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KRIEGELSTEIN
à Paris (°1831)

FABRIQUE à DROITTECOURT (Oise)

"En 1896, l'usine de Paris boulevard Bessières déménage dans l'Oise à Droittecourt. Droittecourt, autrefois usine métallurgique, aujourd'hui fabrique de pianos de M. Kriegelstein.

"Jetons un coup d'oeil en passant sur la fabrique de M. Kriegelstein à Droittecourt, placée, il est vrai, dans le canton de Chaumont, mais tout près de l'usine de Saint-Charles.

Tout le monde connaît la juste réputation des pianos de M. Kriegelstein. Ce qui nous importe, ce n'est pas seulement de noter que la nouvelle fabrique répond à toutes les exigences de l'industrie moderne et que l'organisation de ses chantiers, où sont empilés tous les bois nécessaires à la fabrication des pianos, est irréprochable ;

c'est surtout de signaler la construction de maisons ouvrières, qui en grande partie sont occupées par le personnel de la fabrique, comme à Sérifontaine et à Saint-Charles.


Le mouvement social qui emporte les patrons et directeurs à rechercher le meilleur moyen d'améliorer la situation des travailleurs, a fait, dans notre pays, des progrès qu'il convient de signaler en les soulignant avec joie.

Cette fabrique occupe 60 ouvriers, tous les bâtiments : chantiers, scierie, fabrique, maisons d'habitation, ont été construits par M. Kriegelstein depuis 1896." Annuaire des cinq départements de la Normandie, l'Association normande, 1909, p. 242

Géo Kriegelstein était maire de Sérifontaine en 1911. (Les temps du changement dans le bassin de l'Epte, Document du CREDOP, Centre Régional d'Etudes historiques et Documentaires sur l'Ouest Parisien, p. 2)

Quelques des OUVRIERS à Droittecourt, commune de Sérifontaine, Droittecourt, à Saint-Ouen, Paris au début du 20ème siècle.

  CAMUS Charles, ouvrier ébéniste dans la maison M. Kriegelstein, à Sérifontaine. (Journal officiel de la République française. Lois et décrets, 19/09/1922, p. 9467)

  CHARRIÈRE Joseph, finisseur dans la maison Kriegelstein à Droittecourt. (Journal officiel de la République française. Lois et décrets, 12/08/1903, p. 5184)

  DUPUIS Léon-Adrien, machiniste dans la maison Boulé-Kriegelstein, à Sérifontaine. (Journal officiel de la République française. Lois et décrets, 02/02/1931, p. 1268)

  GAULT Eugène-Eléonore, ouvrier finisseur en pianos dans la maison Kriegelstein et Cie à Droittecourt, commune de Sérifontaine. (Journal officiel de la République française. Lois et décrets, 01/03/1908, p. 1529)

  GAULT Hyacinthe, tableur dans la maison Boulé-Kriegelstein, à Eragny. (Journal officiel de la République française. Lois et décrets, 02/02/1931, p. 1268)

 GOUTIÈRE Henri-Eugène, ouvrier barrogier dans la maison Kriegelstein et Ce, à Sérifontaine. (Journal officiel de la République française. Lois et décrets, 10/08/1925, p. 7796)

  GOUTIÈRE Louis-Fleurice, contremaître dans la maison Kriegelstein et Cie à Bazincourt. (Journal officiel de la République française. Lois et décrets, 03/02/1910, p. 958)

 HUBERT Maximilien Auguste, ex-encaisseur dans la maison Kriegelstein et Cie, à Paris. (Journal officiel de la République française. Lois et décrets, 10/08/1925, p. 7799)

 JAMOIS Clément-François, ouvrier dans la maison Kriegelstein et Cie à Sérifontaine. (Journal officiel de la République française. Lois et décrets, 22/01/1913, p. 690)

  MAILLARD Alfred-Victor, éclaircisseur dans la maison Dowé-Kriegelstein, à Eragny. (Journal officiel de la République française. Lois et décrets, 02/02/1931, p. 1268)

 ROUSSELOT Jean-Pierre, ouvrier vernisseur dans la maison Kriegelstein et Cie, à Saint Ouen. (Journal officiel de la République française. Lois et décrets, 10/08/1925, p. 7801)

  SAVE Pierre-Julien, accordeur de pianos dans la maison Boulé-Kriegelstein, à Gisors. (Journal officiel de la République française. Lois et décrets, 02/02/1931, p. 1268)

1893

"Trois ans après l’établissement de la maison précédente (1835), Jean-Georges Kriegenstein, natif de Riquewihr (Haut-Rhin), quittant l’atelier de Pape où il avait été contremaître depuis son arrivée à Paris en 1826, fondait une manufacture de pianos qui devait acquérir une belle renommée.

Kriegelstein n’avait alors que 30 ans ; deux ans après, il faisait breveter en collaboration avec Arnaud, un piano carré avec mécanisme et marteaux au dessus des cordes (1834) qui lui valut une méd. d’argent à l’exposition de la même année ; en 1839, ce fut un piano à queue à sillet, contre-sommier et marteaux frappant les cordes contre le point d’appui, avec étouffoirs perfectionnés, récompensé d’une nouvelle méd. d’argent ; puis, en 1841, ce sont des agrafes de précision pour faciliter l’accord, et, en 1844, le système de double échappement qui porte son nom, « chef-d’œuvre de simplicité et de précision » adopté par beaucoup de facteur et perfectionné plus tard par son fils, bientôt suivi d’un mécanisme à répétition pour le piano droit également simple et précis (1846).

L’année précédente avait été marquée par l’apparition du piano demi-oblique de 1m 07 de hauteur, -véritable et précieuse innovation- dont l’exécution et la sonorité étaient en tous points remarquables ; la méd. de ((p 194)) 1re classe qui fut décernée en 1855 à son auteur déjà titulaire de deux médailles d’or (1844-49) était donc parfaitement justifiée.

En 1858, sept ans avant sa mort qui survint le 20 novembre 1865, J.-G. Kriegelstein confia la direction de sa manufacture à son fils Charles (né à Paris le 16 déc. 1839) qui sut conserver la bonne renommée acquise et confirmée par le jury des expositions de Londres (1862, Prize medal), de Paris (1867 et 1878, méd. d’argent).

En 1889, MM. Kriegelstein et Cie, peu satisfaits de l’emplacement qu’on leur concédait, renoncèrent à exposer leurs instruments au Champ-de-Mars ; pourtant, ils avaient des modèles nouveaux à soumettre au concours.

Modifiant les plans primitifs, M. Kriegelstein a résolument adopté le système à cadre tout en fer et cordes croisées. Depuis 8 ans, ces instruments ont pris faveur auprès de la clientèle de cette maison, qui, sur 10 modèles n’en a plus qu’un de l’ancien système." Les facteurs d'instruments de musique : les luthiers et la facture instrumentale : précis historique, Constant Pierre, E. Sagot, 1893

1898

La manufacture de KRIEGESTEIN ca. 1897,
Catalogue Kriegelstein de 1897, p. 23 (gallica.bnf.fr)

"La manufacture de pianos Kriegelstein est l'une des plus anciennes. Elle fut fondée en 1831 par Jean-Georges Kriegelstein, qui fut, à cette époque, l'émule des Roller, des Blanchet, des Mercier et qui contribua, pour une large part, à généraliser l'usage des pianos droits.

Le premier piano droit à cordes demi-obliques est sorti de son atelier en 1843.

Jean-Georges Kriegelstein se signala par les nombreux perfectionnements qu'il apporta a la fabrication des pianos.

En 1834. il prenait un brevet de mécanique pour piano carré, avec mécanique à marteaux au-dessus des cordes; en 1841, il imagina les agrafes de précision pour l'accord; en 1844, il faisait breveter la mécanique à double échappement pour piano à queue, qui est connue sons le nom de « mécanique Kriegelstein » et, dès 1840, il appliquait le même système de mécanique au piano droit.

Son fils, M. Charles Kriegelstein, lui a succédé en 1858.

Sous son habile direction, la maison Kriegelstein a réalisé les progrès les plus considérables dans la fabrication des pianos. Ses instruments sonl réputés pour leur sonorité. La largeur des sons qu'ils donnent est semblable à celle des instruments à soufflet.

Ils permettent d'obtenir avec le piano les effets d'orchestration, que l'on ne pourrait espérer d'un instrument-à frapper, Cette maison est l'une des premières qui aient adopté le cadre en 1er d'une seule pièce, système américain, pour tous ses pianos à queue comme pour, ses pianos droits.

Tout en s'attachant à ne laisser sortir de ses ateliers que des instruments de premier ordre, pouvant rivaliser avec les meilleure.; marques françaises et étrangères. M. Charles Kriegelstein a résolu ce difficile problème de vendre il des prix modères, accessibles a toute les bourses.

Depuis 1834, la maison Kriegelstein a pris part à un grand nombre d'expositions et toujours elle a obtenu les principales récompenses. Il serait trop long de donner la liste complète de ses succès. Il suffira de rappeler qu'en 1855, à l'Exposition universelle, elle recevait une médaille d'or de 1er classe.

A l'Exposition universelle de Londres, en 1862, elle obtenait une Prize Medal avec cette mention : a Excellence dans le travail et le son des pianos.

A l'Exposition universelle de Paris. on 1867. une 1er médaille d'argent lui était décernée et les membres du jury, parmi lesquels MM. Schaeffer, Erard, Pleyel et Wolff, Henri Herz, Cavaillé-Coll, Debain, Wuillaume, adressaient une pétition il l'empereur pour qu'une médaille d'or lui fût attribuée.

Parmi les récompenses que la maison Charles Kriegelstein et Cie a obtenues, nous citerons encore une médaille de progrès à Vienne (1873;, une médaille unique à Philadelphie (1876), une médaille d'argent à l'Exposition universelle de Paris (1878), des médailles d'or à Bordeaux (1882), Anvers (1885), Lyon, 1894.

A l'Exposition du Havre (1887), M. Charles Kriegelstein était membre du jury.

A celle de Chicago (1892), il était mis hors concours et recevait les palmes d'officier d'Académie.

A Anvers, en 1894, il obtenait un diplôme d'honneur et c'est encore un diplôme d'honneur qui a récompensé ses efforts, à la Le texte affiché peut comporter un certain nombr suite dés Expositions d'Amsterdam, en 1895, et de Bruxelles, en 1897.

Charles Kriegelstein fait partie des Comités de 1900.

Pour donner plus d'extension à leur fabrication, MM. Charles Kriegelstein; et Cie tiennent de transporter leurs ateliers à Droirtecourt (Oise), où ils ont construit une usine modèle avec scierie hydraulique, électricité et aménagements de chantiers de bois dans des conditions d'aération exceptionnelles.

A cette installation industrielle, ils ont joint des maisons ouvrières, où le personnel de leurs collaborateurs jouit d'avantages d'hygiène et de confortable très précieux, dans une familiarité patriarcale avec MM. Kriegelstein père et fils, et avec la jeune femme de ce derner, qui est la fille d'Audran, le compositeur auquel nous devons tant d'oeuvres, charmantes."  Revue illustrée de l'Exposition universelle : organe de l'Exposition de 1900 et de toutes les expositions, 25/01/1898, p. 9 (gallica.bnf.fr)

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