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KRIEGELSTEIN
à Paris (°1831)

1855

"M. KRIEGELSTEIN,
Fabricant de Pianos de Sa Majesté l'Empereur,

INVENTEUR DE L'ÉCHAPPEMENT-RÉPÉTITEUR DU PIANO DROIT ET A QUEUE.

— Médailles d'or en 1841 et 1849. -

Parmi les facteurs de pianos qui se sont recommandés depuis vingt ans à l'attention et à la faveur non seulement du public, mais encore des artistes les plus distingués, on doit placer en première ligne M. Kriegelstein.

Cet honorable fabricant, né à Riquewihr (Haut-Rhin), a, dans le cours de sa carrière laborieuse, mérité toutes les récompenses nationales. Un fait remarquable, que nous devons constater ici, c'est que les travaux de M. Kriegelstein furent jugés si importants, qu'au lieu de débuter par les récompenses ordinaires des simples mentions et de la médaille de bronze, il obtint tout de suite (1834) une médaille d'argent. Depuis cette flatteuse récompense, il eut l'honneur de recevoir deux fois la médaille d'or : en 1844 et 1849 (rappelle).

S'appliquant, -sans relâche , à imprimer à son art une impulsion ingénieusement et sérieusement progressive, M. Kriegelstein est enfin parvenu à apporter une notable amélioration dans le mécanisme du piano droit, en y appliquant Y échappement-répétiteur ou double échappement, tant apprécié déjà dans le piano à queue, dont il a su réduire les dimensions trop souvent gênantes, sans toutefois nuire, en aucune manière, à l'intensité du son, et quoique l'étendue du clavier soit de sept octaves.

Une des principales qualités des beaux pianos de M. Kriegelstein, c'est la durée et la solidité de l'accord. Pour ce motif si essentiel, ils sont généralement préférés dans les colonies et dans les contrées de l'extrême Nord.

On peut voir, à l'Exposition universelle, de magnifiques spécimens de la fabrication de M. Kriegelstein. Ce qui est à remarquer ici, c'est qu'ils n'ont pas été exécutés, à part l'extérieur de quelques-uns, comme beaucoup d'autres, pour cette circonstance spéciale. Tous les produits de M. Kriegelstein ont la même valeur artistique ; il est, du reste, facile de s'en convaincre en visitant ses salons de la rue Laffitte, 53.

Les célèbres pianistes de la France et de l'étranger ont rendu à M. Kriegelstein la justice qui lui était due, et Sa Majesté l'Empereur Napoléon III, en lui accordant le titre de son facteur, a honoré son talent de la plus précieuse consécration.

Ajoutons que M. Kriegelstein possède la vive affection de ses nombreux ouvriers, qui trouvèrent en lui encouragements et succès, même aux jours les plus-difficiles des luttes politiques dont le pays a tant souffert. LAURENT." Biographie des exposants de 1855, contenant des notices détaillées sur les inventions, les travaux... de ceux qui sont les gloires manufacturières, industrielles, agricoles et artistiques de la France et de l'étranger, 1855, p. 105-106 (gallica.bnf.fr)

1893

"Trois ans après l’établissement de la maison précédente (1835), Jean-Georges Kriegenstein, natif de Riquewihr (Haut-Rhin), quittant l’atelier de Pape où il avait été contremaître depuis son arrivée à Paris en 1826, fondait une manufacture de pianos qui devait acquérir une belle renommée.

Kriegelstein n’avait alors que 30 ans ; deux ans après, il faisait breveter en collaboration avec Arnaud, un piano carré avec mécanisme et marteaux au dessus des cordes (1834) qui lui valut une méd. d’argent à l’exposition de la même année ; en 1839, ce fut un piano à queue à sillet, contre-sommier et marteaux frappant les cordes contre le point d’appui, avec étouffoirs perfectionnés, récompensé d’une nouvelle méd. d’argent ; puis, en 1841, ce sont des agrafes de précision pour faciliter l’accord, et, en 1844, le système de double échappement qui porte son nom, « chef-d’œuvre de simplicité et de précision » adopté par beaucoup de facteur et perfectionné plus tard par son fils, bientôt suivi d’un mécanisme à répétition pour le piano droit également simple et précis (1846).

L’année précédente avait été marquée par l’apparition du piano demi-oblique de 1m 07 de hauteur, -véritable et précieuse innovation- dont l’exécution et la sonorité étaient en tous points remarquables ; la méd. de ((p 194)) 1re classe qui fut décernée en 1855 à son auteur déjà titulaire de deux médailles d’or (1844-49) était donc parfaitement justifiée.

En 1858, sept ans avant sa mort qui survint le 20 novembre 1865, J.-G. Kriegelstein confia la direction de sa manufacture à son fils Charles (né à Paris le 16 déc. 1839) qui sut conserver la bonne renommée acquise et confirmée par le jury des expositions de Londres (1862, Prize medal), de Paris (1867 et 1878, méd. d’argent).

En 1889, MM. Kriegelstein et Cie, peu satisfaits de l’emplacement qu’on leur concédait, renoncèrent à exposer leurs instruments au Champ-de-Mars ; pourtant, ils avaient des modèles nouveaux à soumettre au concours.

Modifiant les plans primitifs, M. Kriegelstein a résolument adopté le système à cadre tout en fer et cordes croisées. Depuis 8 ans, ces instruments ont pris faveur auprès de la clientèle de cette maison, qui, sur 10 modèles n’en a plus qu’un de l’ancien système." Les facteurs d'instruments de musique : les luthiers et la facture instrumentale : précis historique, Constant Pierre, E. Sagot, 1893

1898

"La manufacture de pianos Kriegelstein est l'une des plus anciennes. Elle fut fondée en 1831 par Jean-Georges Kriegelstein, qui fut, à cette époque, l'émule des Roller, des Blanchet, des Mercier et qui contribua, pour une large part, à généraliser l'usage des pianos droits.

Le premier piano droit à cordes demi-obliques est sorti de son atelier en 1843.

Jean-Georges Kriegelstein se signala par les nombreux perfectionnements qu'il apporta a la fabrication des pianos.

En 1834. il prenait un brevet de mécanique pour piano carré, avec mécanique à marteaux au-dessus des cordes; en 1841, il imagina les agrafes de précision pour l'accord; en 1844, il faisait breveter la mécanique à double échappement pour piano à queue, qui est connue sons le nom de « mécanique Kriegelstein » et, dès 1840. il appliquait le même système de mécanique au piano droit.

Son fils, M. Charles Kriegelstein, lui a succédé en 1858.

Sous son habile direction, la maison Kriegelstein a réalisé les progrès les plus considérables dans la fabrication des pianos. Ses instruments sonl réputés pour leur sonorité. La largeur des sons qu'ils donnent est semblable à celle des instruments à soufflet.

Ils permettent d'obtenir avec le piano les effets d'orchestration, que l'on ne pourrait espérer d'un instrument-à frapper, Cette maison est l'une des premières qui aient adopté le cadre en 1er d'une seule pièce, système américain, pour tous ses pianos à queue comme pour, ses pianos droits.

Tout en s'attachant à ne laisser sortir de ses ateliers que des instruments de premier ordre, pouvant rivaliser avec les meilleure.; marques françaises et étrangères. M. Charles Kriegelstein a résolu ce difficile problème de vendre il des prix modères, accessibles a toute les bourses.

Depuis 1834, la maison Kriegelstein a pris part à un grand nombre d'expositions et toujours elle a obtenu les principales récompenses. Il serait trop long de donner la liste complète de ses succès. Il suffira de rappeler qu'en 1855, à l'Exposition universelle, elle recevait une médaille d'or de 1er classe.

A l'Exposition universelle de Londres, en 1862, elle obtenait une Prize Medal avec cette mention : a Excellence dans le travail et le son des pianos.

A l'Exposition universelle de Paris. on 1867. une 1er médaille d'argent lui était décernée et les membres du jury, parmi lesquels MM. Schaeffer, Erard, Pleyel et Wolff, Henri Herz, Cavaillé-Coll, Debain, Wuillaume, adressaient une pétition il l'empereur pour qu'une médaille d'or lui fût attribuée.

Parmi les récompenses que la maison Charles Kriegelstein et Cie a obtenues, nous citerons encore une médaille de progrès à Vienne (1873;, une médaille unique à Philadelphie (1876), une médaille d'argent à l'Exposition universelle de Paris (1878), des médailles d'or à Bordeaux (1882), Anvers (1885), Lyon, 1894.

A l'Exposition du Havre (1887), M. Charles Kriegelstein était membre du jury.

A celle de Chicago (1892), il était mis hors concours et recevait les palmes d'officier d'Académie.

A Anvers, en 1894, il obtenait un diplôme d'honneur et c'est encore un diplôme d'honneur qui a récompensé ses efforts, à la Le texte affiché peut comporter un certain nombr suite dés Expositions d'Amsterdam, en 1895, et de Bruxelles, en 1897.

Charles Kriegelstein fait partie des Comités de 1900.

Pour donner plus d'extension à leur fabrication, MM. Charles Kriegelstein; et Cie tiennent de transporter leurs ateliers à Droirtecourt (Oise), où ils ont construit une usine modèle avec scierie hydraulique, électricité et aménagements de chantiers de bois dans des conditions d'aération exceptionnelles.

A cette installation industrielle, ils ont joint des maisons ouvrières, où le personnel de leurs collaborateurs jouit d'avantages d'hygiène et de confortable très précieux, dans une familiarité patriarcale avec MM. Kriegelstein père et fils, et avec la jeune femme de ce derner, qui est la fille d'Audran, le compositeur auquel nous devons tant d'oeuvres, charmantes."  Revue illustrée de l'Exposition universelle : organe de l'Exposition de 1900 et de toutes les expositions, 25/01/1898, p. 9 (gallica.bnf.fr)

1927

"Parmi tes grandes maisons françaises de vieille date et dont tes usines subsistent encore, ii convient de citer au premier rang l'établissement de la maison KRIEGELSTEIN.

Jean-Georges KRIEGELSTEIN, natif de Riquewihr (Haut-Rhin), arrivant à Paris en 1826, entra comme contre-maître chez PAPE, où il resta jusqu'en 1831, année où il fonda sa manufacture de pianos qui devait acquérir une si belle renommée.

KRIEGELSTEIN n'avait alors que 30 ans; deux ans après, it faisait breveter, en collaboration avec ARNAUD, un piano carré avec mécanisme et marteaux au-dessus des cordes (1834), qui lui valut une médaille d'argent à l'Exposition de la même année; en 1839, ce fut un piano à queue à sillet, contre-sommier et marteaux frappant les cordes contre le point d'appui, avec étouffoirs perfectionnés, récompensé d'une nouvelle médaille d'argent puis, en 1841, ce sont des agrafes de précision pour faciliter l'accord, et, en 1844, le système de double échappement qui porte son nom («chef-d'œuvre de simplicité et de précision» adopté par beaucoup de facteurs et perfectionné plus tard par son fils), bientôt suivi d'un mécanisme à répétition pour le piano droit, également simple et précis (1846).
 

L'année précédente avait été marquée par l'apparition du piano demi-oblique de 1 m. 07 de hauteur, véritable et précieuse innovation, dont l'exécution et la sonorité étaient en tous points remarquables; la médaille de première classe qui fut décernée eu 1855 à son auteur, déjà titulaire de deux médailles d'or (1844-49), était donc parfaitement méritée.

Modifiant les plans primitifs, M. KRIEELSTEIN a résolument adopté le système à cadre tout en fer et cordes croisées.

Aujourd'hui, la maison KRIEGELSTEIN, qui eut toujours le mérite de chercher la première les améliorations et les adaptations, ne fabrique plus que des pianos de 7 octaves ¼ et supprime tous les modèles de pianos à 7 octaves.

C'est là une heureuse décision, car l'empioi des notes dans tes registres élevés est devenu de plus en plus fréquent dans les nouvelles œuvres musicales. Ces instruments possèdent une sonorité étendue et profonde, qui en fait des pianos de qualité très supérieure. Tous ces pianos sont à cordes croisées. Finis les pianos à cordes obliques !

Le premier grand prix fut donné à la maison KRIEGELSTEIN en 1900, pour un piano à queue format extraréduit. Ce fut elle la première qui créa ce genre d'instrument. Elle n'est pas restée en route depuis 1900, et je dois signaler ici un modèle particaliéremeut remarquable  : piano à queue modéle Bijou, qui, quoique possédant  7octaves ¼, ne mesure que 1 m. 50 de longueur sur 1 m. 35 de largeur.

Cordes croisées, cadre métallique, mécanique à double échappement. C'est le plus petit piano à queue du monde. Je ne connais que cet instrument aussi petit et merveilleusement réussi, non seulement comme clavier et sonorité, mais aussi comme meuble.

On a bien souvent regretté que l'ancien piano dit « crapaud » fût si lourd, si disgracieux; ce petit modele Bijou mérite son nom, autant comme meuble que comme instrument. C'est plaisir que de visiter la fabrique nouvellement construite à Droittecourt (Oise); elle répond bien à toutes les exigences de l'industrie moderne, dirigée qu'elle est actuellement par M. Boulé KRIEGELSTEIN, l'arrière petit-fils du fondateur de la maison." Encyclopédie de la musique et dictionnaire du conservatoire, 1927, p. 2078-2079 (gallica.bnf.fr)

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pianos français 1830 - 1839


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