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"Thalberg nous revient de sa tournée dans le midi de la France.
A Bordeaux,
l'illustre pianiste a patroné un lauréat de notre Conservatoire, Emile
Forgues, élève des plus remarquables de Zimmerman, avec lequel il a exécuté
un duo à deux pianos.
On nous écrit aussi de la même ville que Thalberg s'y
est fait entendre sur un, piano à queue d'un nouveau facteur de Paris, M. A.
Bord; tentative qui a également réussi."
Le
Ménestrel, 12/04/1846, p. 3


"Un de nos
meilleurs facteurs de pianos, M. Bord, vient d'appliquer d'une façon
nouvelle le principe de l'association.
Honoré de diverses médailles aux
expositions de 1848 et 1849, à l'exposition universelle dé 1855, à
l'exposition de Londres de 1862, et dernièrement encore à l'exposition
internationale de Porto, pour le mérite exeptionnel et le bon marché de
ses instruments, honorable facteur s'est dit avec raison que les
employés et ouvriers de sa maison ayant contribué à lui faire de tels
succès, il était juste qu'ils intervinssent aussi dans une certaine
mesure pour en receullir les fruits.
Il leur a en conséquence, annoncé
l'année dernière qu'ils participaraient désormais aux bénéfices de la
maison, et, ces jours derniers, a eu lieu entre eux la première
répartition, qui a rapporté à chacun environ 10 % sur la totalité de son
travail de l'année.
Les employés et ouvriers de la maison Bord ont
compris ce qu'il y avait de loyal et de généreux dans la pensée de leur
chef et, voulant en marquer leur reconnaissance, ils se sont réunnis au
nombre de cent afin de lui offrir un objet d'art destiné à rappeler la
date de la première répartition des bénéfices."
Le
Ménestrel, 10/06/1866, p. 223


"Si vous vous étiez trouvé
hier à Joinville-le-Pont, entre quatre et six heures du soir, vous auriez
joui d'un spectacle à la fois grandiose et touchant.
Les deux cents ouvriers
de M. Bord, fabricant de pianos, offraient, sous les tonnelles de l'île un
banquet à leur patron.
Ils avaient touché le matin cinquante-quatre mille
francs de dividende, car ils appartiennent à la manufacture, non-seulement à
titre d'ouvriers, mais encore à titre d'associés.
Voilà certes une réunion
populaire qui en vaut bien une autre, et ces exemples de désintéressement de
la part des patrons sont trop rares pour qu'on ne leur accorde pas la
publicité qù'ils méritent."
Le Figaro,
17/05/1869, p. 1

Fabrique de pianos de M. A. Bord, à Paris.
"La fabrique de pianos de M. A. Bord, rue des Poissonniers, 64, à
la Chapelle-Paris, existe depuis 1844; le régime de l'association des
ouvriers aux bénéfices du patron y a été introduit au commencement de
l'année 1865.
M. Bord, ancien ouvrier de la maison Pleyel, avait conçu depuis longtemps la
pensée d'ajouter un dividende à la rémunération de ses ouvriers et employés;
mais il avait rencontré divers obstacles, notamment l'extrême difficulté de
dresser et d'arrêter les inventaires compliqués, surchargés de détails, que
comporte l'industrie qu'il exerce.
Une grève survint, en 1864, parmi les ouvriers en pianos de Paris, pour
obtenir certaines augmentations. Voulant à la fois suivre l'impulsion
naturelle de ses sentiments et s'affranchir d'embarras sans cesse
renaissants qui troublent la tranquillité du chef d'industrie, M. Bord,
après la reprise du travail, jugea le moment opportun pour organiser chez
lui, dans des conditions nouvelles, la rémunération du travail par
l'association des ouvriers aux bénéfices du patron.
Le 20 janvier 1865, il fit placarder dans ses ateliers l'affiche suivante,
qui constitue le contrat d'association passé par lui avec tout ouvrier reçu
dans sa maison :
Article 1er.
A dater du 1er avril 1865, tous ceux qui travailleront, d'une manière
quelconque, dans la maison de M. A. Bord ou spécialement pour ladite maison,
jouiront d'un dividende proportionnel au travail qu'ils auront fait dans le
courant de l'année et sur les bases suivantes.
Article 2.
Le 1er avril 1865 et jours suivants, il sera dressé un inventaire
régulier de tout l'actif servant aux fabrications, vente et locat on des
pianos, et, après qu'on en aura extrait le passif, il restera naturellement
un capital pour lequel il sera payé annuellement l'intérêt à 10 pour 100.
Article 3.
D'un autre côté, chaque employé ou ouvrier devra avoir un livre de paye
sur lequel sera marqué le montant de ce qu'il gagnera d'après les tarifs
déjà établis.
Article 4.
Après chaque inventaire qui aura lieu tous les ans, les bénéfices seront
divisés au marc le franc entre M. A. Bord dans la proportion des intérêts
qu'il aura perçus ou à percevoir, et les ouvriers d'après le montant du
travail qu'ils auront ait.
Article 5.
Pour avoir droit au dividende, il faudra avoir travaillé dans la maison
au moins pendant six mois et y travailler encore au moment de l'inventaire;
dans tous les autres cas, il ne serait payé que le prix de la façon
ordinaire.
Article 6.
En cas de maladie, il y aura un médecin attaché à la maison, et chaque
malade recevra, en outre, s'il est garçon, 2 francs parjour, et 3 francs
s'il a des enfants en bas âge et hors d'état de gagner leur existence; si le
malade va à l'hospice, il n'aura droit qu'à la moitié de la subvention
précitée, dont la caisse fera les avances; mais, en définitive, la moitié de
ces frais sera prise, au préalable, sur le dividende, et l'autre moitié sur
le dividende particulier de celui qui aura été malade; quant aux frais de
médecin, ils seront pris également, au préalable, sur le dividende général,
ou, pour mieux dire, ces frais seront comptés dans les frais généraux de la
maison.
Article 7.
Si les bénéfices le permettent, on pourra aussi allouer une somme
nécessaire pour fêter le changement que j'ai l'honneur de proposer.
Paris, 20 janvier 1865.
Signé : A. BORD.
L'association aux bénéfices existe dans la maison A. Bord au profit de
tous ceux qui participent à l'œuvre commune, depuis le premier employé
jusqu'aux hommes de peine et au concierge. Le nouveau contrat n'exige aucun
apport social en argent de la part des intéressés. M. Bord, seul
propriétaire du capital, n'a pas d'associés ni d'actionnaires dans le sens
juridique du mot. Les associés aux bénéfices n'ont d'autre apport à faire
que l'offre de leur intelligence et de leurs bras.
Ils reçoivent un dividende.
Ils ont droit aux soins du médecin et à une indemnité journalière en cas de
maladie.
M. A. Bord emploie dans sa fabrique 160 ouvriers.
Les cinq sixièmes des ouvriers travaillent aux pièces, un sixième seulement
à la journée. La moyenne des salaires varie entre 5 francs et 7 francs par
jour. Les hommes de peine n'ont que 3 fr. 75 cent. Certains ouvriers gagnent
jusqu'à 10 francs par jour. Il n'y a point de chômage. L'année représente,
pour chacun, environ 300 journées de travail.
Les salaires ne subissent aucune retenue.
En cas de changement dans un mode de fabrication devant donner lieu à la
fixation d'un nouveau prix d'unité pour le travail aux pièces, et s'il n'y
avait pas entente amiable, un comité, composé de cinq ouvriers, serait
appelé à en délibérer.
En 1868, l'application des articles 2 et 4 du nouveau contrat a produit les
résultats suivants. Après le prélèvement, au profit du patron, des 10 pour
100 de l'actif net qui représentent à la fois l'intérêt de son capital et le
prix de sa gestion, le partage des bénéfices, au marc le franc, entre les
ouvriers, les employés et le patron, d'après les salaires des uns, les
traitements des autres, et les 10 pour 100 du patron, a donné un résultat
tel, que 47000 francs ont pu être distribués aux ouvriers et employés à
titre de dividende.
Ainsi, chacun a reçu, pour cette année 1868, un dividende égal à 20 pour
100 de son salaire, soit 360 francs pour un saļaire de 1800 francs. En 1867,
année de l'Exposition universelle, où des frais considérables ont pesé sur
la maison, le dividende n'a été que de 13 pour 100; il était de 17 pour 100
en 1866; pendant la première année, 1865, de 10 pour 100 (9.85). A
l'application du nouveau contrat correspond ainsi, on le voit, une
augmentation croissante des bénéfices de l'entreprise.
M. Bord s'applaudit d'avoir pris l'initiative de ce changement. Les ouvriers
et employés en sont également satisfaits. Plus de la moitié des ouvriers
placent à la caisse d'épargne ou autrement le montant de leur dividende;
d'autres, qui ont de fortes charges de famille, emploient leur dividende aux
besoins du ménage. Les ouvriers de M. Bord se sont cotisés récemment pour
lui offrir un objet d'art.
L'article 7 du contrat s'applique régulièrement, et, à l'occasion de
l'inventaire de 1868, un banquet fraternel réunissait à Joinville-le-Pont,
en mai 1869, M. Bord, ses employés et ses ouvriers.
Aucune difficulté ne se produit pour la répartition des bénéfices. Cette
opération est faite par des comptables associés eux-mêmes aux bénéfices;
elle a pour base un inventaire et des livres incontestés. Rien n'est perçu
par le patron à titre d'amortissement du capital ou du matériel. Le capital
engagé comprend un immeuble, des machines, des matières premières, des
pianos fabriqués, et un fonds de roulement. Les frais d'entretien et de
réparation des machines et de l'outillage, qui valent environ 100 000
francs, sont compris dans les frais généraux de la maison.
M. A. Bord est seul chargé de la direction de l'entreprise. Les ouvriers et
employés associés aux bénéfices ne peuvent s'immiscer dans la gestion; mais
l'organisation adoptée, le zèle et l'émulation qui en résultent,
permettraient au chef de la maison de se faire facilement suppléer en cas
d'absence ou d'empêchement
M. Bord projette de nouvelles améliorations."
Le
mouvement socialiste et l'économie politique: résumé d'un cours public ...,
Henri Dameth, 1869, p. 149-152


La coté financiele de BORD dans
'Essai
sur les principes de l'économie politique'. Tome 1, par Alphonse Foy,
1878, p. 208-209 (gallica.bnf.fr). (Le nom 'BOREL' doit être 'BORD')


"M. Bord, the
French piano-forte maker, has just celebrated the manufacture of his
fifty thousandth piano. In accordance with French
custom, his workmen assembled, congratulated him, and presented him with
a bouquet of flowers."
Watson's Weekly Art Journal, Volumes 35-36, 24/09/1881, p. 432


chevalier de la Légion d'honneur
"Voici un bel exemple de confraternité sociale, que nous ne sauriens
passer sous silence, car il est du domaine de l'Europe Artiste.
Un de nos meilleurs facteurs de pianos, M. Bord, 14 bis, boulevard
Poissonnière, récemment nommé chevalier de la Légion d'honneur, à la suite
de la récompense que lui ont valu ses envois à l'Exposition d'Amsterdam,
réunissait dimanche dernier, dans un banquet qui a'eu lieu dans les salons
de la Porte-Dorée, avenue Daumesnil, ses nombreux ouvriers et
collaborateurs, au nombre de quatre cents.
M. Bord a établi dans ses ateliers le principe de l'association du tr
tvailleur au travail de participation, et chacun de ses ouvriers devenu
ainsi son associé, prend part aux bénéfices de sa maison.
Aussi i-inait-)) voir l'enthousiasme de ces braves gens pour leur chef, et
l'entrain et la cordialité qui régnaient dans cette réunion dehmille. Une
décoration en diamants, fruit d'une collecte faite parmi les ouvriers, a été
offerte à cet honorable industriel par tous ses collaborateurs.
Après le banquet a eu lieu un concert vocal et instrumentai, dans Jeq"el nous
avons remarqué une jeune violoniste de beaucoup de talent, Mlle Porta, dont
le jeu brille surtout par l'élégance. Deux. cantatrices de beaucoup de
tatent.
Mlles Pernin et Lenthéric. se sont également fait applaudir dans les grands
airs de la Fille du Régiment et du Pré aux Clercs.
La fête s'est terminée ainsi d'une façon charmante, et le souvenir en sera
durable parmi tous ceux qui ont eu le plaisir d'y assister."
L'Europe artiste : beaux-arts, peinture, sculpture, gravure, théâtre,
chorégraphie, musique, expositions, musées, librairie artistique, bulletin
des ventes... , 07/03/1883, p. 3 (gallica.bnf.fr)
"MAISON BORD, FACTEUR DE PIANOS,
(Siège social : boulevard Poissonnière, 14 bis.)
Représentée par M. BORD.
M. BORD est introduit.
M. LE PRÉSIDENT. Voudriez-vous répondre, Monsieur, au questionnaire qui vous
a été adressé relativement à la participation?
M. BORD. Les ouvriers de ma maison ont tous les bénéfices; je me contente de
l'intérêt de mon capital. A l'origine, il y a dix-huit ans, je prenais
d'abord 10 p. 0/0 pour l'intérêt de mon capital, et je participais aux
bénéfices comme les ouvriers, d'après ce revenu de 10 p. 0/0; il y a sept ou
huit ans, les affaires n'étant pas aussi brillantes, j'ai abandonné ma part
de bénéfices, me contentant de 10 p. 0/0 de mon capital; enfin, l'année
dernière, en présence de la concurrence allemande, j'ai réduit l'intérêt de
mon capital à 5 p. o/o.
M. CAËL. Quel est le capital engagé dans votre entreprise ?
M. BORD. Plus de deux millions. Nous fabriquons douze pianos par
jour.
M. CAËL. Malgré la concurrence ?
M. BORD. En ce moment nous n'en faisons que dix; nous essayons
de lutter, mais le taux de la main-d'œuvre est très élevé.
M. BARBERET. Est-ce que, depuis la dernière grève des ouvriers facteurs de
pianos de Paris, la concurrence allemande est aussi grave qu'on le dit?
M. BORD. Il est certain que la grève a beaucoup favorisé la con
currence.
M. BARBERET. Les ouvriers de Paris ont obtenu, je crois, une augmentation de
salaire de 22 р. оо?
M. BORD. Ils ne peuvent plus trouver d'ouvrage. J'ai rencontré dernièrement
un très bon ouvrier finisseur qui était resté trois mois sans travailler;
cela ne s'était jamais vu dans notre industrie.
M. BARBERET. Combien occupez-vous d'ouvriers?
M. BORD. De 320 à 350, y compris les apprentis et les hommes de peine. Nous
avons eu, à la maison, jusqu'à 700 pianos d'avance; en ce moment nous en
avons de 300 à 400.
M. LE PRÉSIDENT. Exportez-vous ?
M. BORD. Presque tout. J'ai négligé la France pour ne m'occuper que de
l'exportation.
M. BARBERET. Est-ce que la concurrence allemande se fait sentir à
l'exportation ?
M. BORD. Beaucoup !
M. BARBERET. Est-il vrai que les Allemands importent leurs pianos en France,
même à Paris ?
M. BORD. On m'a dit que quelques marchands en avaient acheté, mais il faut
payer les droits de douane, et, en général, on n'aime pas beaucoup les
pianos allemands. Il est vrai qu'on peut changer le
nom.
M. BARBERET. J'ai entendu dire que les pianos allemands sont vendus ici 25
p. 0/0 meilleur marché que les pianos français. Qu'y a-t-il de fondé dans
cette assertion?
M. BORD. Cela me paraît bien fort! Je sais qu'ils se vendent meilleur
marché, mais il faut dire aussi qu'ils sont mal faits.
M. BARBERET. On a parlé aussi de l'importation en France des pianos anglais.
Cela me paraît invraisemblable, car la fabrication n'est pas la même qu'à
Paris, et, d'ailleurs, le taux de la main-d'œuvre n'est pas inférieur à
celui de la main-d'œuvre française.
M. BORD. Je ne le crois pas non plus. Je vends beaucoup de pianos en
Angleterre; Londres est, du reste, le plus grand marché du monde. Il paraît
qu'en Allemagne la fabrication des pianos se fait d'une façon très
singulière: on fait faire toutes sortes de pièces à la campagne, par des
ouvriers qui travaillent en famille, comme cela a lieu aux environs de Lyon
pour les étoffes de soie. On ne peut faire ainsi, pour le piano, que de
mauvaise besogne; les ouvriers, même les meilleurs, ont besoin d'être
surveillés et dirigés par les contremaîtres.
M. HENRY. Combien avez-vous d'ouvriers participants?
M. EORD. Tous sont participants, même les hommes de peine, même les
concierges!
M. HENRY. Et les auxiliaires qui ne font que passer?
Déposition de M. BORD. (Suite.)
Déposition de M. BORD. (Suite.)
M. BORD. Ils n'ont pas droit à la participation s'ils ne sont pas présents
au moment de l'inventaire, le 31 mars; cependant, comme aujourd'hui les
affaires ne marchent pas, on a accordé la participation même à ceux qui
auraient été renvoyés faute de travail avant l'époque de la distribution du
dividende.
M. LE PRÉSIDENT. De quelle manière se fait la répartition ?
M. BORD. Au prorata des salaires.
M. BARBERET. Vos ouvriers travaillent aux pièces?
M. BORD. Presque tous !
M. HENRY. Quelle est, à peu près, l'importance de cette répartition des
bénéfices?
M. BORD. La voici résumée dans un tableau que je fais passer sous les yeux
de la Commission:
[blocks in formation]
M. BARBERET. En 1882 chacun de vos ouvriers a reçu, en moyenne, du fait de
la participation, environ 400 francs?
M. BORD. J'y ai mis du mien, pour que les ouvriers aient 20 p. 0/0.
M. LE PRÉSIDENT. Vous avez prélevé 5 p. o/o pour les intérêts de votre
capital ?
M. BORD. Autrefois c'était 10 p. o/o.
M. CAËL. Comment se fait la répartition?
M. BORD. En argent.
M. BARBERET. Vous n'avez pas pensé qu'il y eût lieu de distribuer, par
exemple, la moitié en argent, et d'affecter l'autre moitié à une caisse de
retraite?
M. BORD. Ce serait une autre combinaison.
M. HENRY. Avez-vous beaucoup d'ouvriers qui soient prévoyants
et qui versent annuellement à une caisse de retraite ?
M. BORD. Je ne m'en occupe pas; je les laisse entièrement libres.
M. LE PRÉSIDENT. Quelles conditions doit remplir l'ouvrier pour participer
aux bénéfices de votre maison?
M. BORD. Il faut qu'il travaille dans la maison depuis le 1er octobre, six
mois avant l'inventaire qui se fait au 31 mars.
M. LE PRÉSIDENT. Vous prenez tous ceux qui se présentent ?
M. BORD. Non, certes.
M. LE PRÉSIDENT. Vos ouvriers ont-ils le droit et le moyen de contrôler vos
gains et vos pertes?
M. BORD. Il y a six ou sept contremaîtres, et ce sont eux qui font les
inventaires avec les ouvriers; comme ils sont tous participants, ils sont
plus intéressés que moi à ce que tout se fasse régulièrement. Je puis être
trompé, mais pas eux; ce sont les employés qui tiennent la comptabilité. Ces
employés participent également aux bénéfices.
M. BARBERET. Et si un ouvrier s'en allait avant l'inventaire, que
deviendrait sa part de bénéfices?
M. BORD. Elle accroîtrait la part des autres.
M. HENRY. Avez-vous des apprentis ?
M. BORD. Oui; ce sont des fils d'ouvriers.
Cette année a été très mauvaise pour nous. L'an dernier, après la grève, les
ouvriers m'ont fait entendre qu'ils voulaient être un peu augmentés; je leur
ai donné 10p. o/o à prendre sur les dividendes à venir; cette année je leur
ai donné 5 p. o/o. Nous avons subi une perte de 150,000 francs sur une
mauvaise créance, et, pour ma part, j'ai avancé 32,000 francs.
M. BARBERET. Il y a deux ans, lors de la grève qui a eu lieu dans votre
profession, vos ouvriers ont-ils participé à ce mouvement?
M. BORD. Comment feraient-ils grève, à moins que ce ne soit contre
eux-mêmes? Je travaille dans leur intérêt, pour ainsi dire; s'ils veulent
faire grève, cela m'est égal : je me reposerai.
M. BARBERET. Il y a, dans la facture des pianos, une association coopérative
ouvrière de production, et, ce qu'il y a de curieux, c'est que c'est plutôt
à elle que les grévistes se sont attaqués; il y avait sans doute là une
espèce de jalousie contre les ouvriers qui travaillent pour leur compte, et
que leurs camarades considèrent comme des patrons.
M. BORD. Je suis de votre avis.
M. HENRY. A combien estimez-vous le nombre des ouvriers qui travaillent dans
l'industrie des pianos, à Paris?
M. BORD. De 8,000 à 10,000.
M. HENRY. On nous avait parlé de 6,000.
M. BORD. Je compte les auxiliaires. Je connais, par exemple, une maison qui
fournit des pièces toutes faites pour les pianos et qui occupe 200 ouvriers;
une autre en occupe plus de 100. Dans la serrurerie, il y a également des
ouvriers qui travaillent pour l'industrie des pianos.
M. HENRY. Il n'y a pas d'école d'apprentissage, à Paris, pour le montage des
pianos?
M. BORD. Non; les meilleurs ouvriers, dans cette partie, sont ceux qui ont
été ébénistes.
M. BARBERET. Avant d'entrer dans la facture des pianos, ce sont des ouvriers
faits?
M. BORD. Oui; on les met d'abord à faire la caisse, puis, successivement, on
les fait passer à autre chose. Il y en a aussi qui n'ont jamais travaillé
que dans la facture des pianos.
M. BARBERET. N'avez-vous pas une facture de pianos dans la banlieue?
M. BORD. J'ai un établissement sur la route de Saint-Denis, pour
le gros œuvre; M. Pleyel en a également un à peu de distance.
M. BARBERET. Dans le chiffre de 8,000 à 10,000 ouvriers, que vous venez
d'indiquer, vous comprenez sans doute les ouvriers de tout le département de
la Seine?
M. BORD. Parfaitement?
M. LE PRÉSIDENT. Nous vous remercions, Monsieur, des renseigne ments que
vous avez bien voulu nous fournir.
(Le déposant se retire.)"
Enquête de la commission extraparlementaire des associations ouvrières, 1883,
p. 219-225




Piano de la maison
A. BORD,
Le Panthéon de l'industrie : journal hebdomadaire
illustré, 05/12/1886, p. 396 (gallica.bnf.fr)

LA GRANDE MANUFACTURE DE PIANOS A. BORD FABRICATION QUOTIDIENNE : 12 PIANOS
"Nous avons déjà plusieurs fois entretenu nos lecteurs de la puissante organisation de la manufacture de pianos de M. A. Bord, et nous avons même publié la biographie de l'éminent et sympathique direc teur de cette grande entreprise, à l'occasion de sa nomination au grade de chevalier de la Légion d'honneur.
En reproduisant aujourd'hui la vue de quelquesuns des spécimens des pianos de cette maison, nous n'avons d'autre intention que de répondre aux nombreuses demandes de renseignements qui nous parviennent presque chaque jour, depuis la publication des articles que nous venons de rappeler.

Piano oblique, grand
format, bois noir, de la maison A. BORD,
Le Panthéon de l'industrie : journal
hebdomadaire illustré, 05/12/1886, p. 396 (gallica.bnf.fr)

Par les quatres types qui figurent dans ce numéro, on peut voir que cette manufacture aborde avec un égal succès tous les genres, depuis le piano droit à cordes croisées et cadres en fer jusqu aux pianos à queue de tous formats à cordes croisées ou parallèles.
On peut également apprécier, par la vue intérieure d'un piano droit grand format, présentée dans l'une de ces gravures, le soin qui préside à la construction de l'instrument et à la disposition des cordes, la solidité qui résulte de la présence du cadre en fer, etc.

Vue intérieure
d'un piano grand format, à cadre on fer et cordes croisées, de la
maison A. BORD,
Le Panthéon de l'industrie : journal
hebdomadaire illustré, 05/12/1886, p. 396 (gallica.bnf.fr)

Par les autres types, on se rend compte de la suprême élégance extérieure de ces instruments et quand on songe que la maison Bord fabrique normalement douze pianos joplus de 4.000 pianos par an, on demeure
persuadé qu il n v a au monde aucune manufacture de pia-, nos capable de réaliser une production à la fois plus considérable, plus solide, plus soignée et plus digne de toutes les distinctions honoritiques qui ont consacré la renommée universelle de la maison A. Bord.
Notons que cette entreprise est la seule qui ait toujours lutté avec avantage contre la concurrence étrangère, ce que prouve, d'ailleurs, tous les jours, le chiffre croissant de ses exportations. Rappelons enfin que les grands magasins de vente de M. A. Bord sont situés (14 bis, boulevard Poissonnière) à Paris, c'est-à-dire dans l'un des plus beaux et des plus vivants quartiers du centre de la capitale. - Sr."
Le Panthéon de l'industrie : journal
hebdomadaire illustré, 05/12/1886, p. 396 (gallica.bnf.fr)


"The
deaths of two well-known musical instrument makers are announced from
Paris this week - of M. Bord, the pianoforte manufacturer, at the age of
seventy-five, and M. Edouard Alexandre, the harmonium maker, at the age
of sixty-four."
The Athenaeum, 17/03/1888,
p. 349

"Nous avons raconté, il y a quelques jours, que M. Bord, fabricant de pianos,
boulevard Poissonnière, avait laissé par testament une somme de francs à
partager entre ceux de ses ouvriers qui étaient occupés dans sa maison
depuis cinq ans, mais qu'un deuxième testament, trouvé depuis, avait annulé
le premier.
On avait dit que le motif de ce revirement du fabricant était
dans ce tait en les ouvriers de la maison s étaient mis en grève et avaient
obtenu une augmentation de 10 pour 100 sur le prix des façons.
Delà, grande
colère de M. Bord qui, par représailles, avait modifié ses résolutions.
Les
ouvriers dont il s'agit viennent d'écrire aux journaux pour protester contre
cette explication, et ils motivent leur protestation par les considérations
suivantes. [...]"
Le Petit
Parisien, 07/07/1888, p. 3

"Au
mois de mars dernier, lors de la mort de M. Bord, fabricant de
pianos, boulevard Poissonnière, on annonçait que, suivant un
testament daté de 1882 et trouvé chez son notaire, il laissait à
chacun des ouvriers occupés dans la maison depuis cinq ans une somme
de 1,000 francs, à ceux qui y étaient occupés depuis six ans, 1,300
francs, et ainsi de suite, chaque année d'ancienneté comportant une
augmentation de 300 francs.
Certains ouvriers étant employés dans la maison
depuis de longues années, le legs de M. Bord était au total
considérable et pouvait atteindre 500,000 francs.
M. Bord avait, d'autre part, depuis 1886, fait
participer ses ouvriers aux bénéfices de la maison, et une somme de
1,600,000 francs avait été distribuée ainsi.
Or, dernièrement, à la levée des scellés qui
avaient été apposés à la maison du défunt, à Créteil, les héritiers,
MM. Gesta et Bord, ses neveux, découvrirent un nouveau testament,
daté de 1884, en bonne forme — le premier n'était composé que d'une
série de notes, signées il est vrais, mais non définitives — et qui,
par conséquent, annulait le précédent.
Ce deuxième testament ne mentionnait aucun legs
aux ouvriers.
Le motif de ce changement de résolution de M. Bord ne
fut pas difficile à retrouver; en 1883, en effet, les ouvriers de la
maison se mirent en grève et obligèrent M. Bord à augmenter de dix
pour cent le prix des façons.
C'est très probablement à cette grève, qui
affecta profondément M. Bord, qu'il faut attribuer la modification
apportée en 1884 à ses dernières résolutions.
Ce nouveau fait ayant été porté à la connaissance
des ouvriers ayants droit, ceux-ci, au nombre d'environ cent
cinquante, décidèrent de charger un agent d'affaires de poursuivre
les héritiers de M. Bord en payement du legs du premier testament.
Auparavant, une décision du tribunal avait, nous assure-t-on,
reconnu la validité du second testament.
Les ouvriers, néanmoins, obtinrent du juge de
paix l'apposition des scellés sur les caisses de la maison.
Ces
scellés ont été levés ces jours derniers en présence des
représentants des parties adverses.
Mais, considérant que ces mesures avaient un
caractère vexatoire, la maison Bord a décidé qu'elle se priverait, à
l'avenir, des services de tous les ouvriers qui avaient signé
l'opposition.
Cent cinquante ouvriers donc, comme nous l'avons dit,
se trouvent dans ce cas, sur trois cent cinquante qu'occupe la
maison."
Le
Ménestrel, 15/07/1888, p. 230


"Fait
le 20 décembre 1890. - JURISPRUDENCE - FRANCE - TRIBUNAL DE LA SEINE
- Audience du 30 décembre 1890 - LICITATION. - NOM COMMERCIAL ET
INDUSTRIEL. CAHIER DES CHARGES. HÉRITIER. NOM PATRONYMIQUE, USAGE.
LOYAUTÉ COMMERCIALE.
Lorsqu'après le décès du propriétaire d'un fonds de commerce il y a
lieu à licitation, l'on ne saurait insérer au cahier des charges,
sans l'assentiment de tous les héritiers, une clause stipulant
qu'aucun d'eux n'aura le droit de se rétablir dans la même industrie
dans un rayon déterminé.
Peu importe que l'un des colicitants porte le nom sous lequel est
connu le fonds de commerce mis en vente
Cet héritier a droit d'user de son nom patronymique, et d'exercer sa
profession; ce n'est ni son nom, ni l'industrie créée par lui qu'il
vend, mais uniquement le nom du dé unt et l'industrie créée par ce
dernier. Il reste donc, avant comme après, libre d'user de son nom
personnel et d'exercer la profession à laquelle le rendent apte ses
travaux antérieurs, sous les scules restrictions que devra lui
imposer la loyauté commerciale.
Ainsi jugé dans des circonstances de fait qu'expose suffisamment la
décision suivante : Le Tribunal,
Attendu que la demande a pour objet de faire annexer au cahier des
charges de la vente ordonnée par le jugement du 15 novembre dernier,
un dire stipulant qu'aucun des colicitants n'aura le droit de se
rétablir comme facteur de pianos Paris et dans le département de la
Seine;
Attendu que les demandeurs comme le défendeur ne sont, en réalité,
ni les uns ni les autres facteurs de pianos; qu'ils ont simplement
recueilli dans la succession d'Antoine Bord la propriété de fabrique
de pianos fondée par celui-ci, et ont géré en commun cette
indivision jusqu'au jour du partage;
Que cette situation ne créerait point une menace de concurrence pour
les acheteurs étrangers, si l'ut 'entre eux ne portait le nom de
Bord, qui est celui sous lequel est connu le fonds de commerce mis
en vente; que c'est donc contre celui-là seul et à raison de son nom
que la clause serait insérée;
Mais attendu que Bord a droit d'user de son nom patronymique; que
son aptitude à la fabrication des pianos est le résultat de son
propre travail et sa richesse personnelle; que, s'il s'était établi
facteur de pianos du vivant de son oncle, les tribunaux n'auraient
pu intervenir que dans le cas où sa manière d'agir aurait constitué
une concurrence déloyale; qu'ils lui auraient simplement imposé les
mesures nécessaires pour empécher la confusion, mais n'auraient pu
lui interdire l'usage absolu de son nom, ni l'exercice de sa
profession;
Que dans l'espèce ce n'est ni son nom, ni l'industrie créée par lui
qu'il vend, mais uniquement le nom de son oncle et l'industrie créée
par ce dernier;
Qu'il reste donc avant comme après libre d'user de son nom personnel
et d'exercer la profession à laquelle le rendent apte ses travaux
antérieurs, sous les seules restrictions que devra lui imposer la
loyauté commerciale;
Que les règles générales qui président à la concurrence sont une
garantie suffisante pour les acheteurs du fonds, sans qu'il y ait
lieu de prevoir dès à présent des actes abusifs qui peuvent ne pas
se présenter; que l'interdiction réclamée, loin d'établir l'égalité
entre les colicitants, aurait au contraire pour conséquence de
causer à l'un d'eux un préjudice éventuel considérable, auquel les
autres peu préparés par leurs antécédents à exercer la même
industrie, échapperaient complètement;
Par ces motifs,
Délare Gesta et consorts purement et simplement mal fondés en leur
demande, les en déboute;
Et attendu que l'exécution provisoire du jugement serait sans objet
et que d'ailleurs il n'est justifié d'aucun motif prévu par la loi;
Dit n'y avoir lieu à l'exécution provisoire: Condamne les demandeurs
aux dépens.
(La Loi)."
Bulletin officiel de la propriété industrielle et commerciale,
12/02/1891, p. 340

"LA COUR; — Considérant que les héritiers d'Antoine Bord, facteur de
pianos à Paris, décédé le 4 mars 1888, après avoir exploité en
commun depuis cette époque le fonds de commerce de leur auteur, ont
fait ordonner, par jugement du 10 novembre dernier, la mise en vente
dudit fonds sur licitation, à l'audience des criés du tribunal civil
de la Seine;
Que l'un d'eux se trouvant porter le même nom que
le défunt et avoir été employé par celui-ci dans sa fabrication, les
autres lui ont demandé, en vue de rassurer les enchérisseurs contre
le danger d'une concurrence éventuelle et d'obtenir de la chose
vendue la plénitude de son prix, d'insérer dans le cahier des
charges une clause contenant interdiction pour chacun des
colicitants de se rétablir à Paris, ou dans le département de la
Seine, comme facteur de pianos; que cette insertion ayant été
refusée et les parties n'ayant pu se mettre d'accord, il appartient
aux tribunaux de déterminer les clauses et conditions de la vente,
en tenant tel compte que de raison des droits qui se trouvent en
conflit; [...]"
Jurisprudence générale du royaume en matière
civile, commerciale et criminelle, 1892, p. 15-16
(gallica.bnf.fr)

GRÈVE D'OUVRIERS FACTEURS DE PIANOS À PARIS ET S'-OUEN.
2 MARS - 24 AVRIL 1892
"Le 2
mars 1892, une grève a éclaté parmi les ouvriers facteurs de pianos de la maison
Bord.
Cette maison, l'une des plus importantes de Paris, occupait environ 300 ouvriers
, dont la moitié dans ses ateliers de Saint-Ouen.
Depuis quelque temps, l'industrie des pianos éprouvait certaines difficultés,
principalement en ce qui concerne l'exportation.
M. Bord, qui fait beaucoup de transactions avec l'Angleterre, fut invité par ses
clients et ses dépositaires de Londres à abaisser le prix de ses instruments,
l'Allemagne et l'Autriche fabriquant à meilleur compte que lui.
Il rechercha donc h s moyens de réduire ses
frais de production sans toucher aux salaires de ses ouvriers, et s'arrêta au
système suivant : pratiquer la division du travail par spécialités, ce qui
devait lui permettre, pensait-il, d'accroître l'effet utile de chaque ouvrier,
et, par suite, tout en conservant aux ouvriers leurs anciens salaires
journaliers, de fabriquer à meilleur compte.
Les ouvriers, qui jusqu'alors avaient fait le piano presque dans son entier,
refusèrent d'adhérer à cette combinaison, en déclarant, qu'elle abaissait de 20
à 25 p. 0/0 le taux de leurs salaires; ils étaient d'ailleurs soutenus par la
Chambre syndicale des ouvriers facteurs de pianos et orgues.
Le 2 mars, le Syndicat envoya plusieurs
délégués chez M. Bord, qui refusa de les recevoir. Avant de se retirer, la
délégation laissa la note suivante : Mandat donné et signé à la chambre
syndicale des ouvriers facteurs de pianos et orgues par 140 ouvriers de la
maison Bord :
Les ouvriers et la Chambre syndicale
approuvant déclarent ne pouvoir accepter :
1. aucune modification ni division du travail;
20 aucune diminution sur le prix de façon existant.
Au contraire, tenant compte de la suppression
du dividende que distribuait M. Bord, et qui s'est élevé jusqu'à 22 p. 0/0 au
maximum, alors que les prix de façon n'ont été augmentés que dans la proportion
de 7 p. 0/0 au maximum, les ouvriers, après en avoir délibéré, d'accord avec la
Chambre syndicale, réclament une augmentation de 10 p. 0/0 sur tous les prix de
façon payés actuellement. [...][...]"
Statistique des grèves survenues en France pendant les années, 01/01/1892,
p. 141 (gallica.bnf.fr)

LES FACTEURS DE PIANOS - Une grève à la maison
Bord.
"Une
grève vient d’éclater dans le ateliers de MM. Bord et (die, fabricants de
pianos, rue des Poissonniers. Les 300 ouvriers grévistes so plaignent de ce que
les dividendes que le créateur de la maison, M. A. Bord, accordait aux ou vriers
aient été remplacés par des augmentation des prix de façon ; ils se plaignent
surtout d’un projet de modification des tarifs basé sur une plus large division
du travail. Us prétendent que cette nouvelle spécialisation du travail amènerait
une diminution de salaire de 20 à 25 %)."
La Cocarde : journal politique quotidien, 05/03/1892, p. 2 (gallica.bnf.fr)

"L'AFFAIRE DE LA RUE DU poteau - C'est un drame d'amour entre tout jeunes gens
l'amoureux a dix-sept ans, l'amoureuse n'en a pas encore quinze.
Lui se
nomme Lucien Lamaire,-il est ouvrier ébéniste en pianos, à la maison Bordes
[BORD], 53, rue des Poissonniers, et demeure chez ses parents, rue des
Gravilliers, à Saint-Ouen.
Elle s'appelle Julie Pascal, est plumassiére
fleuriste et demeure 102, rue du Poteau, avec sa mère et ses deux sœurs,
Eugénie et Marie, plus âgées qu'elle. [...] Lisez la suite ici :
Le Figaro,
06/01/1899, p. 3




Article sur A. BORD dans
'Revue
illustrée de l'Exposition universelle. Organe de l'Exposition de 1900 et
de toutes les expositions', Dir. O. Lartigue, 1900, p. 27-28 (gallica.bnf.fr)


BORD sur ce site
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Pour les références voyez la page
pianos français 1840 - 1849

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