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BLANCHET Fils
à Paris (°1852)


1855 - 1867

1855

PARIS - "[...] Blanchet (père), se retirant des affaires, céda sa succession à son fils, ancien élève de l'École Polytechnique, qui, à la fin de ses études, avait été nommé officier du génie, et destiné à poursuivre une brillante carrière dans les armes savantes.

Sacrifier le charme et la gloire de la vie militaire, abandonner ses affections de camaraderie pour entrer dans la vie industrielle et commerciale, rien ne coûta à Blanchet fils; quand il put craindre que son père laissât entre des mains étrangères une maison qu'il devait considérer comme une fortune patrimoniale.

D'ailleurs, il pouvait appliquer à l'industrie des pianos le fruit de ses études scientifiques, et entreprendre ce triple problème, digne de recherches, où l'on doit tour à tour invoquer les règles de la mécanique, les principes de l'acoustique et les considérations artistiques de l'ordre le plus élevé." Histoire illustrée de l'exposition universelle par catégories d'industries, 1855

PARIS - "M. Blanchet fils, ancien élève de l'École polytechnique, fabricant de pianos et seul propriétaire aujourd'hui de l'ancienne maison Roller et Blanchet, a été nommé, à la suite de l'Exposition universelle, chevalier de l'ordre de la Légion-d'Honneur.

Cette distinction, qui a confirmé d'une manière éclatante l'appréciation que nous avions faite des remarquables instruments exposés par ce facteur, cette distinction, disons-nous, n'est que la juste récompense des longs travaux de M. Blanchet fils et des progrès qu'il a fait faire à une industrie exercée dans sa famille par cinq générations. L'origine de cette maison, généralement connue sous le nom de Roller et Blanchet, remonte à 1750.

C'est-à-dire plus haut même que la création des pianos, encore inconnus à cette époque. Elle eut pour fondateur un habile facteur de clavecins, François-Etienne Blanchet. Ses successeurs, très-distingués dans leur profession, et dont les instruments furent, dès l'origine, recherchés par les artistes et les amateurs, ouvrirent une voie nouvelle à la fabrication des pianos.

Vers 1826, MM. Roller et Blanchet créèrent le piano droit, c'est-ii-dire le piano par excellence, celui qui devait le plus contribuer, en le popularisant, à la propagation de l'art musical. Aucun genre de succès ne fit défaut à cette invention ingénieuse, ni les récompenses les plus élevées dans les expositions, ni les plus augustes patronages.

Après 1840, M. Blanchet fils succéda à son père, et l'ancien élève de l'École polytechnique ne larda pas à faire profiter la fabrication des pianos de ses études scientifiques.

Officier du génie, M. Blanchet fils aurait pu se distinguer dans la carrière des armes: il préféra reprendre et continuer l'œuvre industrielle où son nom était depuis longtemps honoré.

La maison Blanchet prit bientôt une extension nouvelle; elle doubla sa réputation première, en même temps qu'elle obtenait; en 1844, le rappel de la médaille d'or. Mise hors concours en 1849, elle recevait une médaille de prix à l'Exposition universelle de Londres.

Non-seulement la manufacture de pianos droits de M. Manchet fils est la plus considérable parmi les fabriques de ce genre, celle qui produit le plus d'instruments et qui occupe le plus grand nombre d'ouvriers; non-seulement ce facteur a introduit dans la abrication des perfectionnements importants : mécanismes à double échappement, nouvelle disposition du clavier dans le but d'augmenter la sonorité de l'instrument : nouveau mode pour régler plus facilement la marche des marteaux; assortiment plus rationnel des bois dont sont faites les tables d'harmonie, etc.; mais M. Blanchet fils a encore enrichi la fabrication de divers instruments d'études et d'appareils qui constituent les plus utiles travaux.

Les membres du jury de l'Exposition universelle, en plaçant au premier rang des pianos droits de toutes les nations les trois pianos exposés par M. Blanchet fils, ont été frappés par la perfection du travail que ces instruments présentaient et qui attestaient l'habileté des ouvriers employés par ce facteur.

Nous pouvons affirmer qu'à cette habileté de main, qu'à cette intelligence, vient se joindre le dévouement le plus complet que M. Blanchet fils a su mériter, en se rattachant ses ouvriers par les liens du plus bienveillant patronage.

C'est ainsi que ce fabricant, qui réunit aux plus éminentes qualités de l'industriel les meilleures qualités du cœur, a fondé une caisse de secoursi mutuels pour ses nombreux ouvriers, et qu'il les fait participer au cours gratuit qu'il professe, gratuitement aussi, depuis de longues années, à l'Association polytechnique." Bulletin de la librairie, des arts, de l'industrie & du commerce, 1855, p. 12-13

PARIS - "M. BLANCHET FILS, FABRICANT DE PIANOS. - M. Blanchet fils, ancien élève de l'École polytechnique, fabricant de pianos et seul propriétaire aujourd'hui de l'ancienne maison Roller et Blanchet, a été nommé, à la suite de l'Exposition universelle, chevalier de l'ordre de la Légion-d'Honneur.

Cette distinction, qui a confirmé d'une manière éclatante l'appréciation que nous avions faite des remarquables instruments exposés par ce facteur, cette distinction, disons-nous, n'est que la juste récompense des longs travaux de M. Blanchet fils et des progrès qu'il a fait faire à une industrie exercée dans sa famille par cinq générations.

L'origine de cette maison, généralement connue sous le nom de Roller et Blanchet, remonte à 1750. c'est-à-dire plus haut même que la création des pianos, encore inconnus à cette époque.

Elle eut pour fondateur un habile facteur de clavecins, François-Etienne Blanchet. Ses successeurs, très-distingués dans leur profession, et dont les instruments furent, dès l'origine, recherchés par les artistes et les amateurs, ouvrirent une voie nouvelle à la fabrication des pianos. Vers 1826, MM. Roller et Blanchet créèrent le piano droit, c'est-à-dire le piano par excellence, celui qui devait le plus contribuer, en le popularisant, à la propagation de l'art musical.

Aucun genre de succès ne fit défaut à cette invention ingénieuse, ni les récompenses les plus élevées dans les expositions, ni les plus augustes patronages.

Après 1840, M. Blanchet fils succéda à son père, et l'ancien élève de l'École polytechnique ne larda pas à faire profiter la fabrication des pianos de ses études scientifiques.

Officier du génie, M. Blanchet fils aurait pu se distinguer dans la carrière des armes : il préféra reprendre et continuer l'œuvre industrielle où son nom était depuis longtemps honoré. La maison Blanchet prit bientôt une extension nouvelle; elle doubla sa réputation première, en même temps qu'elle obtenait; en 1841, le rappel de la médaille d'or.

Mise hors concours en 1849, elle recevait une médaille de prix à l'Exposition universelle de Londres. Non-seulement la manufacture de pianos droits de M. Blanchet fils est la plus considérable parmi les fabriques de ce genre, celle qui produit le plus d'instruments et qui occupe le plus grand nombre d'ouvriers; non-seulement ce facteur a introduit dans la fabrication des perfectionnements importants : mécanismes à double échappement, nouvelle disposition du clavier dans le but d'augmenter la sonorité de l'instrument : nouveau mode pour régler plus facilement la marche des marteaux; assortiment plus rationnel des bois dont sont faites les tables d'harmonie, etc.; mais M. Blanchet fils a encore enrichi la fabrication de divers instruments d'études et d'appareils qui constituent les plus utiles travaux. Les membres du jury de l'Exposition universelle, en plaçant au premier rang des pianos droits de toutes les nations les trois pianos exposés par M. Blanchet fils, ont été frappés par la perfection du travail que ces instruments présentaient et qui attestaient l'habileté des ouvriers employés par ce facteur.

Nous pouvons affirmer qu'à cette habileté de main, qu'à cette intelligence, vient se joindre le dévouement le plus complet que M. Blanchet fils a su mériter, en se rattachant ses ouvriers par les liens du plus bienveillant patronage.

C'est ainsi que ce fabricant, qui réunit aux plus éminentes qualités de l'industriel les meilleures qualités du cœur, a fondé une caisse de secoursi mutuels pour ses nombreux ouvriers, et qu'il les fait participer au cours gratuit qu'il professe, gratuitement aussi, depuis de longues années, à l'Association polytechnique." Bulletin de la librairie, des arts, de l'industrie & du commerce, 1855, p. 12

PARIS - "[...] ceux de M. Blanchet, de Paris, ont été particulièrement remarqués. Ce dernier, qui continue les traditions de M. Roller, son prédécesseur, a présenté à l'Exposition un piano oblique portant le n° 3e au concours, dont la hauteur n'était que d'un mètre, mais dont le son était puissant, clair et sympathique." Exposition universelle de 1855 : Rapports du jury mixte international, Volume 2, p. 693

ROUEN - "A l'occasion de l'exposition régionale de Rouen, nous lisons dans le Journal de Rouen, un article de M. Méreaux, où ce spirituel et éminent artiste signale comme regrettable l'absence des pianos de Blanchet fils à ce concours des industries de la Seine-Inférieure.

Nos lecteurs de Normandie le liront avec intérêt :

Nous, aurions aussi voulu voir la maison Blanchet se joindre aux exposants parisiens. Les pianos de M. Blanchet appartiennent à une spécialité qui fut, en France, il y a quarante ans, une heureuse importation dont l'honneur appartient au père de cet habile facteur.

Le premier dans notre pays, M. Blanchet père, associé à M. Roller, fabriqua des pianos droits, à l'imitation de l'Angleterre, et dont l'usage, devenu bientôt général, opéra dans la facture du piano une révolution qui expulsa des salons le piano carré.

M. Blanchet fils a continué l'oeuvre industrielle de son père, et grâce à son habileté, ses instruments, au milieu de l'immense concurrence que leur vogue même leur a créée, ont conservé leur ancienne et excellente réputation.

D'autre part, le Moniteur nous entretient du remarquable piano que M. Blanchet fils a construit pour le yacht impérial l'Aigle, instrument qui fait l'admiration de tous ceux qui ont pu le voir et l'entendre." Le Ménestrel, 02/10/1859, p. 351 (gallica.bnf.fr)

PARIS - "[...] en janvier 1852, que Blanchet fils devint seul propriétaire de l'intégralité des objets et valeurs composant la manufacture, par l'acquisition qu'il en fit à son ancien associé, et qu'il fut personnellement désigné pour être facteur de LL. MM. l'Empereur et l'Impératrice.

Aujourd'hui, tout en continuant à fabriquer des pianos semblables à ceux qui firent la fortune de ses devanciers, Blanchet fils a créé de nouveaux modèles, réunissant à l'élégance du meuble les qualités essentielles de l'instrument.

Il a pu perfectionner encore les plans et calibres de Roller et Blanchet, en faisant concourir à ce but les anciens et fidèles ouvriers de cet établissement, tous initiés depuis de longues années à ses bonnes traditions. Les instruments qu'il a exposés dans le Palais de l'Industrie sont d'un mérite hors ligne." Histoire illustrée de l'exposition universelle par catégories d'industries, Charles Robin, 1855, p. 99

PARIS - "M. BLANCHET Fils, à Paris (France). Parmi ses pianos exposés, il s'en trouvait un oblique, d'un mètre de hauteur. Sa sonorité puissante, claire et sympathique, prouve que dans les instruments de ce genre la difficile combinaison ayant pour but de diminuer l'élévation obtenait les meilleurs résultats.

Ses pianos à queue petit format étaient aussi fort bons. L'importance de sa fabrication et l'excellence de sa facture ont valu à M. Blanchet Fils la croix de chevalier de la Légion-d'honneur, accordée par Sa Majesté l'Empereur, et la Médaille De Première Classe décernée par le Jury international." Album de l'Exposition universelle, Léon Brisse, 1855, p. 426

PARIS - "La maison connue généralement sous la raison Roller et Blanchet est, depuis de longues années, au premier rang de l'industrie musicale.

Son origine remonte plus haut que la création du piano; car Blanchet (François-Etienne), habile facteur de clavecins, qui vivait en 1750, en est le fondateur.

Ses successeurs immédiats furent ses fils et petit-fils; ce dernier (Armand-François-Nicolas), très-distingué dans sa profession, fut attaché à la maison de l'Empereur, et, plus tard, au Conservatoire de musique.

Il mourut en 1818, laissant un fils en position d'occuper dignement ses différents emplois (Voir la Biographie universelle des musiciens, par Fétis, t. I, page 213.).

Blanchet (Nicolas) suivit la carrière de ses pères; il ouvrit laborieusement une nouvelle voie à la fabrication du piano, dont l'usage avait, dès cette époque, prévalu sur celui du clavecin.

Nicolas Blanchet était facteur breveté par Mme la duchesse de Berri, lorsqu'en 1826 il s'associa Roller, son émule, et leur établissement prit la dénomination sociale Roller et Blanchet.

Roller et Blanchet créèrent le piano droit, et prirent un brevet (en 1827) pour s'assurer la libre et unique exploitation de ce nouveau genre de piano. Cette interdiction, faite à la facture, de produire des pianos de cette forme, souleva de grandes rumeurs.

Chacun de dire que le piano droit n'aurait pas de succès, que cette invention tomberait comme tant d'autres. Les efforts de Roller et Blanchet ne furent cependant pas ralentis. Loin de là, ils perfectionnèrent leur idée première, améliorèrent la forme du piano droit, et firent de nombreux voyages, tant en France qu'à l'étranger, pour le faire adopter.

Ce ne fut que plus tard qu'ils laissèrent le champ libre à la concurrence, dans l'espoir de populariser cette ingénieuse innovation.

Le succès couronna leur œuvre : ceux qui avaient le plus déprécié le nouvel instrument en furent les plus ardents préconiseurs; tous cherchèrent à le rendre d'un prix accessible aux masses; et, dès lors, le piano ne fut plus un objet de luxe.

La culture de l'art musical se répandit au fur et à mesure de l'introduction du piano droit ; et, la renommée de Roller et Blanchet grandit avec rapidité, comme il arrive lorsque le succès repose sur un perfectionnement aussi peu contestable.

Ils obtinrent la médaille d'argent à l'exposition de l'industrie française de 1827, puis la médaille d'or en 1834, et le rappel de la même récompense en 1839. Enfin, ils furent nommés facteurs de la reine Marie-Amélie en 1840.

Quelques années plus tard, Blanchet, se retirant des affaires, céda sa succession à son fils, ancien élève de l'École Polytechnique, qui, à la fin de ses études, avait été nommé officier du génie, et destiné à poursuivre une brillante carrière dans les armes savantes.

Sacrifier le charme et la gloire de la vie militaire, abandonner ses affections de camaraderie pour entrer dans la vie industrielle et commerciale, rien ne coûta à Blanchet fils; quand il put craindre que son père laissât entre des mains étrangères une maison qu'il devait considérer comme une fortune patrimoniale.

D'ailleurs, il pouvait appliquer à l'industrie de pianos le fruit de ses études scientifiques, et entreprendre ce triple problème, digne de recherches, où l'on doit tour à tour invoquer les règles de la mécanique, les principes de l'acoustique et les considérations artistiques de l'ordre le plus élevé.

Rien ne pouvait donc mieux convenir au progrès d'une fabrication, jusqu'alors empirique, que la coopération d'un homme jeune, éclairé, possédant ce sentiment exquis des arts qu'une éducation distinguée peut seule donner.

La maison Roller et Blanchet, en devenant Roller et Blanchet fils, acquit une nouvelle source de prospérité, et doubla sa réputation première.

En 1844, à la suite des concours de l'exposition nationale, un nouveau rappel de la médaille d'or fut accordé à la fabrication de Roller et Blanchet fils, et, en 1849, ils furent mis hors de concours. Enfin, l'exposition universelle de Londres fut l'occasion d'un nouveau succès: The prize-medal leur fut décernée par le jury international.

C'est peu de temps après, en janvier 1852, que Blanchet fils devint seul propriétaire de l'intégralité des objets et valeurs composant la manufacture, par l'acquisition qu'il en fit à son ancien associé, et qu'il fut personnellement désigné pour être facteur de LL. MM. l'Empereur et l'Impératrice.

Aujourd'hui, tout en continuant à fabriquer des pianos semblables à ceux qui firent la fortune de ses devanciers, Blanchet fils a créé de nouveaux modèles, réunissant à l'élégance du meuble les qualités essentielles de l'instrument.

Il a pu perfectionner encore les plans et calibres de Roller et Blanchet, en faisant concourir à ce but les anciens et fidèles ouvriers de cet établissement, tous initiés depuis de longues années à ses bonnes traditions. Les instruments qu'il a exposés dans le Palais de l'Industrie sont d'un mérite hors ligne." Histoire illustrée de l'exposition universelle, Charles-Joseph-Nicolas Robin,  Furne, 1855, p. 97-100

PARIS - "M. et Mme CHARLES BLANCHET ont aussi ouvert une seconde fois leurs riches appartements attenant à leur fabrique de pianos de la rue Hauteville, et la harpe de Félix Godefroid a fait les honneurs de cette seconde soirée. [...]" Le Ménestrel, 01/04/1855, p. 2 (gallica.bnf.fr)

PARIS - "La maison Blanchet a exposé plusieurs beaux pianos droits qui justifient la renommée dès longtemps conquise par l'ancienne maison Roller et Blanchet." Le travail universel : revue complète des oeuvres de l'art et de l'industrie exposées à Paris en 1855, p. 602

PARIS - "Nous n'avons point à cette heure à juger le mérite de ces facteurs, mais on nous permettra de trouver au moins étrange la distinction faite en leur faveur.

C'est d'avance les désigner à l'attention du public et du jury; et puis, comment se fait-il que le nom de M. Blanchet fils soit placé entre ceux de Pleyel et d'Érard, M. Blanchet fils n'est point le fondateur de la maison Roller et Blanchet, il n'en est que le successeur, et nous ne comprenons pas qu'il soit autorisé à mettre autour de son nom des médailles qu'il n'a pas personnellement obtenues." La France musicale, 07/01/1855, p. 177 (gallica.bnf.fr)

PARIS - "A propos de ce dernier facteur, la France Musicale, dans un de ses précédents articles sur l'Exposition, a commis une erreur involontaire qu'elle s'empresse de rectifier.

M. Blanchet fils avait été présenté comme ta successeur de la maison Roller et Blanchet.

C'est plus qu'un successeur M. Blanchet fils a continué à diriger sous son nom personnel cette manufacture, dont il a été un des chefs, concurremment avec M. Roller, pendant do longues années.

C'est à ce titre qu'il a obtenu la médaille d'or, en 1844; et la prize-Medal, à l'Exposition universelle de Londres, en 1851 récompenses dont il peut se prévaloir personnellement." La France musicale, 07/01/1855, p. 188 (gallica.bnf.fr)

PARIS - "Exposition universelle. - PIANOS DE M. BLANCHET FILS.
Il y a une vingtaine d’années, lorsque l’on avait nommé, en fait de facture de pianos, les maisons de MM. Érard, Pleyel, Pape, Roller et Blanchet, on avait tout dit; et il ne restait, après ces gloires éblouissantes, que des noms obscurs.

Aujourd’hui, il n’en est pas tout à fait ainsi, et bien des facteurs consciencieux et remarquables de tout point viennent se ranger après ces hommes célèbres; mais ces établissements sont restés les maisons classiques de la belle et bonne fabrication ; ils sont sans rivaux dans le présent et dans le passé ; ils seront sans rivaux dans l’avenir, et c’est là, précisément, une des premières qualités, une des premières vertus que je constate dans le commerce parisien de l’instrumentation musicale en général, et, en particulier, dans la maison Roller et Blanchet, aujourd’hui Blanchet fils, qui va nous occuper dans cet article.

Tout le monde a compris l’importance de l’industrie de la facture instrumentale, industrie morale et civilisatrice, qui a pris, en France, depuis quelques années, des développements si extraordinaires, et qui, bien certainement, n’ont pas encore atteint leur apogée.

La diffusion artistique et musicale est due, eu majeure partie, au piano, cet instrument multiple en ressources, et surtout au piano droit, dont la fabrication colossale s’augmente chaque année, et atteint en ce moment le chiffre de vingt-cinq mille au moins, tous construits et vendus en France.

C’est à MM. Roller et Blanchet que l’art musical est redevable de la première fabrication des pianos droits : c’était en 1827, et, à l’exposition de cette année, on vit les premiers exemplaires qui aient été construits.

Dès lors fut compris l’avantage du piano droit, qui n’est autre que sa simplicité de construction, son peu d’embarras, et la facilité de mettre les exécutants à découvert dans le nouveau système.

A partir de 1830, l’innovation de MM. Roller et Blanchet imprima une grande activité à la facture des pianos; et, depuis, la fabrication de ces instruments n’a fait que marcher dans une voie de progrès auxquels la maison Roller et Blanchet n’est jamais restée étrangère.

M. Blanchet fils, par une erreur assez singulière, et préciation publique pour n’être qu’un successeur de la maison Roller et Blanchet.

M. Blanchet fils est plus qu’un successeur, comme le fait très-bien remarquer un de nos plus habiles écrivains musiciens: il a continué à diriger, sous son nom personnel, la manufacture qu’il tenait de MM. Roller et Blanchet (celui-là son associé, celui-ci son père), manufacture dont il a été, avec M. Roller, un des habiles chefs pendant le cours de nombreuses années.

C’est à ce titre, d’ailleurs, que le jury de l'Exposition de 1844 lui a décerné la médaille d’or, et que le jury de l’Exposition universelle de Londres de 1851 lui a décerné la prize medal. Il peut donc, personnelle ment, se prévaloir de ces récompenses.

Nous insistons là-dessus, parce que ce n’est pas une médiocre responsabilité que celle du facteur de pianos.

Il ne suffit pas, en effet, pour être réputé tel, d’incruster sou nom en lettres d'or sur de magnifiques instruments, que l’on débite comme un marchand débite sa marchandise. Telle n’est pas la vocation du facteur consciencieux.

La facture de l’instrumentation musicale est un art et un sacerdoce,et, pour être exercée convenable ment, réclame que le facteur ait touché de sa main à la fabrication, qu’il ait opéré lui-même, qu’il ait vécu dans la fabrication, et qu’il en ait reçu du ciel la vocation spéciale et l’intelligence.

Tel est M. Blanchet fils; et, s’il n’avait pris en mains propres la direction de la célèbre maison Roller et Blanchet, il serait dans les conditions nécessaires à celui qui veut créer une maison, diriger des ouvriers, être facteur en un mot, prendre une direction personnelle, et imprimer aux produits une sorte de cachet d’individualité, de marque de fabrique, qui constitue l’œuvre d’un homme, qui lui survit et le fait vivre dans ses œuvres.

Mais M. Blanchet fils, pour rester dans les bonnesvoies de la fabrication musicale, n’a qu’à marcher sur les traces de la maison Roller et Blanchet, dont on retrouve le nom à toutes les pages brillantes de la facture instrumentale.

En effet, à l’Exposilion de 1834, le jury décerna une médaille d’or à MM. Roller et Blanchet fils. Le jury de 1839 rappela les médailles d’or obtenues précédemment par MM. Roller et Blanchet.

Le jury de 1844 rappela a MM. Roller et Blanchet fils les médailles d’or obtenues, aux précédentes expositions, par MM. Roller et Blanchet; et le roi nomma M. Roller chevalier de la Légion d’honneur.

Enfin, en 1853, à l’exposition qui vient de se clore, le décret relatif aux exposants et aux récompenses qui doivent leur être décernées, déclare promu à l’ordre impérial de la Légion d’honneur M. Blanchet, fils a Paris, pour son importante fabrication DE PIANOS DROITS.

Tels sont les titres de gloire de cette maison remarquable, et dont les ateliers sont si justement célèbres; titres sérieux, lentement et difficilement gagnés par une activité sans exemple, un courage continuel, un dévouement entier à l’art musical; des sacrifices incessants, des travaux pleins d’intelligence et de persévérance.

C’est, au reste, ce qui a été compris parles hommes qui présidaient à la distribution de$ produits, lors que, par un choix vraiment exceptionnel, ils ont placé dans le transept les pianos de M. Blanchet (ils, pendant que toute la série instrumentale, à part deux ou trois maisons hors ligne, était réunie dans la rotonde.

Il nous reste à spécifier, en quelques mots, les qualités particulières qui sont la marque de fabrique de la maison Blanchet fils.

Mais ici, le lecteur comprendra la difficulté d’indiquer et de préciser nettement ce qui, comme mécanisme, agencement et effet de sonorité, est technique dans la construction du piano.

Je l’ai dit, on retrouve M. Blanchet fils à toutes les pages historiques des progrès de la facture instrumentale; quant à détailler en termes propres ces perfectionnements et ces améliorations, nous ne l’essayerons pas.

Lorsqu’après de laborieuses et pénibles explications, nous serions arrivés à dire que les pianos de M. Blanchet fils se distinguent par une sonorité pleine de moelleux, d’unité, de régularité; lorsqu’après avoir décrit minutieusement tout le mécanisme, nous aurions prouvé qu’il fonctionne avec une harmonie parfaite, que le clavier agité se meut parfaitement sous la vélocité des doigts, etc., etc., nous n’aurions rien appris au lecteur, à qui il aurait suffi d’indiquer la maison Blanchet fils pour en résumer, en une appréciation vraie, toutes les nombreuses et sérieuses qualités.

C’est là, en effet, le privilège des grandes et nobles maisons: leur passé est un vrai titre de noblesse, et il est vraiment beau, pour un établissement industriel, d'avoir atteint ce point de succès et de prospérité, où, puissant de sa gloire incontestée, il n’a qu’à se citer pour se faire valoir.

C'est là la récompense d’une vie utilement et honorablement remplie. Aussi, l’unanimité des suffrages a accueilli la nouvelle de la distinction accordée aux pianos de M. Blanchet, fils lorsqu’on les a placés dans le transept du Palais de l’Industrie, et tout le monde a reconnu que la justice avait présidé à la récompense qui lui a été accordée; car M. Blanchet fils est un de nos facteurs à qui l’on accorde une expérience personnellement acquise; et, lorsque les instruments sortent de ses ateliers, il a le droit de les signer comme étant œuvre sienne, titre à la faveur du public, puisque son nom est et restera toujours une garantie de conscience et de capacité industrielles.

C’est à ces divers titres que M. Blanchet fils mérite tous nos applaudissements, et que nous avons cru devoir comprendre son établissement dans notre galerie des industries célèbres.

Nous ne pouvons mieux terminer cet article qu’en citant l’article fort remarquable de l’un de nos confrères, — M. Ber, — emprunté à la lire ne des Deux-Motules; il corroborera d’autant mieux notre opinion qu’il est parfaitement en rapport avec tout ce que nous avons dit.

M. Blanchet fils, ancien élève de l’École polytechnique, abricant de pianos et seul propriétaire aujourd’hui de l'ancienne maison Roller et Blanchet, a été nommé, à la suite de l'Exposition universelle, chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur.

Cette distinction, qui a confirmé d’une manière éclatante l’appréciation que nous avions faite des remarquables instruments exposés par ce facteur, cette distinction, disons-nous, n’est que la juste récompense des longs travaux de M. Blanchet lits et des progrès qu’il a fait faire à une industrie exercée dans sa famille par cinq générations.

L’origine de celle maison, généralement connue sous le nom de Roller et Blanchet, remonte à 1750, c’est-à-dire plus haut même que la création des pianos, encore inconnus à cette époque. Elle eut pour fondateur un habile facteur de clavecins, François-Étienne Blanchet.

Ses successeurs, très-distingués dans leur profession, et dont les instruments furent, dès l’origine, recherchés par les artistes et les amateurs, ouvrirent une voie nouvelle à la fabrication des pianos.

Vers 1826, MM. Roller et Blanchet créèrent le piano droit, c’est-à-dire le piano par excellence, ce lui qui devait le plus contribuer, en le popularisant, à la propagation de l’art musical.

Aucun genre de succès ne fit défaut à cette invention ingénieuse, ni les récompenses les plus élevées dans les expositions, ni les plus augustes patronages.

Après 1810, M. Blanchet fils succéda à son père, et l’ancien élève de l’Ecole polytechnique ne larda pas à faire profiler la fabrication des pianos de ses études scientifiques.

Officier du génie, M. Blanche! fils aurait pu se distinguer dans la carrière des armes ; il préféra reprendre et continuer l'œuvre industrielle où son nom était depuis longtemps honoré.

La maison Blanchet prit bientôt une extension nouvelle; elle doubla sa réputation première, en même temps qu’elle obtenait, en 1811, le rappel de la médaille d’or. Mise hors concours en 1819, elle recevait une médaille de prix à l’Exposition universelle de Londres.

Non-seulement la manufacture de pianos droits de M. Blanchet fils est la plus considérable parmi les fabriques de ce genre, celle qui produit le plus d'instruments et qui occupe le plus grand nombre d’ouvriers; non-seulement ce facteur a introduit dans la fabrication des perfectionnements importants : mécanismes à double échappement, nouvelle disposition du clavier dans le but d'augmenter la sonorité de l'instrument ; nouveau mode pour régler plus facilement la marche des marteaux ; assortiment plus rationnel des bois dont sont faites les tables d’harmonie, etc. ; mais M. Blanchet fils a encore enrichi la fabrication de divers instruments d’études et d’appareils qui constituent les plus utiles travaux.

Les membres du jury de l’Exposilion universelle, en plaçant au premier rang des pianos droits de toutes les nations les trois pianos exposés par M. Blanchet fils, ont été frappés par la perfection du travail que ces instruments présentaient et qui attestaient l'habileté des ouvriers employés par ce facteur.

Nous pouvons affirmer qu’à celle habileté de main, qu’à celle intelligence, vient se joindre le dévouement le plus complet que M. Blanchet fils a su mériter, en se rattachant ses ouvriers par les liens du plus bienveillant patronage.

C’est ainsi que ce fabricant, qui réunit aux plus éminentes qualités de l'industriel les meilleures qualités du cœur, a fondé une caisse de secours mutuels pour ses nombreux ouvriers, et qu’il les fait participer au cours gratuit qu'il professe, gratuitement aussi, depuis de longues années, à l'Association polytechnique. »

Ajoutons que M lier n’a été que l’écho de des opinions personnelles, ainsi que nous l’avons déjà dit, et le fidèle interprète de tout le monde musical. - L-A. Lévèque." Le Siècle industriel : journal des consommateurs : organe des sociétés en commandite et représentant de la production manufacturière : journal non politique paraissant tous les jours, 27/01/1856, p. 2 (gallica.bnf.fr)

1859

PARIS - "A l'occasion de l'exposition régionale de Rouen, nous lisons dans le Journal de Rouen, un article de M. Méreaux, où ce spirituel et éminent artiste signale comme regrettable l'absence des pianos de Blanchet fils à ce concours des industries de la Seine-Inférieure, Nos lecteurs de Normandie le liront avec intérêt :

Nous, aurions aussi voulu voir la maison Blanchet se joindre aux exposants parisiens.

Les pianos de M. Blanchet appartiennent à une spécialité qui fut, en France, il y a quarante ans, une heureuse importation dont l'honneur appartient au père de cet habile facteur. Le premier dans notre pays, M. Blanchet père, associé à M. Roller, fabriqua des pianos droits, à l'imitation de l'Angleterre, et dont l'usage, devenu bientôt général, opéra dans la facture du piano une révolution qui expulsa des salons le piano carré. M. Blanchet fils a continué l'oeuvre industrielle de son père, et. grâce à son habileté, ses instruments, au milieu de l'immense concurrence que leur vogue même leur a créée, ont conservé leur ancienne et excellente réputation.

D'autre part, le Moniteur nous entretient du remarquable piano que M. Blanchet fils a construit pour le yacht impérial l'Aigle, instrument qui fait l'admiration de tous ceux qui ont pu le voir et l'entendre." Le Ménestrel, 02/10/1859, p. 351 (gallica.bnf.fr)

1862

LONDRES - "M. Blanchet (1,690) vit toujours sur la renommée que son père et M. Roller avaient su attacher à leur maison.

Il y a un grand mérite à ne pas démériter et à soutenir au même niveau cette vieille et grande réputation que la maison Roller et Blanchet avait acquise dans la construction des pianos droits, dont, s'ils ne furent pas les inventeurs, ils furent du moins les premiers propagateurs.

La maison Blanchet occupe toujours une des premières places dans la construction du piano vertical." Douze jours à Londres: voyage d'un mélomane à travers l'Exposition universelle, 1862, Adolphe Le Doulcet Pontécoulant, p. 14

LONDRES - "Le dépôt provisoire de la maison Blanchet fils, boulevard des Italiens, vient d'être réuni à la manufacture de cet excellent fabricant de pianos, les travaux nécessités rue d'Hauteville étant complètement terminés.

- C'est donc à la maison principale de M. Blanchet fils, facteur de l'Empereur, rue d'Hauteville, que les amateurs devront s'adresser désormais pour les divers formats de pianos de salon qui ont mérité la décoration et la médaille de 1re classe à M. Blanchet fils aux Expositions universelles de Paris et de Londres." Le Ménestrel, 18/01/1863, p. 55

 LONDRES - "Ce qui caractérise les instruments de M. Blanchet, c'est de posséder une sonorité agréable et relativement puissante. Son petit piano à cordes obliques est, à ce point de vue, un instrument remarquable.

L'ornementation extérieure des pianos de M. Blanchet sort entièrement des formes vulgaires qui sont malheureusement trop répandues aujourd'hui, et est habilement combinée de façon à donner aux cordes la plus grande longueur possible, tout en conservant à l'instrument une grande légèreté de formes." Rapports des membres de la section française du jury international sur l'ensemble de l'exposition. M. Michel Chevalier, Exposition universelle de Londres de 1862, p. 209

LONDRES - "BLANCHET - ANCIEN OFFICIER DU GENIE; FACTEUR DE PIANOS; CHEVALIER DE LA LEGION D'HONNEUR; ANCIEN MEMRRK DU TRIRUNAL DE COMMERCE DE LA SEINE.

Pierre-Armand-charles Blanchet, né à Paris en 1819, appartient à une famille connue depuis plus d'un siècle dans l'industrie musicale.

Son arrière-grandpère, Pascal Taskin, garde des instruments de la musique du roi Louis XV, fut, en effet, en 1750, le fondateur de sa maison.

A Pascal Taskin succédèrent dans son industrie ses fils et petit-fils, et ce dernier, Armand-François-Nicolas Blanchet, au commencement de ce siècle, apporta des perfectionnements notables à la construction du piano.

Artiste distingué, auquel M. Fétis a consacré un article dans sa Biographie universelle des Musiciens, Armand-François-Mcolas Blanchet fut attaché à la maison de l'Empereur Napoléon I°, et, plus tard, au Conservatoire de musique. Il mourut en 1818.


Le fils de cet éminent facteur, M. Nicolas Blanchet, encore vivant, persévéra dans la carrière suivie par ses ancêtres, et travailla avec ardeur à faire entrer dans une voie nouvelle la fabrication du piano.

En 1826, il était devenu le facteur breveté par S. A. R. Madame la duchesse de Berri, lorsqu'il s'associa aux travaux de M. J. Roller, artiste d'un grand mérite, qui créa le piano droit.

Les deux associés prirent aussitôt un brevet pour s'assurer la libre et unique exploitation de ce nouveau genre de piano. C'est alors que l'envie leur suscita de nombreux ennemis qui allèrent partout répétant que le piano droit n'aurait pas de succès.

L'ardeur de MM. Roller et Blanchet, loin de se ralentir, ne fit que hâter le perfectionnement de leur idée première, et plus tard, après des voyages réitérés en France et à l'étranger, quand ils eurent fait adopter le piano droit dont la forme avait été encore améliorée, alors seulement ils laissèrent le champ libre à la concurrence.

Le succès avait à la fin couronné leurs efforts, et, en industriels intelligents, ils comprirent qu'ils devaient populariser leur ingénieuse

À partir de ce moment, la renommée de MM. Roller et Blanchet grandit avec rapidité. Les déprédateurs du piano droit en devinrent les plus zélés préconiseurs.

Il faut donc le reconnaître aujourd'hui, c'est grâce à l'introduction de cet instrument, dont le prix était devenu plus accessible aux masses, par la généreuse renonciation du droit de brevet de ces habiles facteurs, que la culture de l'art musical s'est plus rapidement répandue.

Ce ne sera pas un de leurs moindres titres à la reconnaissance publique. Ils avaient déjà obtenu la médaille d'argent à l'exposition nationale de l'industrie en 1827.

Les incontestables perfectionnements qu'ils apportèrent à la fabrication du piano droit, leur valut la médaille d'or en 1834 et le rappel de la même récompense en 1839. L'aimée suivante, ils furent nommés facteurs de la reine Marie-Amélie.

Quelques années plus tard, M. Blanchet se relira des affaires et céda sa succession à son fils. Ce dernier avait fait ses études pour la carrière militaire. Sorti de l'École polytechnique, il était devenu souslieutenant du génie.

En vérité, on peut s'étonner qu'à la fleur de l'âge M. Blanchet ait pu abandonner de gaîté de cœur, cette brillante carrière des armes savantes, pour l'existence plus calme de l'industriel et du commerçant.

Nous ne trouvons d'autre motif à cette détermination — qui, assurément, a dû lui coûter quelque peu, — que la crainte qu'il ait eue de voir son père laisser entre des mains étrangères, une maison depuis de longues années placée au premier rang de la facture instrumentale.

Ajoutons, de plus, que c'était une fortune patrimoniale qu'avec raison il ne devait pas laisser péricliter.

La maison Roller et Blanchet fils acquit bientôt une nouvelle source de prospérité, et gagna de réputation par la coopération de ce dernier, qui appliqua à l'industrie des pianos le fruit de ses études scientifiques.

En 1844, la médaille d'or fut accordée à la fabrication de MM. Roller et Blanchet fils, et, en 1849, ces facteurs furent mis hors concours. A l'Exposition universelle de Londres en 1851, ils obtinrent la prize medal.

C'est l'année suivante que M. Roller, pour se livrer exclusivement à la peinture, se retira, laissant à M. Blanchet fils l'entière direction de la maison, qui est aujourd'hui connue sous la raison commerciale Blanchet fils.

Peu après, M. Blanchet fut nommé facteur de LL. MM. l'Empereur et l'Impératrice. Arriva l'Exposition universelle de Paris, en 1855; ce facteur avait lui-même introduit de nombreux perfectionnements dans son industrie.

Ses pianos droits, comparés à ceux de toutes les nations, furent jugés (le nom caché); et, après une classification minutieuse, furent placés au premier rang. Ce succès lui valut d'être nommé chevalier de la Légion d'honneur à la suite de cette Exposition.

Il n'entre pas dans notre cadre de nous étendre sur les qualités qui distinguent la fabrication des pianos de ce facteur, car nous craindrions de devenir fastidieux par des détails techniques.

Aussi, nous dirons en peu de mots que les instruments de M. Blanchet fds sont remarquables par la puissance et le charme du son, la docilité du clavier, la solidité de la construction, qualités qui répondent aux exigences complètes de l'art du pianiste, et qui constituent le véritable piano d'art.

Ajoutons enfin que la précision avec laquelle les pianos de M. Blanchet fils sont construits, permet de leur appliquer le procédé de la transposition, au moyen duquel on peut instantanément les changer de ton par un simple tour de clef.

Dernier avantage que nous devons mentionner, c'est que les pianos de cet habile facteur réunissent deux qualités essentielles : celle de pouvoir être réglés par la main la moins exercée, et celle de ne subir aucune altération quel que soit le climat où ils sont placés.

Un spécimen de sa fabrication a été exposé à Londres cette année (1862) ; et, de l'avis unanime des amateurs et des artistes, son grand modèle de piano droit a la puissance d'un piano à queue.

Après une notoriété aussi bien établie, M. Blanchet n'avait d'autre ambition à envier, que celle d'être l'élu des notables commerçants, comme membre du Tribunal de commerce. Il a été appelé à ces honorables fonctions aux élections de 1858, et a accompli, avec distinction, les deux années de judicature, durée ordinaire de la charge consulaire.

Nul doute que de nouvelles distinctions ne s'ajoutent à celles que comporte déjà cette carrière si bien remplie par un esprit qui a pu s'appliquer, successivement, aux sciences, aux arts et à l'étude de la juridiction commerciale." Galerie historique et critique du dix-neuvième siècle, 1865, p. 107-112

LONDRES - "BLANCHET fils (de l'ancienne maison Roller et Blanchet fils), facteur de l'Empereur, due d'Hauteville, 26, à Paris. La fondation de cette maison remonte à 1750 ; elle est due à Pascal Taskin, garde des instruments de la musique du roi Louis XV.

Pendant plus d'un siècle, elle jouit, à juste tire, d'une haute réputation, et obtient successivement toutes les récompenses réservées à l'industrie musicale.

La médaille d'or fut décernée à l'Exposition de 1844.

La croix de la Légion d'honneur fut accordée à Roller, alors associé de Blanchet fils et inventeur du piano droit.

La prize-medal fut le prix de la supérité de cette manufacture à l'Exposition universelle de Londres, en 1851.

Blanchet fils, ancien élève de l'École polytechnique, arrière-petit-fils de Pascal Taskin, héritier de plusieurs générations de facteurs, persévéra dans la carrière de ses pères ; il appliqua le fruit de ses études scientifiques à son industrie, et les nombreux perfectionnements qu'il l' apporta lui valurent une distinction hors ligne à l'Exposition universelle de Paris, en 1855 : il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur.

Les qualités qui distinguerent les instuments de Blanchet fils sont la puissance et le charme du son, la docilité du clavier, la solidité de la construction, qualités qui répondent aux exigences complexes de l'art du pianiste et qui constituent le véritable piano d'art.

Ces résultats sont dus à de sérieuses études sur les tables d'harmonie, à de nombreuses expériences sur la force et l'élasticité des cordes et à d'ingénieuses innovations apportées dans le mécanisme.

Enfin la précision avec laquelle ces pianos sont contstruits permet de leur appliquer le procédé de la transposition, au moyen duquel on peut instantément les changer de ton par un simple tour de clef.

Indépendamment de ces avantages, les pianos de Blanchet fils réunissent deux qualités essentielles, celle de pouvoir être réglés par la main la moins exercée et celle de ne subit auxune altération, quel que soit le climat où ils sont placés.

Nul doute que l'Exposition universelle de Londres ne donne une fois de plus l'occasion de ratifier la haute supériorité de la maison Blanchet fils, à laquelle on doit la création du piano droit et l'impulsion imprimée à l'art lui-même par la facilité des moyens de le cultiver." Exposition Universelle de 1862 à Londres, section française. Catalogue Officiel, 1862 et Section française. Catalogue officiel, International exhibition, 1862, p. 111

LONDRES - "Dans la catégorie des pianos droits se présente en première ligne le piano-buffet à cordes obliques, instrument dont l’existence primitive est due au talent de Roller, qui les produisit à l’exposition de Paris, en 1827.

J'en donnai alors la description didactique (Renne musicale, t. n, p. 85 et suivantes). Le but de l’inventeur avait été de donner au piano' droit une sonorité dans la basse qui manqué aux pianos à cordes verticales, parce que ces cordes n’ont pas dans ceux-ci la longueur nécessaire.

Par l'oblicité, Roller a conquis cette longueur et a donné à son instrument une égalité qui, quoi qu’on fasse, manquera toujours au piano droit à cordes verticales.

Au fond, le piano droit à cordes obliques est l’ancien piano carré posé sur le champ, avec un mécanisme de piano vertical, d’un système particulier. Roller, alors associé de Blanchet, obtint un très-grand succès par la vente de ses instruments.

Après une carrière bien remplie, il s’est retiré pour jouir du repos avec l’indépendance acquise par ses travaux. Resté seul à la tête de la maison, M. Blanchet fils a continué avec succès la fabrication des pianos obliques.

A l’exposition universelle de 1855, il avait placé un de ces instruments, dont le format était très-petit, et dont la sonorité pure, claire, argentine, fixa l’attention du jury et valut à son auteur une médaille de première classe.

Un piano de même dimension et un autre plus grand ont été mis à l’exposition internationale par M. Blanchet.

Le premier a eu le même succès que celui de 1855 près de ceux qui l’ont joué ou entendu. Son mécanisme est modifié et perfectionné par un épaulement placé au bas du levier du marteau, avec un plan incliné derrière ce marteau pour rendre la répétition plus facile." Le Guide Musical, 31/07/1862, p. 91

LONDRES - "MANUFACTURE DE PIANOS - DE BLANCHET FILS DE LA MAISON BOLLER ET BLANCHET FILS - Rue d'Hauteville, 26, à Paris.

Cette Maison a été fondée en 1750 par Pascal Taskin, bisaïeul de M. Blanchet fils qui a perpétué la supériorité de la fabrication de ses ancêtres, en obtenant la médaille d'or en 4844.

La prize medal à Londres, 1851. et la décoration de la Légion d'honneur à l'Exposition universelle de Paris, 1855.

Les qualités qui distinguent les instruments dus à cette manufacture sont : la puissance et la douceur du son; la facilité et la docilité du clavier, enfin la solidité de la construction qui permet leur transport et leur séjour dans quelque climat que ce soit sans subir d'altération.

« Pour l'excellence de ses pianos, combinés de façon à réunir dans de petites dimensions, puissance et belle qualité de son. »

Après un tel éloge, toute autre démonstration serait superflue." Annuaire spécial des artistes musiciens, 1863, p. 256 (gallica.bnf.fr)

LONDRES - "M. Blanchet FILS of Paris (1690), exhibits three uprights, one transposing, and another giving a good tone With a very small size. M. Blanchet has a Medal." Reports by the Juries on the subjects in the thirty-six classes into which ..., 1862, p. 149

1867

PARIS - "BLANCHET (Pierre-Armand-Charles), né en 1819, fabricant de pianos, rue d'Hauteville, 26, 10e arrondissement. Médaille d'or 1844 de prix à Londres en 1851; première classe à l'Exposition universelle de Paris, 1855.

Ancien juge suppléant au tribunal de commerce, membre du jury d'admission à l'Exposition universelle de 1867." Exposition universelle de 1867 : Rapports du jury international, Volume 2, Michel Chevalier

PARIS - "M. BLANCHET Fils (Paris). - En entrant dans la galerie par la rue de Paris si nous franchissons les instruments de M. Gaveau et ceux de M. Kriegelstein, vers lesquels nous reviendrons plus tard, nons nous trouvons devant le tout petit emplacement octroyé à M. Blanchet fils.

Ce nom est bien connu des facteurs, car c'est celui d'une des plus anciennes maisons ; son origine se perd, pour ainsi dire, dans la nuit des temps (1750). Nous rappellerons seulement qu'elle descend, par les femmes, de Pascal Taskins qui, en 1777, était déjà maître juré comptable de la corporation des fabricants d'instruments.

Ce fut à lui que Balbatre, organiste de Louis XVI, dit, en le voyant sortir du salon du roi, où il avait fait entendre le premier piano construit par lui :

« Vous avez beau faire, mon ami, jamais ce nouveau venu ne détrônera le majestueux clavecin. »

Les anciens instruments de Roller et Blanchet ont toujours joui d'une grande el belle réputation, examinons donc avec impartialité les instruments exposés par M. Blanchet fils, aujourd'hui à la tête de cette maison, sans nous laisser impressionner en aucune façon par le souvenir du père et l'amitié que nous lui portions.

Les quatre pianos exposés sont de quatre formats différents: tous nous présentent quelques parties entièrement nouvelles. Ainsi le premier se fait remarquer par le calibre de tablage, le second par sa dimension, le troisième par son mécanisme, le quatrième enfin par son utilité professionnelle.

Cet instrument au tablage nouveau est bon, excellent. Dire qu'il est meilleur qu'un autre est impossible, du moment que nous n'avons pas un point de comparaison, et c'est sur ce défaut de comparaison que je me permettrai de chercher noise à la Commission d'examen.

Pourquoi n'a pas exigé un concours public? La facture européenne se trouve aujourd'hui en face de l'ennemi ; cet ennemi, il faut bien le reconnaître, c'est la facture américaine. On lui décerne d'emblée les premières récompenses.

Pourquoi? A-t-on comparé a-t-on fait concourir les pianos anglais, français, autrichiens, allemands, etc., etc., avec les instruments américains des Etats-Unis ?

Comment ! pas un jouteur ne s'est présenté! Ainsi, vous, chefs des premières manufactures européennes, vous laisserez partir les Américains sans que nul d'entrevousaiteu le courage derelever le gant que l'on vous a jeté. C'est à n'y pas croire ! Oh !

Pierre Érard, où es-tu ? Ce n'est pas toi qui eusses reculé devant les antagonistes américains! Dans ton linceul de pierre, tu dois tressaillir de honte, de la faiblesse des maîtres de la facture du vieux monde, qui semblent s'avouer vaincus sans avoir même combattu.

Je suis certain que si l'on avait fait concourir les pianos droits avec les pianos similaires trans-atlantiques, les pianos européens eussent en le dessus, et, parmi les vainqueurs dans cette lutte, les pianos français eussent occupé le premier rang.

J'ose même affirmer que le piano droit, grand modèle, exposé par M. Blanchet, se serait fait apprécier non-seulement par sa sonorité, mais aussi par son mécanisme, qui, grâce à une ingénieuse addition, rend la répétition facile et parfaite.

Voici maintenant le plus petit des pianos de l'Exposition : il n'a que quatre-vingt-quatre centimètres de hauteur, et cependant, dans ce petit volume, quelle puissance de sonorité, quel charme !

Le prince Oscar de Suède, frappé de la petitesse de l'instrument, l'a longtemps essayé : il a paru ravi, et il a adressé devant moi mille compliments au représentant du facteur.

Mais i! n'y a rien d'étonnant chez ce facteur dans cette supériorité de construction du piano droit, car on doit se rappeler que ce fut Blanchet père qui, en 1827, créa le premier piano droit à cordes obliques. Depuis cette époque, Blanchet, qui s'était associé Roller ne cessa de perfectionner l'instrument dans toutes ses parties, et Blanchet fils a dignement continué l'œuvre de ses devanciers.

Le dernier instrument exposé par M. Blanchet fils est un instrument que l'on eût dû faire figurer dans la classe consacrée à l'instruction publique, car c'est un véritable piano à démonstration.

L'instrument se démonte de manière à mettre en évidence la fabrication dans ses principales phases.

La façon dont s'exécutent les diverses transformations est surtout fort intéressante: Toutes les parties se divisent, comme le docteur Auzoux sépare les différentes pièces de ses sujets dans les démonstrations d'anatomie plastique.

Chose admirable! c'est la précision avec laquelle se font tous les emboîtements. Ce modèle est exécuté pour l'école normale de Cluny; nous félicitons les élèves, car il simplifiera beaucoup les explications de leurs professeurs de technologie instrumentale, et éveillera en eux le désir de faire progresser l'art.

C'est à tort que l'on prétend le piano arrivé à son apogée, il y a encore des améliorations à introduire dans sa construction. Mais l'Europe, après avoir poussé l'art de la construction du piano à queue au point où il se trouvait il y a quinze ans, n'a plus cherché à faire mieux; elle semblait fatiguée, l'Amérique a repris le fardeau et l'a élevé.

Maintenant remettons-nous à l'œuvre; modifions, perfectionnons : Souvenons-nous que dans les arts, qui s'arrête, recule.

M. Blanchet fils ne s'est pas arrêté dans la facture du piano droit, et on pourrait même lui reprocher d'être trop recherché dans sa fabrication exceptionnelle, car on peut dire de ses instruments, que ce sont des pianos d'art, comme on dit des bronzes d'art.

La maison Blanchet obtint à toutes les expositions où elle figura une des principales récompenses :

— 1834, médaille d'or ;

— 1839, rappel de médaille d'or;

— 1844, rappel de médaille d'or ;

— 1851, (à Londres où il ne fut pas distribué de médailles de 1° classe), médaille de 2e classe;

— 1855, médaille de 1° classe ;

— 1862 (à Londres), le prize médal, avec cette mention : Excellence de la facture des pianos de petite dimension, joignant la puissance à la bonne sonorité.

Et 1867, une médaille d'argent est venu récompenser ses travaux.

Des récompenses plus précieuses encore vinrent s'ajouter à celles que nous venons de citer. M. Roller, un des chefs de la maison, reçut la plus ambitionnée des récompenses, l'ordre de la Légion d'honneur, et M. Blanchet fils, ancien élève de l'École polytechnique, aujourd'hui à la tête de cet établissement, obtint plus tard la même distinction." La musique à l'Exposition universelle de 1867, Louis-Adolphe le Doulcet Pontécoulant, p. 23-26

PARIS - "I think a word of notice should be accorded to a miniature sized piano which has been exhibited by M. Blanchet, and is specially designed for use on board steam-boats, or for other positions where the space at disposal may necessarily be limited.

Having regard to its size, this little instrument is remarkable. Its price is 1,400 f." Reports on the Paris Universal Exhibition, 1867, Volume 2, p. 198

PARIS - "On lit dans la Patrie du 7 courant :« Le Jury de l'Exposition universelle, ayant réservé ses faveurs aux pianos à queues [sic] étrangers, n'a pas accordé de médaille d'or aux pianos français; mais la médaille d'argent attribuée à Blanchet fils, (successeur de Rotter [sic] et Blanchet), et celles données à deux de ses ouvriers, confirment pleinement la supériorité des pianos droits français et particulièrement ceux de cette maison, sur les instruments similaires de toutes les nations rivales." Journal du Loiret, 27/11/1867, p. 3 (Aurelia.Orléans.fr)

PARIS - "L’exposition de 1867 fut la dernière à laquelle participa Blanchet fils.

Il y présenta quatre instruments remarquables à divers titres; le premier, par son nouveau tablage, le deuxième, par sa petite dimension 80 centimètres de hauteur seulement qui n’excluait pas la beauté et la puissance de sonorité; le troisième par son mécanisme, et le quatrième, par la construction spéciale à emboîtements permettant de le démonter comme les pièces d’anatomie servant à la démonstration; il était destiné à l’école normale de Cluny.

Blanchet fils fut décoré de la Légion d’honneur le 14 novembre 1855." Les facteurs d'instruments de musique: les luthiers et la facture instrumentale : précis historique, Constant Pierre, E. Sagot, 1893

PARIS - "Pianoforti verticali. - [...] Stanno in prima linea i verticali di Hüni-Hübner, e di Blanchet; quest'ultima aveva tre verticali, dei quali uno bassissimo, anzi il più basso di tutta l'esposizione." Il Pianoforte, guida pratica per costruttori, accordatori, etc., Sievers, 1868, p. 226

Pour les références voyez la page
pianos français 1850 - 1874


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A l'Exposition de Londres, 1862, un jury composé d'hommes les plus compétents, s'est exprimé en ces termes à propos de la médaille décernée à M. Blanchet :