home |
Facteurs de pianos en France
ALEXANDRE Père
& Fils
à Paris
(°1829)
![]()

![]()
MM. ALEXANDRE, PÈRE ET FILS,
Le génie nous a montré ses chefs-d'œuvre le travail ses fruits, multiples, variés à l'infini, diversement utiles, mais s'harmonisant tous dans leur imprévu et leur nouveauté, car ils ont une source commune, tendent vers un même but, semblables à ces fleuves rapides qui se sont formés goutte à goutte et vont ensuite, dans leur marche irrésistible, répandre la fertilité et l'abondance dans les contrées les plus lointaines. L'industrie s'est ouvert, de nos jours, une voie large, universelle et féconde, d'où ressortent pour les siècles futurs de nouveaux éléments de bien-être, de progrès et de civilisation. Les arts aussi, flambeau de la vie intellectuelle, ont payé leur tribut à l'Exposition de 1855, et sont venus mêler leurs brillants produits à ceux de la science et du labeur, noble alliance qui fait rêver à un avenir de paix, même au milieu de la tourmente.
Parmi les mille créations dues à notre siècle et accumulées dans l'enceinte du Palais de l'Industrie, les artistes, les amis du progrès, ont admiré avec une vive sympathie un instrument qui est à lui seul le résumé de l'histoire de l'art musical à notre époque : c'est L'ORGUE EXPRESSIF ou MÉLODIUM. Chacun a pu entendre les sons mélodieux, purs et complexes de cet instrument unique; mais il est peu de personnes qui sachent quels efforts d'intelligence, de travail, de persévérance, il a fallu accomplir pour arriver à donner à l'art musical un interprète aussi parfait, et qui en est comme la personnification moderne. Citer cet instrument, c'est parler d'un nom célèbre dans le monde artistique, celui de MM. Alexandre, père et fils. La maison Alexandre, considérée sous le point de vue matériel, s'est acquis une importance qui la place au premier rang, ou plutôt lui donne un rang unique pour la fabrication du noble instrument artistique, qui est l'œuvre de ces habiles facteurs. Cette appréciation est le résumé d'une superbe notice que M. Adam, de l'Institut, vient de consacrer aux beaux et utiles travaux de MM. Alexandre, père et fils. Cette maison fut fondée en 1829, rue Meslay, et transportée, plus tard, boulevart Bonne-Nouvelle, 10, à cause de l'immense extension de ses affaires, qui s'élèvent aujourd'hui au chiffre de 1,500,000 francs par an. Ses magasins d'exposition sont de vastes entrepôts, qui contiennent, depuis l'Orgue à un jeu jusqu'au Piano-Liszt, pour plus de 500,000 francs d'instruments prêts à être livrés. Quatre cents ouvriers sont constamment occupés dans les ateliers de ce magnifique établissement, qui fait vivre un nombre considérable de familles. Pour donner au commerce de leur maison tout le développement possible, MM. Alexandre, père et fils, n'ont reculé devant aucun sacrifice : des dépôts ont été établis à grands frais dans toutes les parties du monde, et de riches magasins, confiés à des correspondants, offrent aux artistes et aux amateurs le moyen d'apprécier et de se procurer l'instrument nouveau, qui est presque aujourd'hui l'instrument universel, car il est peu d'églises ou de chapelles, d'établissements publics, d'hôtels, de bateaux à vapeur et de salons, qui ne possèdent un ORGUE-MÉLODIUM. De plus, MM. Alexandre, père et fils. ont eu la bonne et généreuse pensée de confier aux principaux virtuoses, tant en France qu'à l'étranger, plus de cent cinquante Mélodiums, afin que ces maîtres de l'art puissent étudier les ressources si variées de l'orgue expressif, et donner une grande impulsion à sa propagation. Enfin, pour que l'œuvre d'encouragement soit complète, MM. Alexandre achètent et publient les morceaux écrits pour leurs instruments. Nous ne saurions trop louer ce dévouement, qui révèle chez ces facteurs d'élite un amour éclairé de l'art, et la conscience d'avoir réalisé victorieusement une œuvre importante et pleine d'avenir. Les compositeurs sont les maîtres de l'art musical; ils ont le sentiment, l'inspiration; l'exécutant traduit, interprète cette pensée qui jaillit comme une étincelle, et il le fait d'autant mieux qu'il possède, lui aussi, le sentiment de l'art. Mais, pour prendre un libre essor, le génie musical a besoin d'un instrument qui soit le fidèle interprète du sentiment ou de la science; il faut que l'artiste puisse reproduire toutes les mélodies, tous les effets qu'il a sentis et devinés; et, nous le proclamons hautement, le Mélodium est l'instrument par excellence; il reproduit les nuances les plus variées, les mouvements les plus rapides, comme les sons les plus larges, et peut remplacer tout un orchestre, car il réunit plusieurs instruments en un seul. Enfin, le Mélodium offre aux exécutants la facilité du clavier; solution si importante et si difficile à obtenir. Les inventions les plus utiles et les plus précieuses ont eu généralement leur enfance; le plus souvent le germe s'en développe lentement, et il faut souvent de longues années, un travail patient, pour que la pensée devienne réalisable et puisse s'exploiter utilement. Les résultats satisfaisants ne s'obtiennent qu'au moyen d'additions, de perfectionnements apportés peu à peu. Pour trouver les premiers éléments constitutifs de l'Orgue expressif, on doit remonter à 1810. Vers cette époque, M. Grenié, amateur de mérite, inventa un petit orgue, au moyen duquel on pouvait obtenir l'expression, ce qui avait été vainement tenté jusqu'alors pour le grand orgue. L'Institut fit un rapport favorable sur cet essai, qui était déjà un pas immense ; mais que de chemin il restait à faire pour accomplir l'œuvre parfaite que nous devons à MM. Alexandre, père et fils ! Le système de M. Grenié avorta en quelque sorte : les difficultés d'exécution empêchèrent les artistes de s'y dévouer, et l'anche libre, qui fut la base de l'orgue expressif de M. Grenié, ne devint aussi la base de l'Orgue-Mélodium qu'après avoir subi bien des vicissitudes et des applications indignes. L'anche libre donna naissance à un petit instrument qui eut une vogue populaire; ce fut l'harmonica qui devint, plus tard, accordéon. Mais une vogue commerciale ne pouvait pas satisfaire un homme de talent et d'intelligence comme M. Alexandre père; il perfectionna l'accordéon, y apporta d'heureuses innovations, l'éleva peu à peu jusqu'à sa forme originaire longtemps perdue et méconnue, et lui rendit son nom plus vrai d'Orgue expressif. Pour M. Alexandre fils, encore enfant, ce résultat ne suffisait pas; son génie inventif rêvait déjà les perfectionnements qu'il a réalisés. Juste appréciateur de ce qui avait été fait, il ne chercha point à entrer dans une voie entièrement nouvelle, dont il n'eût fait sortir qu'une ébauche, ainsi qu'il arrive pour toutes les inventions naissantes. M. Alexandre fils voulait arriver à la perfection : il y arriva. Il commença par étudier avec ardeur les procédés employés, et rendit excellent ce qui était médiocre. MM. Alexandre, père et fils, expérimentèrent les découvertes nouvelles, perfectionnèrent les timbres, et adoptèrent l'ingénieux procédé dû à un facteur habile, qui consistait dans l'application des registres de l'orgue d'église à l'orgue à anche libre. L'orgue expressif, doué de plusieurs jeux, parlant ensemble ou séparément sur le clavier, devint, dès lors, l'objet de l'attention et des sympathies du pu- blic artistique. Sa fabrication prit une extension considérable. Cependant la tâche de MM. Alexandre, père et fils, n'était pas remplie : le siège de leur maison fut transféré boulevart Bonne-Nouvelle, comme nous l'avons dit plus haut, et ils continuèrent l'œuvre de perfectionnement. Les sons trop lents de l'orgue à anche libre rendaient l'exécution des mouvements rapides impraticables ; MM. Alexandre appliquèrent le système de percussion au Mélodium, et le domaine de cet instrument ne connut plus de limites. L'expression à la main et le prolongement des sons rendent le Mélodium un instrument parfait, et permettent de reproduire sur un-seul instrument des effets qu'il semblait impossible d'obtenir sans le concours de plusieurs. MM. Alexandre père et fils, après avoir obtenu de si brillants résultats pour l'Orgue-Mélodium, ont procuré au piano un avantage immense, le prolongement des sons. On ne saurait prévoir toutes les ressources que les artistes sauront trouver dans ce nouveau moyen. Le célèbre Liszt en fut émerveillé ; il désiraposséder un instrument qui fût à la hauteur de son génie et de son talent d'exécution, et bientôt on put admirer, dans les salons de. MM. Alexandre, ce chef-d'œuvre auquel ils ont donné le nom du grand artiste. Le PIANO-LISZT est le résumé de tous les perfectionnements accomplispar MM. Alexandre, qui ont choisi, pour appliquer leurs inventions, un piano d'Érard. Le Piano-Liszt est et restera le principe de deux grandes innovations : le piano à vibrations prolongées et le Piano-Mélodium. Le PIANO-MÉLODIUM à deux claviers : le clavier supérieur pour le piano, et le clavier inférieur pour l'orgue. Le piano reste dans ses conditions d'indépendance complète, conservant toute son individualité. En un mot, dit M. A. Frélon, qui s'est chargé de décrire, spontanément et avec talent, toutes les découvertes de MM. Alexandre, père et fils, le Piano-Mélodium est composé de deux instruments complets, que l'exécutant peut faire parler séparément ou simultanément, et qui, en se prêtant leurs qualités individuelles, se complètent admirablement. Disons, pour terminer, que MM. Alexandre, père et fils, ont rendu un immense service à l'art musical, et que leurs succès, fruit d'une haute habileté et d'une longue persévérance, les placent désormais au rang des hommes les plus distingués de notre époque. Aussi, la Médaille d'honneur, qu'ils viennent d'obtenir à l'Exposition universelle de 1855, est-elle généralement considérée comme la légitime récompense des beaux travaux de ces facteurs d'élite. N.-M. LE SENNE, Avocat il la Cour d'appel de Paris." Biographie des exposants de 1855, contenant des notices détaillées sur les inventions, les travaux... de ceux qui sont les gloires manufacturières, industrielles, agricoles et artistiques de la France et de l'étrange, 1855, p. 159-168 (gallica.bnf.fr)
Daussoigne-Méhul, dans cette tournée artistique touchera le piano-orgue à triple clavier d'Alexandre. Cet admirable instrument, qui a été fait exprès pour l'habile virtuose, réunit, aux qualités des meilleurs pianos d'Erard, tous les perfectionnemens apportés dans la fabrication des Orgues-Alexandre. Rien ne saurait donner une idée de la puissance, de la diversité, des timbres et des ressources multiples de cette merveille instrumentale. Ce voyage musical est une bonne fortune pour les artistes qui s'intéressent aux progrès et à la transformation de la facture des orgues expressives." La Presse, 07/07/1857, p. 3 (gallica.bnf.fr)
LES ORGUES-ALEXANDRE.
Certes, ce ne seraient pas les éléments qui feraient défaut à cette
œuvre, pour qu'elle eût le caractère multiple qui convient à tout récit
avec lequel on prétend plaire et persuader, être agréable et utile. - Bref, au lieu d'un combat qui finisse faute de combattants, c'est une marche triomphale dans laquelle se confondent et s'unissent tous les rivaux, d,'autant plus fiers et plus heureux que personne n'a subi l'humiliation de la défaite. Harmonistes et mélodistes, ceux qui ont la science et ceux qui ont le sentiment, tous s'assemblent dans l'immense, concert où chacun fait sa partie, aux applaudissements universels. Mais cette histoire, si complète qu'on la fît, ne laisserait-elle pas une lacune regrettable», si l'on se contentait de mentionner ceuxdont la pensée a charmé, le monde sans tenir compte de ceux qui ont quelquefois agrandi cette pensée en l'interprétant et de ceux qui souvent ont fourni les moyens de la faire éclore?
Ne sera-t-il pas juste, à côté des compositeurs, de faire marcher les
exécutants? Et ne devra-t-on pas, auprès de ceux-ci, placer les habiles
facteurs a qui ils doivent tant? Et, si nous inscrivons sur la même
bannière les noms de Beethoven et de Rossini, do Thalberg et de Liszt,
ne faut-il pas aussi y faire figurer ceux d'Erard et de Pleyel ? C'est d'abord un joujou, un instrument agaçant" narquois, taquin entre les lèvres du gamin de Paris. puis soudain, que dis-je, soudain! c'est au contraire à force d'énergique persévérance et de patiente observation qu'il devient le porte-voix de l'hymne à Dieu, un admirable orchestre sous les mains de l'artiste : frère cadet de la guimbarde, il quitte la fête du village pour s'implanter au salon et au temple, il se transforme en frère jumeau de l'orgue d'église.
Il y aurait tout un poëme à écrire la-dessus; mais je ne suis pas un
Homère et je ne ferai pas ce poëme. Sans essayer d'écrire cette vaste
histoire à la-quelle il faudrait vouer autre chose que l'activité
partagée d'une vie trop occupée ailleurs, j'essaierai de donner un
aperçu de l'histoire de l'art musical à notre époque, en faisant la
monographie d'un instrument; cet instrument, ce sera l'orgue expressif,
le Mélodium. Il faut que ce soit un instrument à clavier, un orgue, et qu'il nuisse maédier à la monotonie qu'il produirait, réduit a de petites proportions, autrement que par la multiplicité des claviers et des registres ; il faut qu'il soit l'expression vraie du sentiment de l'artiste; il faut que son emploi soit facile, populaire, universel; il faut qu'il ait aidé a la diffusion de l'art, en le mettant a la portée de tous.
Il faut enfin que ce soit non-seulement un instrument d'harmonie; il
faut encore et surtout qu'il se prête à la mélodie, en se rapprochant du
type éternel et parfait de tout instrument de musique : la voix humaine.
L'harmonica, devenu accordéon, s'éleva peu à peu sous les noms de
concertina et d'organino jusqu'à sa forme typique, perdue assez
longtemps et [ méconnue sous son nom originaire j et pourtant plus vrai
d'Orgue expressif. Il faut tenir compte de ce qui existe; c'est a cette condition que les travaux des générations antérieures profitent aux générations qui les suivent. L'artiste industriel qui voudrait créer de lui-même, sans étudier ce qu'on a produit avant lui, se préparerait un travail herculéen, puisqu'il devrait tout reconstruire par la force de sa pensée.
Il s'exposerait aussi a de singuliers mécomptes; il userait son génie à
vouloir deviner ce qui lui était si facile d'apprendre par l'étude, et
il risquerait de n'inventer que ce qui aurait déjà été inventé; le tout
pour avoir méconnu la vérité proclamée par
Brid'Oison : « On
est toujours le fils de quelqu'un !! »
Les marteaux, au lieu d'attaquer une corde, iraient frapper sur la
languette, la feraient parler instantanément, et le vent précédé
continuerait le son. Ce système fut nommé par son auteur : PERCUSSION. C'était certes une ambition avouable ; mais elle n'était pas à la hauteur des désirs de MM. ALEXANDRE père et fils. Ces habiles facteurs voulurent non-seulement faire progresser un art dont ils étaient les fervents promoteurs, mais encore ils ne recalèrent devant aucun sacrifice, pour qu'aucune maison ne pût l'emporter sur la leur.
Ils firent donc tout pour pouvoir réunir à leurs propres
perfectionnements ceux que les autres apportaient à l'instrument, et ce
résultat fut tel, que bientôt tous les artistes s'enviaient et se
disputaient la satisfaction de conscience de faire valoir ceux qui
sortaient de leurs ateliers.
Ainsi, l'on trouve souvent dans une partition la disposition suivante:
les altos, les cors, les bassous et quelquefois les clarinettes
pratiquent des tenues dans l'étendue de plusieurs octaves, pendant que
des mélodies ou des dessins parcourent toute l'échelle des sons, passent
par dessus les notes tenues, qui se bornent
Avant ce progrès réalisé, celui qui aurait proposé d'obtenir un résultat
analogue sur un seul instrument et avec un seul exécutant, aurait pu
être accusé de formuler une proposition insensée.
Cependant, malgré tous les services que rendait le piano, il n'est pas
un artiste qui n'ait regrette qu'il lui manquât la faculté de prolonger
les sons, et de même qu'on disait naguère de l'orgue : il lui manque
l'expression, de même pourrait-on dire du piano, qu'il serait
parfaits'il pouvait prolonger des sons.
Auteur de la meilleure méthode de Melodium qu'on ait encore publiée, M.
FUELON, qui a si bien étudié les perfectionnements et les inventions de
MM. ALEXANDRE, qui possède a un degré si éminent les ressources qu on en
peut tirer, leur payera son tribut de reconnaissance comme artiste et
comme exécutant, en décrivant plus fidèlement et avec plus de soin que
mon temps et peut-être ma capacité ne me permettraient de le faire, tous
les détails qui intéressent un établissement dont le nombre et la
perfection des produits autorisent à placer le nom de ses fondateurs sur
ce sommet où brillent les noms célèbres des ERARD, des PLEYEL et des
BROADWOOD.
1860 ANNEXE-PIANO
Elle a fondé une colonie aux portes de Paris elle donne du travail à plus de mille ouvriers, logés dans cet établissement modèle.
Elle a voulu aussi que Fart profane fat séparé entièrement de i'art religieux les orgues sont pour l'église; pour les salons, pour les bonnêtes loisirs des familles, elle a pris le brevet d'un instrument nouveau, qui est le pendant de l'orgue à cent francs, mais dont l'usage est bien plus universel.
Cet instrument vient d'entrer a peine dana ie commerce; on l'a nommé l'annex-piano parce que les annexions sont a la mode, et parce qu'aucun piano ne peut se passer désormais de ce complément
nécessaire.
Cet annexe-piano est un instrument de forme gracieuse et commode, de 80 centimètres de longueur et de 62 centimètres de hauteur, calculée pour être à la portée de la main droite de toaa les pianistes.
Cest un orgue-mélodium bien plus facile à jouer que l'orgue ordinaire, contenant trois timbres: la flûte,
le hautbois et la voix céleste il a une pédale à l'aide de laquelle le pied droit du pianiste met en mouvement la soufflerie aussi facilement que la pédale du piano; il a
le clavier d'un ptono de trois octaves, avec touches d'ivoire et d'ôbène; on le démonte, on le met dans un étui et on t'emporte comme un violon.
Ainsi, voyez les progrès de l'art et de l'industriel !
Il n'y a pas longtemps que, pour faire l'acquisition d'un piano-orgue, il fallait mettre de
douze à quinze cents francs, ce qat, vous me l'avouerez, était dur pour beaucoup d'artistes.
Impossible pour le plus grand nombre. Aujourd'hui, si vous avez chez vous un piano d'Érard, de Pleyel ou de Herz, neuf ou vieux, en acajou ou en palissandre, un clavecin, voire une épinelte, au moyen de l'annexe-piano, qui ne coûte que 136 francs, vous en faites un instrument qui vous offre les plus grandes ressources.
Votre main gauche accompagne sur le piano; votre droite exécute les plus brillants caprices sur le clavier de l'annexe.
On traduit alternativement les passages les plus difficiles, les modulations les plus ardues, les
inspirations les plus charmantes, tantôt sur un instrument, tantôt sur
l'autre, et on n'a pas besoin pour cela ni de nouveaux exercices, ni d'un long et pénible apprentissage.
Qui joue du piano joue aussi de l'annexe à premiêre vue, et, par une singulière inversion du proverbe, qui peut le moins peut le plus. Enfin vons possèdes un véritable orchestre.
Que de maisons d'une modeste aisance se privent de donner an bal, une sauterie intime, pour ne pas faire la dépense d'un violon médiocre ou d'un aigre cornet à piston.
L'annexe a été créé et mis au monde pour jouer, en perfection, les valses,
les quadrilles et les polkas, où tes rentrées de flûte et de hautbois font merveille.
Vingt musiciens, conduits par Strauss, ne produiraient pas plus d'effet.
Quelques personnes ont paru s'étonner qu'on fasse, pour un si petit instrument, de si grandes annonces.
Mais le mérite ni l'utilité ne se mesurent à la taille, et malgré son volume relativement peu considérable, l'instrument nouveau réalise un immense progrès pour
l'art et d'incalculables résultats pour l'industrie. Il se fait en Europe, rien que sur les pianos, pour
50 millions d'affaires par an.
Supposez que MM. Alexandre père et fils fabriquent seulement 30,000 mille annexes, il s'en vendra pour 4 millions.
Voilà ce qui s'appelle, la fois, démocratiser la musique, la mettre à la portée de tout le monde et s'en faire d'assez beaux revenus. - P.-A.
FIORENTINO. "
La France Musicale, 1860, p. 488 (gallica.bnf.fr).
1861
Par ce système,
les rentiers viagers recevraient un intérêt beaucoup plus élevé que celui
que leur accordent les particuliers qui acceptent des capitaux dans ces
conditions en offrant bonne et valable caution, ou bien encore les
Compagnies d'assurances sur la vie, qui ont généralisé l'usage des rentes
viagères, en entourant ce placement de tous les avantages possibles. [...]"
Extrait d'un article dans
Gazette de
l'industrie et du commerce, 08/09/1861, p. 3-4 (gallica.bnf.fr)
1862
LES ORGUES-MÉLODIUMS DE LA MAISON ALEXANDRE
Dans ce but, ils firent à Ivry l'acquisition d'un
vaste domaine, dont ils conservèrent les constructions et les
plantations seigneuriales : les terres consacrées aux cultures
furent couvertes de bâtiments d'exploitation et d'habitation
réservés aux ouvriers employés dans l'usine.
Quelle que soit l'importance des capitaux
dont elle dispose, et l'étendue du crédit dont elfe jouit dans le
commerce et dans la banque, il doit venir un moment où ses forces
isolées ne suffiraient plus aux nécessités financières d'une
fabrication presque sans limites. Elle s'est donc préoccupée de
trouver, dans la coopération des capitaux réunis, le ressort dont
elle peut avoir besoin. Sur cette garantie, la plus solide de toutes, car elle ne repose sur sien d'éventuel ni d'aléatoire, ils offrent au public 5 millions de rentes viagères, divisibles par lots de 2,000 fr. et plus, dont le taux varie, suivant l'âge du prêteur, de 10 à 15 pour cent par an: de vingt et un à trente-cinq, 10 pour cent, de trente-cinq à quarante-cinq, 12 pour cent, de quarante-cinq à cinquante, 13 pour cent, de cinquante à cinquante-cinq, 14 pour cent, de cinquante-cinq à soixante, 15 pour cent.
Ces rentes ont pour caution une hypothèque assise sur tout ce
qui compose l'actif de la maison Alexandre; de telle sorte que le
gage, dont la valeur représente largement les 5 millions demandés au
crédit public, s'accrott de jour en jour, soit par le développement
des affaires commerciales, soit par l'extinction graduelle des
rentiers.
Si, comme le prouve l'empressement des capitaux à répondre à l'appel
qui leur est adressé, l'idée créatrice de MM. Alexandre père et Fils
obtient le succès qu'elle mérite, nous ne tarderons pas à voir
l'industrie toute nationale dont ils sont les éminents représentants
parvenir à un degré de prospérité sans exemple dans les fastes du
commerce français (1).
Un musicien inspiré trouve dans le piano Listz
[sic],
dont Listz [sic]
joue admirablement, tous les éléments nécessaires à la manifestation de
son génie."
La
musique, les musiciens et les instruments de musique chez les différents
peuples du monde, Oscar Comettant, 1869, p. 694 (gallica.bnf.fr)
1890
MARQUES DÉPOSÉES
ALEXANDRE
Cliquer sur le lien ci-dessus
Pour les références voyez la page
|