement, faisait perdre la légèreté et la facilité de répétition que donnait la mécanique à pilote fixe, qui pourtant, n'était pas exemple d'inconvénients, tels que le manque de fixité du coup de marleau, le rebondissement lorsque la touche était fortement altaquée, etc.

Malgré la satisfaction des artistes, S. ERARD, ne considéra pas sa nouvelle invention comme complète et il continua ses recherches qui aboutirent à la découverte du double échappement (1822), savante combinaison des deux systèmes précédents, qui fit la fortune de l'instrument. Entre temps il remplaça la pointe du sommier des chevilles par une agrafe donnant à la corde une assiette ferme, indispensable aux notes aiguës (1809).

Il imagina ensuite le piano à deux claviers en regard (1811), le piano à sons continus (1812) et construisit des instruments de diverses formes : piano-clavecin (1809), piano-secrétaire à deux jeux de marteaux et piano en forme de colonne (1812); puis en 1821, il fit connaitre son piano à deux claviers indépendants placés vis-à-vis l'un de l'autre.

C'est l'année suivante que S. ERARD triompha enfin du double problème qu'il s'était imposé depuis longtemps, par l'invention géniale du mécanisme à répétition dit double mouvement, faute d'un terme plus précis.

Le piano était dès lors pourvu des plus grandes ressources d'exécution, le nouveau mécanisme permettant, selon l'expression de TAALBERG, de communiquer aux cordes tout ce que la main la plus habile et la plus délicate peut exprimer.

Pourtant le piano n'avait pas encore reçu tous les perfectionnements dont il était susceptible, d'autres parties restaierit à modifier. Une innovalion importante fut le barrage métallique au-dessus du plan des cordes, assurant à la caisse la plus grande solidité et permettant l'emploi de cordes d'un plus fori diamètre, laquelle fut complétée peu après (1830) par la substitution aux cordes de cuivre, jusqu'alors employées pour les basses des cordes filées en acier. Alors, le piano acquit une sonorité particulière très caractéristique, n'ayant plus aucune analogie avec celle du clavecin.

C'est également à S. ERARD qu'est due la transformation de la harpe. A l'epoque où il fut amené à s'occuper de cet instrunent, c'est-à-dire vers 1786, il était borné dans ses ressources, par suite de limpossibilité d'exécuter tous les demi-tons chromatiques de l'échelle musicale et son mecanisme, à crochet ou à sabot. faisait le d sespoir des harpistes. son moindre inconvénient étant d'attirer les cordes hors du plan vertical.

La prernière amélioration apporte à la liarpe par ERARD fut la substitution aux anciens systèmes, du mécanisme à fourchettes ou à simple mouvement. Dans cette innovation, ce facteur n'avait pas cherché à éten tre les ressources, il s'elait bortie à remplacer un mecanisme defeclueux, (1798).

Peu apres, il produisait une larpe sur laquelle on pouvait faire les bémols et les dieses sans nuire à l'accord de l'instrument, au moyen d'un levier placé entre la fourchette de sa première invention et le sillet de la corde dans sa plus grande longueur. Mais, ainsi construite, la harpe conservait le grave inconvénient de ne pouvoir que hausser un son sans-jamais pouvoir l'abaisser, et partant, d'interdire certains modulations.

ERARD y remédia en 1802 à l'aide d'une cheville pouvant tourner à droite et à gauche. La pédale occupant une position centrale, on accordait la harpe en ut au lieu de mi b - changement important – puis, lorsque l'on poussait cette pédale à droite en l'abandonzant à elle-même, la tension de la corde diminuait et le son se trouvait naturellement abaissé. Pour le hausser, il suffisait de presser la pédale et de la diriger à gauche, la tension primitive se trouvant augmentée, le son devenait plus aigu.

C'était à l'état rudimentaire le principe du double mouvement, auquel ERARD ne devait parvenir que quelques années plus tard. En indiquant dans l'énoncé d'un brevet suivant (1809), ainsi conçu : a harpe sur laquelle on peut exécuter les dièses sans nuire à l'accord », cet habile facteur a fait la critique du système précédent.

Enfin en 1811, le double mouvement était creé par l'emploi de deux fourchettes opérant deux raccourcissements successifs de la corde qui, a vide, donnait un son bémolisé, que l'on rendait naturel par un premier mouvement de pédale et qui devenait dièse par le second mouvement. On obtenait alors 27 gammes au lieu de 13 et l'on pouvait moduler rapidement et même exécuter des suiles ininterrompues de demi-tons.

L'Académie approuva en 1815 les importants perfectionnements d'ERARD, néanmoins les avantages qui en résultaient ne furent pas unaniment reconnus F.-J. Naderman se montra toute sa vie adversaire inébranlable du nouveau systéine. Alors méme que plusieurs années d'expérience en eurent confirmé le succès, il persévera dans son hostilité.

Il contesta la possibilité d'exécuter toutes les modulations en arguant de la complication qu’occasionnait les pédales qui ue servaient, disait-il, dans l'introduction de sa méthode (1824) qu'à embarrasser l'exécution : « J'affirme que le mécanisme de la harpe simple « est infiniment préférable à celui de la harpe à dou

« ble mouvement. On ne peut donc considérer comme « un perfectionnement des changements sans utilité « réelle et qui entraînent de graves inconvénients.» F.-J. NADERMAN qui avait été nommé professeur au Conservatoire, n'enseigna donc que le vieux système, qu'il fabriquait d'ailleurs avec son frère, et ce n'est qu'après sa mort (1835) que la harpe d'ERARD pût prendre place dans l'enseignement de notre grande Ecole. A dater de ce moment, la harpe simple avait vécu, et l'adoption générale de la harpe nouvelle est venue depuis donner un cruel démenti a l'opinion de NADERMAN.

Bien que Séb. ERARD ne se soit pas occupé spécialement de l'orgue il apporta quelques perfectionnements à cet instrument, totalement dépourvu alors d'expression Notre éminent facteur parvint à lui donner la faculté de nuancer le son, selon le degréd'enfoncement de la touche, découverte admirablequi fit dire à GRÉTRY dans ses Éssais (1797): « C'est la pierre philosopbale en musique, que celte découverte.

Le gouvernement devrait faire établir un grand orgue de ce genre et récompenser dignement ERARD, l'homme le moins intéressé du monde ». Absorbé par ses recherches sur la harpe et le piano, ERARD laissa s'écouler une trentaine d'années avant de reprendre ses études sur l'orgue ; ce n'est qu'en 1827, qu'il présenta à l'exposition un orgue expressif par le moyen de pédales actionnant des jalousies et par l'élargissement ou le rétrécissement progressif des conduits du vent sur les jeux d'anches, procédés connus, sinon en usage depuis quelques années.

Cet instrument fut complété l'année suivante par un sommier à soupapes brisées de l'invention d'ERARD, à l'aide desquelles le volume de son augmentait à mesure que l'on pressait la touche. C'était la réalisation complète des espérances de GRÉTRY, car l'instrument possédait l'expression par la touche et il était construit par ordre du gouvernement pour la chapelle des Tuileries.

La commission de réception le reconnut admirable sous tous les rapports; malheureusement, détruit une première fois en juillet 1830, et reconstruit en 1855 par P. ERARD, il disparut dans l'incendie de 1871. La perte de cet orgue est d'autant plus regrettable qu'il n'en existe pas de semblable et qu'il devieot impossible d'apprécier l'importance de la découverte d'ERARD.

C'est pendant la construction de cet orgue que S. ERARD fut repris par la maladie qui devait l'emporter le 5 avril 1831, après une année de cruelles souffrances. Les magnifiques travaux de cet lomme de génie lui avaient valu trois fois la médaille d'or aux expositions de 1819, 1823 et 1827 et la croix de la Légion d'honneur, en 1823.

Jean-Baptiste Erard, frère de Sébastien étant mort le 10 avril 1826, c'est son fils Jean-Baptiste-Pierre Orphée, né à Paris en 1794, qui succéda à son oncle et fut chargé de la mission de maintenir la haute réputation acquise par la maison. Ayant collaboré aux travaux de ses parents ainsi que l'indique un brevet de 1821, pris au nom d'ERARD frères et fils, il ne faillit pas à la lâche.

En 1834, Pierre Erard introduisit un perfectionnement à la mécanique à double échappement; en 1838, ilimagina la barre harmonique donnant aux sons aigus une pureté et une intensité inconnues jusqu'alors et appliqua, en 1843, le double échappement au piano carré. Pai-mi les autres inventions de ce célèbre facteur, il faut citer le clavier de pédales adapté au piano à queue (1848), le sommier de bronze formant avec le sommier d'attache, un chassis augmentant la puissance de l'instrument, sans avoir les inconvénients du chassis en fer fondu d'une pièce (1850) et diverses autres améliorations de détail (1853-55).

Sans toucher au principe si parfait de la harpe inventée par son oncle, P. EKARD apporta quelques modifications à sa construction. En diminuant de moitie la hauteur de la cuvette, il augmenta la longueur de la table et du corps, et par suite, employa des cordes d'un diamètre plus fort, ce qui donna plus d'ampleur à la sonorité (1835-38). A cette époque ERARD faisait des harpes styles gothique et grec, grand modèle en ut et d'autros, plus petites, en la b.

Les distinctions les plus flatteuses furent la récompense des efforts fails par ce digne continuateur des nobles traditions du fondateur. Des médailles d'or en 1834, 1839, 1844; la grande médaille d'honneur à Londres en 1851, puis à Paris en 1855; la croix de chevalier de la Légion d'honneur en 1834 et celle d'officier en 1851, proclamèrent la supériorité de la maison et attestèrent la haute estime qu'on lui

portait. Mais P. Erard ne put assister au nouveau triomphe qui l'atlendait ; il mourut au château de la Muette, le 16 août 1855 avant la clôture de l'exposition.

P. ERARD disparu, sa veuve secondée par son beaufrère M. Schæffer conserva la maison dont la prospérité allait toujours croissant. A la mort de ce dernier (27 janvier 1873), qui avait été nommé chevalier de la Légion d'honneur à l'occasion de l'exposition de 1867 où la maison ERARD était hors concours, c'est à M. Albert-Louis Blondel que Mme ERARD confia l'administration de sa manufacture, dont il a l'entière direction depuis le 13 octobre 1889, dale de la mort de cette dernière.

Dans l'état de perfection auquel S. et F. ERARD avaient porté les instruments, il est difficile à leurs successseurs d'ajouter beaucoup à leurs travaux. Ils ne restent pas néanmoins inactifs, et en continuant d'assurer le développement et la supériorité de la maison, ils se préoccupent toujours des moyens d'améliorer la fabrication.

Le dernier perfectionnement important date de 1880; il consiste dans une nouvelle disposition de la pédale douce du piano droit. L'ancien système à languelle de feutre s'interposant enlre les marleaux et les cordes, est d'un maniement difficile pour les personnes peu exercées, et le système avec déplacement des inarteaux de droite à gauche, fatigue le mécanisme et produit une usure inégale des feutres qui les garnissent.

Le nouveau systèine n'a aucun de ces inconvénients, la diminution d'intensité du son s'obtenant par le rapprochement des marteaux qui frappent la corde avec plus ou moins de vigueur, selon qu'ils sont plus loin ou plus près d'elle. A la vérité l'idée n'était pas neuve, mais les essais tentés jusque-là, avaient toujours échoué, parce qu'ils entraînaient une altération du toucher.

A l'exposition de 1878, la maison ERARD reçut une médaille d’or; elle obtint le grand prix en 1889; son directeur M. Alb. BLONDEL a été décoré de la Légion d'honneur en 1888. De telles maisons sont la gloire d'un pays. Grâce aux travaux de ses directeurs, à leur parfaite honorabilité, à leur conscience artistique et à la qualité irréprochable de leurs instru. inents, le bon renom de l'industrie française a été affirmé dans le monde entier.

C'est que dans la maison ERARD on a beaucoup plus le souci de faire d'excellents instruments, que d'en produire beaucoup laissant à désirer sous quelque rapport, et pour y arriver, aucun sacrifice n'est épargné : tout instrument qui ne réunit pas les qualités voulues est impitoyablement détruit ; les matériaux sont tous de premier choix et ce n'est pas le prix de revient qui décide de l'adoption du mécanisme, mais bien ses qualités. C'est ainsi que pour les pianos droits, il est fait usage de la mécanique d'ERARD dite à lames, bien que son prix soit plus élevé que celui de la mécanique à baïonnelles.

Les merveilleux pianos à queue, richement décorés. qui ont fait la curiosité des expositions de 1851, 1867, 1878 et 1889 prouvent bien que la question d'art prime tout chez ERARD, car ils ont coûté chacun plus de 50.000 francs, et il n'est pas certain qu'en les vendant, le facteur se soit entièrement récupéré.

Celui de 1867 orné de peintures en camaïeux et de ric!ies scnlplures, a éte acquis par Sir Richard WALLACE pour sa galerie de tableaux ; celui de 1878, style Louis XVI a eté offert par un groupe de daines du monde à la duchesse de Bragance, aujourd'hui reine de Portugal, à l'occasion de son mariage ; enfin celui de 1889, style Louis XIV avec applications de bronzes ciselés et dorés est devenu la propriété de Mm. Anchorena, la personne la plus riche de Buenos-Ayres (C'est une ancienne tradition chez Erard que de faire des instruments exceptionnels : en 1834, il y eut un piano style Louis XIV avec sculptures et peintures en couleur sur fond or.).

La fabrication de la harpe montre aussi le désintéressement des ERARD, car il n'y a certainement aucun instrumen de moins productif aujourd'hui, que celui-là.

Il n'est plus fabriqué maintenant que deux sortes de pianos : des pianos à queue et droits à cordes obliques ou demi-obliques, de divers formats, mais de qualité uniforme, la différence de prix ne portant que sur la différence de dimensions et la puissance sonore.

Cette maison a renoncé à faire des pianos droits à cordes verticales et ceux à cordes croisées. Cinq cents ouvriers sont employés dans la manufacture de Paris; la production s'élève annuellement à environ 1500 pianos dont 500 à queue, et jusqu'à ce jour les ateliers de Paris et de Londres (ce dernier fondé en 1786) ont produit plus de 100.000 instruments." Les facteurs d'instruments de musique: les luthiers et la facture ..., Constant Pierre, 1893, p. 163-173

1894

« ERARD GRAND PIANO »
The Art-journal, 05/1894, p. 143

"Having bought one by Broadwood, Erard, Bechstein, or other eminent maker, with iron frame and the rest of it complete, the question arises, where shall you place it? If your drawing-room be sufficiently spacious, say not less than sixty by forty-five to fifty feet, it is a question easily answered.

You need only hand over your instrument to your upholsterer: he will dump it in a convenient out-ofthe-way spot, and so smother it under hangings and flowers and palms and statuettes, that it will never be seen until you have got near enough to break your shin on it.

If, however, your drawing-room be anything under half the abovementioned proportions and of the customary rectangular shape, the question of the placing of your piano will be a question indeed-a nearly, or quite, unanswerable one.

Set it here and the light does not fall on the music; there, and it blocks one or more of your windows; there again, it stops your doorway; here, and it throws every other piece of furniture in the room out of harmony.

In short, you will find that, place it where you will, cover it with elaborate trappings and ornaments as you please, it always remains an eyesore, an element of discord. [...][...]

Here is an instance. The foreman of Messrs. Erard's Marlborough Street workshop is one of the cleverest men in the trade. His one objection was that were pianos to be made as I wished, new tools would be needed, new calculations for the strings and sound-board, and in short, that some little dislocation would ensue. Well, surely the end is worth the trouble.." The Art-journal, 05/1894, p. 142-143

1896

about Erard 's new patent RESONATOR

BLACK AND WHITE OF CONCERTS AND THE RESONATOR.

INTERVIEW WITH MR. DANIEL MAYER.

HAVING heard that the coming concert season was to be a very remarkable one, if only in virtue of the number of concerts arranged, a representative of Black and White called on Mr. Daniel Mayer, at Erard's, in Great Marlborough Street, to obtain such information on the subject as might be procurable. Having been received into Mr. Mayer's sanctum, he went to the point immediately.

"What is there to be said of the coming concert season, Mr. Mayer? Is it really going to be a very remarkable one?" "Yes, there will be no end of concerts, mostly orchestral, and violin or piano recitals. You remember there were a great many conductors of repute in London last year? There will be six or seven of them here this season. Then there are the pianists : Rosenthal, Sauer, D'Albert, and many others will be over."

"So that we are likely to get enough instrumental music to satisfy us?" "I only hope the section of the public which attends these concerts and it is but a section-will not grow tired. There are limits to its capacity for listening to high-class music, and when there are two or more eminent pianists giving long series of high-class recitals simultaneously, there is need of a good deal of devotion on the part of the public."

"Are there any other visitors to be expected?”—“ Mark Hambourg-no, his name is not Max-is already in London. reappearance, after studying with Leschetizky in Vienna, at a Richter concert You know, he made his in the same town. He was at once engaged for Australia, and he has now come to England again and made a most successful début on January 28th. He will give his third recital on February 25th and an orchestral concert on March 3rd, when the programme will include Chopin's Concerto, the Schumann Concerto, and Liszt's Hungarian Fantaisie."

"What of the vocalists?" asked the interviewer. -" I am arranging for the visit of a new light dramatic soprano, Mdlle. Grèta, who will make her début at the orchestral concert on March 3rd. Then Van Dyck, the tenor, will be coming. And, by-the-bye, you must not forget that Miss Muriel Elliot will make her début as an orchestral player on April 29th, at a concert
at which Stavenhagen will conduct."

"Anything else?" persisted the interviewer. - "Nikisch will be here again and will conduct two concerts at St. James's Hall on April 20th and May 4th. I hope to give the most interesting concert of the season on May 19th. A Quartette has been formed in Paris, under the name of Société des Instruments Anciens, consisting of M. Dièmer, who plays the clavecin, M. Van Waefelghem, viola d'amore, M. Delsart, viola di gamba, and M. Grillet, la vieille.

They have created an enormous sensation in Paris and throughout France and Switzerland. They play the original quartettes and solos written for these instruments, and you have no idea how delightful it sounds. To show the difference between the tone of the clavecin and the present instruments, M. Dièmer will, towards the close of the concert, play upon one of the latest Erard Concert Grands with the patent resonator." Then, changing the subject suddenly, he exclaimed, "Have you heard our resonator yet?"

The interviewer's perplexity was manifest without the need of words. "Do you mind coming upstairs and listening to one or two pianos?" continued Mr. Mayer, seeing he did not understand.

The interviewer naturally expressed himself as eager to accept the opportunity, and Mr. Mayer led the way upstairs. They passed through room after room, each full of pianos, over one of which the gentleman who has the honour to tune the instruments on which Paderewski plays was leaning with rapt attention. Finally, the interviewer took his stand at the end of a long room, while an admirable pianist played on a beautiful cottage upright piano. He paused and moved to a second piano which stood hard by and then played the same music once more.

When he had ceased, Mr. Mayer spoke : "One of these pianos is fitted with the resonator, the other is not. You can tell which?"

The interviewer hesitated. "The first was as good as could be desired," he said. "The first few notes of the second seemed, somehow, different in quality, but before the end I merely thought that this, like the first, was as good as could be desired."
 

BOUDOIR GRAND PIANO IN PURE LOUIS XV. STYLE

Mr. Mayer laughed. "Hear the first again, now you have heard the second,"; he said, and now it was very evident, to one whose ears had heard the second piano, that the first instrument was nowhere like so charming. It simply lacked the resonator, and so it was at once less powerful and a vast deal more noisy. The quality was altogether altered and the difference one of increased loveliness of tone.

You might have fancied that the man who played upon the first instrument was compelling it to sing: that when he sat down at the other it was his work simply to enable the thing to sing of itself.

As to the increase of power, it is enormous, though, inasmuch as power is not noisiness, one would need a very big hall in which to test this difference. It was the forgetting of this fact which deceived a prosperous gentleman who desired to purchase a piano. He entered just as the interviewer was listening to grand pianos with and without the resonator. favour of the one unfitted with the resonator. It was more powerful, he said, He unhesitatingly pronounced in and you understood exactly what he meant when he advanced and tapped the notes with his fingers-you know the effect?--to demonstrate the correctness of his opinions.

"What is the history of the resonator, and what is it in itself?" asked the interviewer, after Mr. Mayer had confided to him that Mr. Paderewski is by no means the only eminent pianist who has spoken in terms of the strongest praise concerning the new invention. "Well," said Mr. Mayer, "there was a workman of ours, named Robinson, who was for a long time bothered by a most excellent idea, which he found himself unable to develop beyond a certain point.

Finally he came to me, and for a long time we worked on the subject together. The result was the first patent, taken out in our joint names, for a resonator applied to grand pianos. Afterwards, in my own name, came the patent for a resonator which could be attached to uprights. See, the thing is very simple."

So far as appeared from an inspection, the resonator consists of a plate of steel of the same size as the back of piano. This is cut and hand-beaten until it rather resembles a gridiron, having the hollow half tubes turned inwards towards the back of the piano. The tubes are carefully tuned, and connected by means of catgut with the bars of the sounding-board; and it is the vibration of this steel, in sympathy with the vibrations of the sounding-board, that produces the effect of the resonator.

"This, by-the-bye," said Mr. Mayer, "is an old piano: the one which I first had fitted with the resonator to see if we had achieved what we desired. It doesn't sound like an old one, does it?" It certainly did not, and the interviewer, remembering an excellent piano of his own which was old, and still both good and precious, was tempted to ask two questions.

"Can you fit the resonator to any piano, or must they be specially constructed?"- Mr. Mayer pointed to the piano to which they had just been listening. "It can be fitted to any piano, though, of course, the thing is easier where the instrument is a specially constructed one."


"And the price? "- " Is exceedingly moderate, when you remember that the resonator practically turns your cottage piano into a small grand. The cost varies between, say, £10 to £40-according to the class to which the instrument to be fitted belongs." Black & White, Volume 11, 1896, p. 203

Advertisement in Musical Courier : A Weekly Journal Devoted to Music and the ..., Volumes 30-31, 22/06/1895, p. 3

1901

'The Piano aesthetically considered by Hugh B. Philpott'

Grand piano in Louis XV style, copied from a famous work by Riessner; manufactured by S. & P. ERARD
The Artist: An Illustrated Monthly Record of Arts, Crafts and ...,
Volumes 31-32, 1901
, p. 18
4

"The example we illustrate (page 184) [see here above] is by Messrs. S. and P. Erard and is priced at 2,000 guineas. It has been copied from a work by the great cabinet maker Riessner, and is as sumptuous a piece of furniture as anyone could wish to see.

There is nothing notable in the shape; no attempt has been made todisuise or modify the ugly outline, which is in fact rather emphasised by the ormolu mounts. As a work of Art it is 'all wrong'; nevertheless, it is impossible to look upon such a work entirely without admiration.

The craftmanship is superb, the inlaying is wonderful in its delicacy and softness and gives us quite a picture gallery of allegorical scenes with music as common theme, and the ormolu mounts have been chased by hand with infinite pains and skill.

Yet the total impression it produces is one of wasted effort. As in the case of the actual works of Riessner and gouthière, one feels how great a pity it is that such amazing skill and industry were not directed by sounder artistic principles.

Moreover as the wrk is only a copy, it has ot the human interest which belongs even to a poorly designed original work." The Artist: An Illustrated Monthly Record of Arts, Crafts and ..., Volumes 31-32, 1901, p. 183-184

Grand piano in Louis XV style; satin walnut parquet with ormolu decoration; manufactured by S. & P. Erard
The Artist: An Illustrated Monthly Record of Arts, Crafts and ...,
Volumes 31-32, 1901
, p.
185

1904

Comment la maison ERARD pensait de la valeur des anciens pianos ca. 1904 ?

"Maison Erard, fabricant de pianos. - Je pose à l'Intermèdiaire, ou du moins à ses nombreux et savants lecteurs, une question un peu en dehors du cadre de ce journal mais je serais bien aise de savoir si la Maison Erard, de même que la Maison Pleyel, collectionne les premiers clavecins qui portent son nom, et si ces instruments sont recherchés et rares. A quelle époque la maison a-t-elle commencé à fabriquer ? T. L.

Nous avons donné en épreuve, la question posée à M. Blondel, successeur d'Erard, qui a bien voulu nous faire la réponse suivante :

Monsieur,

Notre maison n'a fabrique depuis son origine (1780) que des pianos et des harpes.

Avant sa fondation, Sébastien Erard avait construit, il est vrai, quelques clavecins, ratés aujourd'hui puisqu'ils ont été peu nombreux, mais non pas très recherchés, à l'exception de ceux auxquels s'attache un souvenir historique.

Les clavecins ne présentent plus, au point de vue instrumental, qu'un intérêt rétrospectif et les amateurs recherchant de préférence ceux des époques antérieures.

Ils n'ont, dans tous les cas, qu'une valeur de convention, sauf ceux qui empruntent une valeur réelle à la richesse de leur ornementation.

Les premiers pianos, de forme rectangulaire, construits par notre maison, sont désignes à tort, par beaucoup de personnes, sous le nom de clavecins.

Il s'agit peut être, dans la pensée de votre collaborateur, de ces instruments. Ils ne sont pas non plus très recherchés, mais se vendent encore parfois, lorsqu'ils sont de petite taille, une centaine de francs.

En ce qui nous concerne, nous avons une collection très complète d'anciens instruments, et depuis longtemps nous n'en achetons plus.

Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de nos sentiments très distingués.

BLONDEL." L'Intermédiaire des chercheurs et curieux : Notes and queries français : questions et réponses, communications diverses à l'usage de tous, littérateurs et gens du monde, artistes, bibliophiles, archéologues, généalogistes, etc., 1904, p. 225 (gallica.bnf.fr)


1905

"Un facteur de pianos de la maison Erard, Mathias Kross, âgé de seize ans, est mort hier d'une congestion causée par le froid." Le Figaro, 17/01/1905, p.4 (gallica.bnf.fr)


1907

Le château de la Muette

Le château de la Muette, où se tient aujourd'hui la troisième assemblée des évêques français, était la propriété de la comtesse de Franqueville, née Scheffer et nièce de Mme Pierre Erard. Le Figaro rappelle comment le domaine historique aimé de Marie-Antoinette fut acquis par les célèbres facteurs de pianos.

«C’est en 1823 que le château de la Muette, devenu propriété privée, fut mis en vente. Sébastien Erard en fit l’acquisition et s’y installa avec sa famille. il réalisait un rêve de jeunesse * Au temps où petit apprenti, il venait d'arriver de Strasbourg, pour travailler à Paris chez un facteur de clavecins, il lui arriva cette aventure.

Un dimanche, il se promenait devant les grilles du château de la Muette qu’habitait en ce moment la Reine. Marie-Antoinette devait sortir en voiture, et grande était la foule pour la voir passer. Sébastien attendait au milieu des groupes serrés. La souveraine parut. Elle était belle, imposante, gracieuse. Lejeune apprenti était enthousiaste.

— Vive la Reine ! cria-t-il avec une voix si puissante et un tel accent alsacien que Marie-Antoinette se retourna croyant voir un de ses compatriotes. »

Elle lit arrêter le carrosse, appela le Strasbourgeois qui eut l’esprit de répondre à la souveraine que si, comme elle, il avait l’accent allemand, il était Français par sa naissance, comme elle par son mariage. La Reine sourit au compliment et donna l’ordre de laisser le jeune homme pénétrer dans le parc de la Muette et s’y promener en toute liberté.

Ce souvenir était cher à Sébastien Erard. Il aimait à raconter l’histoire de sa première entrevue avec Marie-Antoinette quand il se promenait plus tard dans le parc de ce beau château devenu sien. Il mourut en 1831, laissant pour légataire universel son neveu Pierre Erard. »
Une de ses nièces, fille de Baptiste Erard, avait épousé l’auteur de la Vestale, Spontini." La Revue idéaliste, 01/01/1907, p. 42 (gallica.bnf.fr)

INFO EN PLUS : «Le Château de La Muette», par le baron de L.., 1890, 79 pp. (gallica.bnf.fr)


1918

LIQUIDATION SUCCURSALE BELGIQUE

"BEKANNTMACHUNG, betreffend Liquidation franzôsischer Unternehmungen.

Mit Zustimmung des Herrn Generalgouverneurs in Belgien habe ich gemäss den Verordnungen ûber die Liquidation feindlicher Unternehmungen vom 29. August 1916 und vom 15. April 1917 (Gesetz und Verordnungsblatt für die okkupierten Gebiete Belgiens Nr. 253 vom 13. September 1916 und Nr. 335 vom 19. April 1917) die Liquidation des in Belgien befindliehen Vermogens der Firma Maison Erard de Paris, Biondel & Cie., Succ. Manufacture de Pianos, Briissel, angeordnet.

Zum Liquidator ist Herr Leutnant Maas, Brüssel, Oude Kleerkoopersstraat 24, ernannt worden.

Nähere Auskunft erteilt der Liquidator. Brüssel, den 19. Marz 1918. Der Chef der Abteilung fiir Handel und Gewerbe bei dem General gouverneur in Belgien.

In Vertretung : H. G. VII 7020.  Von Borsig.

BEKENDMAKING betreffende de likwidatie van Fransche ondernemingen.

Met toestemming van den heer Generaal Gouverneur in Belgie, heb ik, overeenkomstig de verordeningen van 29 Augustus 1916 en van 15 April 1917, over de likwidaties van vijandelijke ondernerningen (Wet- en Verordeningsblad voor de bezette streken van België, Nr 253 van 13 September 1916 en Nr 335 van 19 April 1917), de likwidatie bevolen van het in België voorhanden zijnde vermogen van de firma «Maison Erard de Paris, Blondel & Co., Succ., Manufacture de Pianos», te Brussel.

De heer luitenant Maas, Oude Kleerkoopersstraat 24, te Brussel, is tot likwidator benoemd. De likwidator verstrekt nadere inlichtingen. Brussel, den 19n Maart 1918." Wet- en verordeningsblad voor de bezette streken van Belgie, 25/03/1918, p. 5 (HetArchief.be)


1922

BOIS COLINIAUX

"L'utilisation des bois coloniaux dans la construction des pianos.

Outre l'Acajou que les maisons Erard et Pleyel emploient pour le placage et le décor extérieur de leurs pianos, il est probable que l'avodrié, Vémien, le fromager et le lo dont la densité varie entre 0,300 et 0,600, pourraient être également utilisés pour remplacer le tulipier d'Amérique dans la construction des pianos.

Au sujet de l'utilisation pour les travaux européens des bois coloniaux, il est bon de rappeler qu'ils ne doivent être livrés aux constructions que parfaitement secs.

[...]

Somme toute le problème de l'utilisation des bois coloniaux sera résolu le jour où les forestiers ne chercheront pas à réaliser immédiatement mais auront des séchoirs vastes permettant la dissécation absolue des bois avant des les expédier vers le continent." Les Annales coloniales, 06/03/1922, p. 1 (gallica.bnf.fr)

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