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BORD Antoine
à Paris (°1843)


1846 - 1899

1846

  "Thalberg nous revient de sa tournée dans le midi de la France.

A Bordeaux, l'illustre pianiste a patroné un lauréat de notre Conservatoire, Emile Forgues, élève des plus remarquables de Zimmerman, avec lequel il a exécuté un duo à deux pianos.

On nous écrit aussi de la même ville que Thalberg s'y est fait entendre sur un, piano à queue d'un nouveau facteur de Paris, M. A. Bord; tentative qui a également réussi." Le Ménestrel, 12/04/1846, p. 3

1866

"Un de nos meilleurs facteurs de pianos, M. Bord, vient d'appliquer d'une façon nouvelle le principe de l'association.

Honoré de diverses médailles aux expositions de 1848 et 1849, à l'exposition universelle dé 1855, à l'exposition de Londres de 1862, et dernièrement encore à l'exposition internationale de Porto, pour le mérite exeptionnel et le bon marché de ses instruments, honorable facteur s'est dit avec raison que les employés et ouvriers de sa maison ayant contribué à lui faire de tels succès, il était juste qu'ils intervinssent aussi dans une certaine mesure pour en receullir les fruits.

Il leur a en conséquence, annoncé l'année dernière qu'ils participaraient désormais aux bénéfices de la maison, et, ces jours derniers, a eu lieu entre eux la première répartition, qui a rapporté à chacun environ 10 % sur la totalité de son travail de l'année.

Les employés et ouvriers de la maison Bord ont compris ce qu'il y avait de loyal et de généreux dans la pensée de leur chef et, voulant en marquer leur reconnaissance, ils se sont réunnis au nombre de cent afin de lui offrir un objet d'art destiné à rappeler la date de la première répartition des bénéfices." Le Ménestrel, 10/06/1866, p. 223

1869

"Si vous vous étiez trouvé hier à Joinville-le-Pont, entre quatre et six heures du soir, vous auriez joui d'un spectacle à la fois grandiose et touchant.

Les deux cents ouvriers de M. Bord, fabricant de pianos, offraient, sous les tonnelles de l'île un banquet à leur patron.

Ils avaient touché le matin cinquante-quatre mille francs de dividende, car ils appartiennent à la manufacture, non-seulement à titre d'ouvriers, mais encore à titre d'associés.

Voilà certes une réunion populaire qui en vaut bien une autre, et ces exemples de désintéressement de la part des patrons sont trop rares pour qu'on ne leur accorde pas la publicité qù'ils méritent." Le Figaro, 17/05/1869, p. 1

Fabrique de pianos de M. A. Bord, à Paris.

"La fabrique de pianos de M. A. Bord, rue des Poissonniers, 64, à la Chapelle-Paris, existe depuis 1844; le régime de l'association des ouvriers aux bénéfices du patron y a été introduit au commencement de l'année 1865.

M. Bord, ancien ouvrier de la maison Pleyel, avait conçu depuis longtemps la pensée d'ajouter un dividende à la rémunération de ses ouvriers et employés; mais il avait rencontré divers obstacles, notamment l'extrême difficulté de dresser et d'arrêter les inventaires compliqués, surchargés de détails, que comporte l'industrie qu'il exerce.

Une grève survint, en 1864, parmi les ouvriers en pianos de Paris, pour obtenir certaines augmentations. Voulant à la fois suivre l'impulsion naturelle de ses sentiments et s'affranchir d'embarras sans cesse renaissants qui troublent la tranquillité du chef d'industrie, M. Bord, après la reprise du travail, jugea le moment opportun pour organiser chez lui, dans des conditions nouvelles, la rémunération du travail par l'association des ouvriers aux bénéfices du patron.

Le 20 janvier 1865, il fit placarder dans ses ateliers l'affiche suivante, qui constitue le contrat d'association passé par lui avec tout ouvrier reçu dans sa maison :

Article 1er.

A dater du 1er avril 1865, tous ceux qui travailleront, d'une manière quelconque, dans la maison de M. A. Bord ou spécialement pour ladite maison, jouiront d'un dividende proportionnel au travail qu'ils auront fait dans le courant de l'année et sur les bases suivantes.

Article 2.

Le 1er avril 1865 et jours suivants, il sera dressé un inventaire régulier de tout l'actif servant aux fabrications, vente et locat on des pianos, et, après qu'on en aura extrait le passif, il restera naturellement un capital pour lequel il sera payé annuellement l'intérêt à 10 pour 100.

Article 3.

D'un autre côté, chaque employé ou ouvrier devra avoir un livre de paye sur lequel sera marqué le montant de ce qu'il gagnera d'après les tarifs déjà établis.

Article 4.

Après chaque inventaire qui aura lieu tous les ans, les bénéfices seront divisés au marc le franc entre M. A. Bord dans la proportion des intérêts qu'il aura perçus ou à percevoir, et les ouvriers d'après le montant du travail qu'ils auront ait.

Article 5.

Pour avoir droit au dividende, il faudra avoir travaillé dans la maison au moins pendant six mois et y travailler encore au moment de l'inventaire; dans tous les autres cas, il ne serait payé que le prix de la façon ordinaire.

Article 6.

En cas de maladie, il y aura un médecin attaché à la maison, et chaque malade recevra, en outre, s'il est garçon, 2 francs parjour, et 3 francs s'il a des enfants en bas âge et hors d'état de gagner leur existence; si le malade va à l'hospice, il n'aura droit qu'à la moitié de la subvention précitée, dont la caisse fera les avances; mais, en définitive, la moitié de ces frais sera prise, au préalable, sur le dividende, et l'autre moitié sur le dividende particulier de celui qui aura été malade; quant aux frais de médecin, ils seront pris également, au préalable, sur le dividende général, ou, pour mieux dire, ces frais seront comptés dans les frais généraux de la maison.

Article 7.

Si les bénéfices le permettent, on pourra aussi allouer une somme nécessaire pour fêter le changement que j'ai l'honneur de proposer.

Paris, 20 janvier 1865.

Signé : A. BORD.

L'association aux bénéfices existe dans la maison A. Bord au profit de tous ceux qui participent à l'œuvre commune, depuis le premier employé jusqu'aux hommes de peine et au concierge. Le nouveau contrat n'exige aucun apport social en argent de la part des intéressés. M. Bord, seul propriétaire du capital, n'a pas d'associés ni d'actionnaires dans le sens juridique du mot. Les associés aux bénéfices n'ont d'autre apport à faire que l'offre de leur intelligence et de leurs bras.

Ils reçoivent un dividende.

Ils ont droit aux soins du médecin et à une indemnité journalière en cas de maladie.

M. A. Bord emploie dans sa fabrique 160 ouvriers.

Les cinq sixièmes des ouvriers travaillent aux pièces, un sixième seulement à la journée. La moyenne des salaires varie entre 5 francs et 7 francs par jour. Les hommes de peine n'ont que 3 fr. 75 cent. Certains ouvriers gagnent jusqu'à 10 francs par jour. Il n'y a point de chômage. L'année représente, pour chacun, environ 300 journées de travail.

Les salaires ne subissent aucune retenue.

En cas de changement dans un mode de fabrication devant donner lieu à la fixation d'un nouveau prix d'unité pour le travail aux pièces, et s'il n'y avait pas entente amiable, un comité, composé de cinq ouvriers, serait appelé à en délibérer.

En 1868, l'application des articles 2 et 4 du nouveau contrat a produit les résultats suivants. Après le prélèvement, au profit du patron, des 10 pour 100 de l'actif net qui représentent à la fois l'intérêt de son capital et le prix de sa gestion, le partage des bénéfices, au marc le franc, entre les ouvriers, les employés et le patron, d'après les salaires des uns, les traitements des autres, et les 10 pour 100 du patron, a donné un résultat tel, que 47000 francs ont pu être distribués aux ouvriers et employés à titre de dividende.

Ainsi, chacun a reçu, pour cette année 1868, un dividende égal à 20 pour 100 de son salaire, soit 360 francs pour un saļaire de 1800 francs. En 1867, année de l'Exposition universelle, où des frais considérables ont pesé sur la maison, le dividende n'a été que de 13 pour 100; il était de 17 pour 100 en 1866; pendant la première année, 1865, de 10 pour 100 (9.85). A l'application du nouveau contrat correspond ainsi, on le voit, une augmentation croissante des bénéfices de l'entreprise.

M. Bord s'applaudit d'avoir pris l'initiative de ce changement. Les ouvriers et employés en sont également satisfaits. Plus de la moitié des ouvriers placent à la caisse d'épargne ou autrement le montant de leur dividende; d'autres, qui ont de fortes charges de famille, emploient leur dividende aux besoins du ménage. Les ouvriers de M. Bord se sont cotisés récemment pour lui offrir un objet d'art.

L'article 7 du contrat s'applique régulièrement, et, à l'occasion de l'inventaire de 1868, un banquet fraternel réunissait à Joinville-le-Pont, en mai 1869, M. Bord, ses employés et ses ouvriers.

Aucune difficulté ne se produit pour la répartition des bénéfices. Cette opération est faite par des comptables associés eux-mêmes aux bénéfices; elle a pour base un inventaire et des livres incontestés. Rien n'est perçu par le patron à titre d'amortissement du capital ou du matériel. Le capital engagé comprend un immeuble, des machines, des matières premières, des pianos fabriqués, et un fonds de roulement. Les frais d'entretien et de réparation des machines et de l'outillage, qui valent environ 100 000 francs, sont compris dans les frais généraux de la maison.

M. A. Bord est seul chargé de la direction de l'entreprise. Les ouvriers et employés associés aux bénéfices ne peuvent s'immiscer dans la gestion; mais l'organisation adoptée, le zèle et l'émulation qui en résultent, permettraient au chef de la maison de se faire facilement suppléer en cas d'absence ou d'empêchement

M. Bord projette de nouvelles améliorations."
Le mouvement socialiste et l'économie politique: résumé d'un cours public ..., Henri Dameth, 1869, p. 149-152

1878

La coté financiele de BORD dans  'Essai sur les principes de l'économie politique'. Tome 1, par Alphonse Foy, 1878, p. 208-209 (gallica.bnf.fr). (Le nom 'BOREL' doit être 'BORD')

1881

"M. Bord, the French piano-forte maker, has just celebrated the manufacture of his fifty thousandth piano. In accordance with French custom, his workmen assembled, congratulated him, and presented him with a bouquet of flowers." Watson's Weekly Art Journal, Volumes 35-36, 24/09/1881, p. 432

1883

chevalier de la Légion d'honneur

"Voici un bel exemple de confraternité sociale, que nous ne sauriens passer sous silence, car il est du domaine de l'Europe Artiste.

Un de nos meilleurs facteurs de pianos, M. Bord, 14 bis, boulevard Poissonnière, récemment nommé chevalier de la Légion d'honneur, à la suite de la récompense que lui ont valu ses envois à l'Exposition d'Amsterdam, réunissait dimanche dernier, dans un banquet qui a'eu lieu dans les salons de la Porte-Dorée, avenue Daumesnil, ses nombreux ouvriers et collaborateurs, au nombre de quatre cents.

M. Bord a établi dans ses ateliers le principe de l'association du tr tvailleur au travail de participation, et chacun de ses ouvriers devenu ainsi son associé, prend part aux bénéfices de sa maison.

Aussi i-inait-)) voir l'enthousiasme de ces braves gens pour leur chef, et l'entrain et la cordialité qui régnaient dans cette réunion dehmille. Une décoration en diamants, fruit d'une collecte faite parmi les ouvriers, a été offerte à cet honorable industriel par tous ses collaborateurs.

Après le banquet a eu lieu un concert vocal et instrumentai, dans Jeq"el nous avons remarqué une jeune violoniste de beaucoup de talent, Mlle Porta, dont le jeu brille surtout par l'élégance. Deux. cantatrices de beaucoup de tatent.

Mlles Pernin et Lenthéric. se sont également fait applaudir dans les grands airs de la Fille du Régiment et du Pré aux Clercs.

La fête s'est terminée ainsi d'une façon charmante, et le souvenir en sera durable parmi tous ceux qui ont eu le plaisir d'y assister." L'Europe artiste : beaux-arts, peinture, sculpture, gravure, théâtre, chorégraphie, musique, expositions, musées, librairie artistique, bulletin des ventes... , 07/03/1883, p. 3 (gallica.bnf.fr)

 

"MAISON BORD, FACTEUR DE PIANOS,

(Siège social : boulevard Poissonnière, 14 bis.)
Représentée par M. BORD.

M. BORD est introduit.

M. LE PRÉSIDENT. Voudriez-vous répondre, Monsieur, au questionnaire qui vous a été adressé relativement à la participation?

M. BORD. Les ouvriers de ma maison ont tous les bénéfices; je me contente de l'intérêt de mon capital. A l'origine, il y a dix-huit ans, je prenais d'abord 10 p. 0/0 pour l'intérêt de mon capital, et je participais aux bénéfices comme les ouvriers, d'après ce revenu de 10 p. 0/0; il y a sept ou huit ans, les affaires n'étant pas aussi brillantes, j'ai abandonné ma part de bénéfices, me contentant de 10 p. 0/0 de mon capital; enfin, l'année dernière, en présence de la concurrence allemande, j'ai réduit l'intérêt de mon capital à 5 p. o/o.

M. CAËL. Quel est le capital engagé dans votre entreprise ?

M. BORD. Plus de deux millions. Nous fabriquons douze pianos par

jour.

M. CAËL. Malgré la concurrence ?

M. BORD. En ce moment nous n'en faisons que dix; nous essayons

de lutter, mais le taux de la main-d'œuvre est très élevé.

M. BARBERET. Est-ce que, depuis la dernière grève des ouvriers facteurs de pianos de Paris, la concurrence allemande est aussi grave qu'on le dit?

M. BORD. Il est certain que la grève a beaucoup favorisé la con

currence.

M. BARBERET. Les ouvriers de Paris ont obtenu, je crois, une augmentation de salaire de 22 р. оо?

M. BORD. Ils ne peuvent plus trouver d'ouvrage. J'ai rencontré dernièrement un très bon ouvrier finisseur qui était resté trois mois sans travailler; cela ne s'était jamais vu dans notre industrie.

M. BARBERET. Combien occupez-vous d'ouvriers?

M. BORD. De 320 à 350, y compris les apprentis et les hommes de peine. Nous avons eu, à la maison, jusqu'à 700 pianos d'avance; en ce moment nous en avons de 300 à 400.

M. LE PRÉSIDENT. Exportez-vous ?

M. BORD. Presque tout. J'ai négligé la France pour ne m'occuper que de l'exportation.

M. BARBERET. Est-ce que la concurrence allemande se fait sentir à l'exportation ?

M. BORD. Beaucoup !

M. BARBERET. Est-il vrai que les Allemands importent leurs pianos en France, même à Paris ?

M. BORD. On m'a dit que quelques marchands en avaient acheté, mais il faut payer les droits de douane, et, en général, on n'aime pas beaucoup les pianos allemands. Il est vrai qu'on peut changer le

nom.

M. BARBERET. J'ai entendu dire que les pianos allemands sont vendus ici 25 p. 0/0 meilleur marché que les pianos français. Qu'y a-t-il de fondé dans cette assertion?

M. BORD. Cela me paraît bien fort! Je sais qu'ils se vendent meilleur marché, mais il faut dire aussi qu'ils sont mal faits.

M. BARBERET. On a parlé aussi de l'importation en France des pianos anglais. Cela me paraît invraisemblable, car la fabrication n'est pas la même qu'à Paris, et, d'ailleurs, le taux de la main-d'œuvre n'est pas inférieur à celui de la main-d'œuvre française.

M. BORD. Je ne le crois pas non plus. Je vends beaucoup de pianos en Angleterre; Londres est, du reste, le plus grand marché du monde. Il paraît qu'en Allemagne la fabrication des pianos se fait d'une façon très singulière: on fait faire toutes sortes de pièces à la campagne, par des ouvriers qui travaillent en famille, comme cela a lieu aux environs de Lyon pour les étoffes de soie. On ne peut faire ainsi, pour le piano, que de mauvaise besogne; les ouvriers, même les meilleurs, ont besoin d'être surveillés et dirigés par les contremaîtres.

M. HENRY. Combien avez-vous d'ouvriers participants?

M. EORD. Tous sont participants, même les hommes de peine, même les concierges!

M. HENRY. Et les auxiliaires qui ne font que passer?

Déposition de M. BORD. (Suite.)


Déposition de M. BORD. (Suite.)

M. BORD. Ils n'ont pas droit à la participation s'ils ne sont pas présents au moment de l'inventaire, le 31 mars; cependant, comme aujourd'hui les affaires ne marchent pas, on a accordé la participation même à ceux qui auraient été renvoyés faute de travail avant l'époque de la distribution du dividende.

M. LE PRÉSIDENT. De quelle manière se fait la répartition ?

M. BORD. Au prorata des salaires.

M. BARBERET. Vos ouvriers travaillent aux pièces?

M. BORD. Presque tous !

M. HENRY. Quelle est, à peu près, l'importance de cette répartition des bénéfices?

M. BORD. La voici résumée dans un tableau que je fais passer sous les yeux de la Commission:
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M. BARBERET. En 1882 chacun de vos ouvriers a reçu, en moyenne, du fait de la participation, environ 400 francs?

M. BORD. J'y ai mis du mien, pour que les ouvriers aient 20 p. 0/0.

M. LE PRÉSIDENT. Vous avez prélevé 5 p. o/o pour les intérêts de votre capital ?

M. BORD. Autrefois c'était 10 p. o/o.

M. CAËL. Comment se fait la répartition?

M. BORD. En argent.

M. BARBERET. Vous n'avez pas pensé qu'il y eût lieu de distribuer, par exemple, la moitié en argent, et d'affecter l'autre moitié à une caisse de retraite?

M. BORD. Ce serait une autre combinaison.

M. HENRY. Avez-vous beaucoup d'ouvriers qui soient prévoyants

et qui versent annuellement à une caisse de retraite ?

M. BORD. Je ne m'en occupe pas; je les laisse entièrement libres.

M. LE PRÉSIDENT. Quelles conditions doit remplir l'ouvrier pour participer aux bénéfices de votre maison?

M. BORD. Il faut qu'il travaille dans la maison depuis le 1er octobre, six mois avant l'inventaire qui se fait au 31 mars.

M. LE PRÉSIDENT. Vous prenez tous ceux qui se présentent ?

M. BORD. Non, certes.

M. LE PRÉSIDENT. Vos ouvriers ont-ils le droit et le moyen de contrôler vos gains et vos pertes?

M. BORD. Il y a six ou sept contremaîtres, et ce sont eux qui font les inventaires avec les ouvriers; comme ils sont tous participants, ils sont plus intéressés que moi à ce que tout se fasse régulièrement. Je puis être trompé, mais pas eux; ce sont les employés qui tiennent la comptabilité. Ces employés participent également aux bénéfices.

M. BARBERET. Et si un ouvrier s'en allait avant l'inventaire, que deviendrait sa part de bénéfices?

M. BORD. Elle accroîtrait la part des autres.

M. HENRY. Avez-vous des apprentis ?

M. BORD. Oui; ce sont des fils d'ouvriers.

Cette année a été très mauvaise pour nous. L'an dernier, après la grève, les ouvriers m'ont fait entendre qu'ils voulaient être un peu augmentés; je leur ai donné 10p. o/o à prendre sur les dividendes à venir; cette année je leur ai donné 5 p. o/o. Nous avons subi une perte de 150,000 francs sur une mauvaise créance, et, pour ma part, j'ai avancé 32,000 francs.

M. BARBERET. Il y a deux ans, lors de la grève qui a eu lieu dans votre profession, vos ouvriers ont-ils participé à ce mouvement?

M. BORD. Comment feraient-ils grève, à moins que ce ne soit contre eux-mêmes? Je travaille dans leur intérêt, pour ainsi dire; s'ils veulent faire grève, cela m'est égal : je me reposerai.

M. BARBERET. Il y a, dans la facture des pianos, une association coopérative ouvrière de production, et, ce qu'il y a de curieux, c'est que c'est plutôt à elle que les grévistes se sont attaqués; il y avait sans doute là une espèce de jalousie contre les ouvriers qui travaillent pour leur compte, et que leurs camarades considèrent comme des patrons.

M. BORD. Je suis de votre avis.

M. HENRY. A combien estimez-vous le nombre des ouvriers qui travaillent dans l'industrie des pianos, à Paris?

M. BORD. De 8,000 à 10,000.

M. HENRY. On nous avait parlé de 6,000.

M. BORD. Je compte les auxiliaires. Je connais, par exemple, une maison qui fournit des pièces toutes faites pour les pianos et qui occupe 200 ouvriers; une autre en occupe plus de 100. Dans la serrurerie, il y a également des ouvriers qui travaillent pour l'industrie des pianos.

M. HENRY. Il n'y a pas d'école d'apprentissage, à Paris, pour le montage des pianos?

M. BORD. Non; les meilleurs ouvriers, dans cette partie, sont ceux qui ont été ébénistes.

M. BARBERET. Avant d'entrer dans la facture des pianos, ce sont des ouvriers faits?

M. BORD. Oui; on les met d'abord à faire la caisse, puis, successivement, on les fait passer à autre chose. Il y en a aussi qui n'ont jamais travaillé que dans la facture des pianos.

M. BARBERET. N'avez-vous pas une facture de pianos dans la banlieue?

M. BORD. J'ai un établissement sur la route de Saint-Denis, pour

le gros œuvre; M. Pleyel en a également un à peu de distance.

M. BARBERET. Dans le chiffre de 8,000 à 10,000 ouvriers, que vous venez d'indiquer, vous comprenez sans doute les ouvriers de tout le département de la Seine?

M. BORD. Parfaitement?

M. LE PRÉSIDENT. Nous vous remercions, Monsieur, des renseigne ments que vous avez bien voulu nous fournir.

(Le déposant se retire.)" Enquête de la commission extraparlementaire des associations ouvrières, 1883, p. 219-225

1886

Piano de la maison A. BORD,
Le Panthéon de l'industrie : journal hebdomadaire illustré, 05/12/1886, p. 396 (gallica.bnf.fr)


LA GRANDE MANUFACTURE DE PIANOS A. BORD FABRICATION QUOTIDIENNE : 12 PIANOS

"Nous avons déjà plusieurs fois entretenu nos lecteurs de la puissante organisation de la manufacture de pianos de M. A. Bord, et nous avons même publié la biographie de l'éminent et sympathique direc teur de cette grande entreprise, à l'occasion de sa nomination au grade de chevalier de la Légion d'honneur.

En reproduisant aujourd'hui la vue de quelquesuns des spécimens des pianos de cette maison, nous n'avons d'autre intention que de répondre aux nombreuses demandes de renseignements qui nous parviennent presque chaque jour, depuis la publication des articles que nous venons de rappeler.

 

Piano oblique, grand format, bois noir,
de la maison A. BORD,

Le Panthéon de l'industrie :
journal hebdomadaire illustré, 05/12/1886
, p. 396 (gallica.bnf.fr)

 

Par les quatres types qui figurent dans ce numéro, on peut voir que cette manufacture aborde avec un égal succès tous les genres, depuis le piano droit à cordes croisées et cadres en fer jusqu aux pianos à queue de tous formats à cordes croisées ou parallèles.

On peut également apprécier, par la vue intérieure d'un piano droit grand format, présentée dans l'une de ces gravures, le soin qui préside à la construction de l'instrument et à la disposition des cordes, la solidité qui résulte de la présence du cadre en fer, etc.

Vue intérieure d'un piano grand format, à cadre on fer et cordes croisées, de la maison A. BORD,
Le Panthéon de l'industrie :
journal hebdomadaire illustré, 05/12/1886
, p. 396 (gallica.bnf.fr)

 

Par les autres types, on se rend compte de la suprême élégance extérieure de ces instruments et quand on songe que la maison Bord fabrique normalement douze pianos joplus de 4.000 pianos par an, on demeure persuadé qu il n v a au monde aucune manufacture de pia-, nos capable de réaliser une production à la fois plus considérable, plus solide, plus soignée et plus digne de toutes les distinctions honoritiques qui ont consacré la renommée universelle de la maison A. Bord.

Notons que cette entreprise est la seule qui ait toujours lutté avec avantage contre la concurrence étrangère, ce que prouve, d'ailleurs, tous les jours, le chiffre croissant de ses exportations. Rappelons enfin que les grands magasins de vente de M. A. Bord sont situés (14 bis, boulevard Poissonnière) à Paris, c'est-à-dire dans l'un des plus beaux et des plus vivants quartiers du centre de la capitale. - Sr." Le Panthéon de l'industrie : journal hebdomadaire illustré, 05/12/1886, p. 396 (gallica.bnf.fr)

1888

"The deaths of two well-known musical instrument makers are announced from Paris this week - of M. Bord, the pianoforte manufacturer, at the age of seventy-five, and M. Edouard Alexandre, the harmonium maker, at the age of sixty-four." The Athenaeum, 17/03/1888, p. 349

"Nous avons raconté, il y a quelques jours, que M. Bord, fabricant de pianos, boulevard Poissonnière, avait laissé par testament une somme de francs à partager entre ceux de ses ouvriers qui étaient occupés dans sa maison depuis cinq ans, mais qu'un deuxième testament, trouvé depuis, avait annulé le premier.

On avait dit que le motif de ce revirement du fabricant était dans ce tait en les ouvriers de la maison s étaient mis en grève et avaient obtenu une augmentation de 10 pour 100 sur le prix des façons.

Delà, grande colère de M. Bord qui, par représailles, avait modifié ses résolutions.

Les ouvriers dont il s'agit viennent d'écrire aux journaux pour protester contre cette explication, et ils motivent leur protestation par les considérations suivantes. [...]" Le Petit Parisien, 07/07/1888, p. 3

"Au mois de mars dernier, lors de la mort de M. Bord, fabricant de pianos, boulevard Poissonnière, on annonçait que, suivant un testament daté de 1882 et trouvé chez son notaire, il laissait à chacun des ouvriers occupés dans la maison depuis cinq ans une somme de 1,000 francs, à ceux qui y étaient occupés depuis six ans, 1,300 francs, et ainsi de suite, chaque année d'ancienneté comportant une augmentation de 300 francs.

Certains ouvriers étant employés dans la maison depuis de longues années, le legs de M. Bord était au total considérable et pouvait atteindre 500,000 francs.

M. Bord avait, d'autre part, depuis 1886, fait participer ses ouvriers aux bénéfices de la maison, et une somme de 1,600,000 francs avait été distribuée ainsi.

Or, dernièrement, à la levée des scellés qui avaient été apposés à la maison du défunt, à Créteil, les héritiers, MM. Gesta et Bord, ses neveux, découvrirent un nouveau testament, daté de 1884, en bonne forme — le premier n'était composé que d'une série de notes, signées il est vrais, mais non définitives — et qui, par conséquent, annulait le précédent.

Ce deuxième testament ne mentionnait aucun legs aux ouvriers.

Le motif de ce changement de résolution de M. Bord ne fut pas difficile à retrouver; en 1883, en effet, les ouvriers de la maison se mirent en grève et obligèrent M. Bord à augmenter de dix pour cent le prix des façons.

C'est très probablement à cette grève, qui affecta profondément M. Bord, qu'il faut attribuer la modification apportée en 1884 à ses dernières résolutions.

Ce nouveau fait ayant été porté à la connaissance des ouvriers ayants droit, ceux-ci, au nombre d'environ cent cinquante, décidèrent de charger un agent d'affaires de poursuivre les héritiers de M. Bord en payement du legs du premier testament. Auparavant, une décision du tribunal avait, nous assure-t-on, reconnu la validité du second testament.

Les ouvriers, néanmoins, obtinrent du juge de paix l'apposition des scellés sur les caisses de la maison.

Ces scellés ont été levés ces jours derniers en présence des représentants des parties adverses.

Mais, considérant que ces mesures avaient un caractère vexatoire, la maison Bord a décidé qu'elle se priverait, à l'avenir, des services de tous les ouvriers qui avaient signé l'opposition.

Cent cinquante ouvriers donc, comme nous l'avons dit, se trouvent dans ce cas, sur trois cent cinquante qu'occupe la maison." Le Ménestrel, 15/07/1888, p. 230

1890/91

"Fait le 20 décembre 1890. - JURISPRUDENCE - FRANCE - TRIBUNAL DE LA SEINE - Audience du 30 décembre 1890 - LICITATION. - NOM COMMERCIAL ET INDUSTRIEL. CAHIER DES CHARGES. HÉRITIER. NOM PATRONYMIQUE, USAGE. LOYAUTÉ COMMERCIALE.

Lorsqu'après le décès du propriétaire d'un fonds de commerce il y a lieu à licitation, l'on ne saurait insérer au cahier des charges, sans l'assentiment de tous les héritiers, une clause stipulant qu'aucun d'eux n'aura le droit de se rétablir dans la même industrie dans un rayon déterminé.

Peu importe que l'un des colicitants porte le nom sous lequel est connu le fonds de commerce mis en vente

Cet héritier a droit d'user de son nom patronymique, et d'exercer sa profession; ce n'est ni son nom, ni l'industrie créée par lui qu'il vend, mais uniquement le nom du dé unt et l'industrie créée par ce dernier. Il reste donc, avant comme après, libre d'user de son nom personnel et d'exercer la profession à laquelle le rendent apte ses travaux antérieurs, sous les scules restrictions que devra lui imposer la loyauté commerciale.

Ainsi jugé dans des circonstances de fait qu'expose suffisamment la décision suivante : Le Tribunal,

Attendu que la demande a pour objet de faire annexer au cahier des charges de la vente ordonnée par le jugement du 15 novembre dernier, un dire stipulant qu'aucun des colicitants n'aura le droit de se rétablir comme facteur de pianos Paris et dans le département de la Seine;

Attendu que les demandeurs comme le défendeur ne sont, en réalité, ni les uns ni les autres facteurs de pianos; qu'ils ont simplement recueilli dans la succession d'Antoine Bord la propriété de fabrique de pianos fondée par celui-ci, et ont géré en commun cette indivision jusqu'au jour du partage;

Que cette situation ne créerait point une menace de concurrence pour les acheteurs étrangers, si l'ut 'entre eux ne portait le nom de Bord, qui est celui sous lequel est connu le fonds de commerce mis en vente; que c'est donc contre celui-là seul et à raison de son nom que la clause serait insérée;

Mais attendu que Bord a droit d'user de son nom patronymique; que son aptitude à la fabrication des pianos est le résultat de son propre travail et sa richesse personnelle; que, s'il s'était établi facteur de pianos du vivant de son oncle, les tribunaux n'auraient pu intervenir que dans le cas où sa manière d'agir aurait constitué une concurrence déloyale; qu'ils lui auraient simplement imposé les mesures nécessaires pour empécher la confusion, mais n'auraient pu lui interdire l'usage absolu de son nom, ni l'exercice de sa profession;

Que dans l'espèce ce n'est ni son nom, ni l'industrie créée par lui qu'il vend, mais uniquement le nom de son oncle et l'industrie créée par ce dernier;

Qu'il reste donc avant comme après libre d'user de son nom personnel et d'exercer la profession à laquelle le rendent apte ses travaux antérieurs, sous les seules restrictions que devra lui imposer la loyauté commerciale;

Que les règles générales qui président à la concurrence sont une garantie suffisante pour les acheteurs du fonds, sans qu'il y ait lieu de prevoir dès à présent des actes abusifs qui peuvent ne pas se présenter; que l'interdiction réclamée, loin d'établir l'égalité entre les colicitants, aurait au contraire pour conséquence de causer à l'un d'eux un préjudice éventuel considérable, auquel les autres peu préparés par leurs antécédents à exercer la même industrie, échapperaient complètement;

Par ces motifs,

Délare Gesta et consorts purement et simplement mal fondés en leur demande, les en déboute;

Et attendu que l'exécution provisoire du jugement serait sans objet et que d'ailleurs il n'est justifié d'aucun motif prévu par la loi;

Dit n'y avoir lieu à l'exécution provisoire: Condamne les demandeurs aux dépens.

(La Loi)." Bulletin officiel de la propriété industrielle et commerciale, 12/02/1891, p. 340

1892

"LA COUR; — Considérant que les héritiers d'Antoine Bord, facteur de pianos à Paris, décédé le 4 mars 1888, après avoir exploité en commun depuis cette époque le fonds de commerce de leur auteur, ont fait ordonner, par jugement du 10 novembre dernier, la mise en vente dudit fonds sur licitation, à l'audience des criés du tribunal civil de la Seine;

Que l'un d'eux se trouvant porter le même nom que le défunt et avoir été employé par celui-ci dans sa fabrication, les autres lui ont demandé, en vue de rassurer les enchérisseurs contre le danger d'une concurrence éventuelle et d'obtenir de la chose vendue la plénitude de son prix, d'insérer dans le cahier des charges une clause contenant interdiction pour chacun des colicitants de se rétablir à Paris, ou dans le département de la Seine, comme facteur de pianos; que cette insertion ayant été refusée et les parties n'ayant pu se mettre d'accord, il appartient aux tribunaux de déterminer les clauses et conditions de la vente, en tenant tel compte que de raison des droits qui se trouvent en conflit; [...]" Jurisprudence générale du royaume en matière civile, commerciale et criminelle, 1892, p. 15-16 (gallica.bnf.fr)

GRÈVE D'OUVRIERS FACTEURS DE PIANOS À PARIS ET S'-OUEN.

2 MARS - 24 AVRIL 1892

"Le 2 mars 1892, une grève a éclaté parmi les ouvriers facteurs de pianos de la maison Bord.

Cette maison, l'une des plus importantes de Paris, occupait environ 300 ouvriers , dont la moitié dans ses ateliers de Saint-Ouen.

Depuis quelque temps, l'industrie des pianos éprouvait certaines difficultés, principalement en ce qui concerne l'exportation.

M. Bord, qui fait beaucoup de transactions avec l'Angleterre, fut invité par ses clients et ses dépositaires de Londres à abaisser le prix de ses instruments, l'Allemagne et l'Autriche fabriquant à meilleur compte que lui.

Il rechercha donc h s moyens de réduire ses frais de production sans toucher aux salaires de ses ouvriers, et s'arrêta au système suivant : pratiquer la division du travail par spécialités, ce qui devait lui permettre, pensait-il, d'accroître l'effet utile de chaque ouvrier, et, par suite, tout en conservant aux ouvriers leurs anciens salaires journaliers, de fabriquer à meilleur compte.

Les ouvriers, qui jusqu'alors avaient fait le piano presque dans son entier, refusèrent d'adhérer à cette combinaison, en déclarant, qu'elle abaissait de 20 à 25 p. 0/0 le taux de leurs salaires; ils étaient d'ailleurs soutenus par la Chambre syndicale des ouvriers facteurs de pianos et orgues.

Le 2 mars, le Syndicat envoya plusieurs délégués chez M. Bord, qui refusa de les recevoir. Avant de se retirer, la délégation laissa la note suivante : Mandat donné et signé à la chambre syndicale des ouvriers facteurs de pianos et orgues par 140 ouvriers de la maison Bord :

Les ouvriers et la Chambre syndicale approuvant déclarent ne pouvoir accepter :

1. aucune modification ni division du travail; 20 aucune diminution sur le prix de façon existant.

Au contraire, tenant compte de la suppression du dividende que distribuait M. Bord, et qui s'est élevé jusqu'à 22 p. 0/0 au maximum, alors que les prix de façon n'ont été augmentés que dans la proportion de 7 p. 0/0 au maximum, les ouvriers, après en avoir délibéré, d'accord avec la Chambre syndicale, réclament une augmentation de 10 p. 0/0 sur tous les prix de façon payés actuellement. [...][...]" Statistique des grèves survenues en France pendant les années, 01/01/1892, p. 141 (gallica.bnf.fr)

LES FACTEURS DE PIANOS - Une grève à la maison Bord.

"Une grève vient d’éclater dans le ateliers de MM. Bord et (die, fabricants de pianos, rue des Poissonniers. Les 300 ouvriers grévistes so plaignent de ce que les dividendes que le créateur de la maison, M. A. Bord, accordait aux ou vriers aient été remplacés par des augmentation des prix de façon ; ils se plaignent surtout d’un projet de modification des tarifs basé sur une plus large division du travail. Us prétendent que cette nouvelle spécialisation du travail amènerait une diminution de salaire de 20 à 25 %)." La Cocarde : journal politique quotidien, 05/03/1892, p. 2 (gallica.bnf.fr)

1899

"L'AFFAIRE DE LA RUE DU poteau - C'est un drame d'amour entre tout jeunes gens l'amoureux a dix-sept ans, l'amoureuse n'en a pas encore quinze.

Lui se nomme Lucien Lamaire,-il est ouvrier ébéniste en pianos, à la maison Bordes [BORD], 53, rue des Poissonniers, et demeure chez ses parents, rue des Gravilliers, à Saint-Ouen.

Elle s'appelle Julie Pascal, est plumassiére fleuriste et demeure 102, rue du Poteau, avec sa mère et ses deux sœurs, Eugénie et Marie, plus âgées qu'elle. [...] Lisez la suite ici : Le Figaro, 06/01/1899, p. 3

1900

Article sur A. BORD dans 'Revue illustrée de l'Exposition universelle. Organe de l'Exposition de 1900 et de toutes les expositions', Dir. O. Lartigue, 1900, p. 27-28 (gallica.bnf.fr)

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Pour les références voyez la page
pianos français 1840 - 1849

 
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