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STAUB
à Nancy (°1848)


1850 - 1933

1850

TOULOUSE - "Celui de M. Staub Warneck, de Nancy, renferme d'un mécanisme parfait et une double table d'harmonie qui doit augmenter la sonorité du piano. La facture est faite avec soin et talent." Journal de Toulouse, 17/09/1850  - Voir WARNECKE.

TOULOUSE - "Staub-Warnecke, facteur de pianos, à Nancy, représenté par M. Meissonnier, à Toulouse.
422. Piano à double table d'harmonie. [A]
423. Piano à cordes demi-obliques. [A]" Exposition de Produits de Beaux-Arts et de l'Industrie, Toulouse, 1850, p. 76

TOULOUSE - "M. STAUB-WARNECKE, facteur de pianos, à Nancy, A exposé deux pianos dont l'un possède un mécanisme parfait et une double table d'harmonie qui donne au son une grande puissance.

Les soins et le talent qui ont présidé à la facture de ce piano ont été jugés dignes d'une récompense.

Le jury accorde à M. Staub-Warnecke une médaille d'argent." Exposition des Beaux-Arts et de l'Industrie à Toulouse dans les galeries du musée : Année 1850, p. 182-183

 

1862

METZ - "Un autre facteur de Nancy, M. Staub, a également exposé des pianos. Nous avouons, à notre grand regret, n'avoir pas visité ses ateliers.

Notre excuse est dans ce fait que M. Staub vient de s'installer dans une grande maison, au coin du faubourg Stanislas et de la route de Toul.

C'est une fondation qui a des proportions très vastes.

Nous aurions craint de commettre une indiscrétion en nous présentant au milieu des embarras toujours nombreux d'un emménagement. Nous serons heureux de prendre notre revanche." Nancy à l'Exposition de Metz, 1862, p. 427 (Gallica)

 

1878

PARIS - "STAUB. - France. - Pianos droits fabriqués de toutes pièces, à double échappement. Ce facteur, qui s’inspire de Woelfel, cherche à innover." Chouquet, Rapport sur les instruments de musiques à l'exposition universelle de 1878

PARIS - "Manufacture de Pianos - J. STAUB, à Nancy - Maison à PARIS — 9, rue Caumartin, 9, si l'industrie des pianos a pris depuis quelque temps en France un accroissement aussi considérable, il faut en savoir gré à un certain nombre d'industriels, qui s'étant adonnés sérieusement à ce genre de fabrication, ont réalisé dans la facture de ces instruments des progrès tels que tout ce qui porte leur marque est considéré comme réellement supérieur et s'achète en toute sécurité.

En tête de ce mouvement, il faut placer M. J. STAUB, dont les succès sont d'autant plus remarquables que, bien différent des maisons qui déjà connues, pouvaient travailler hardiment grâce à Jours capitaux considérables et à leur situation prépondérants, il débuta seul, sans ressources, et ne dut qu'à lui-même la hante position qu'il parvint à acquérir.

S'adjoignant d'années en années des ouvriers choisis, augmentant et perfectionnant graduellement son outillage, la supériorité constante de ses produits lui valut bientôt une place des plus honorables dans la facture.

Depuis la fondation de la maison, plus de 10,000 instruments sont sortis des ateliers et la production depuis quelques années, surtout, ne fait que s'accroître dans des proportions considérables.

Les éloges et les encouragements reçus de tous côtés Tiennent du reste prouver que'la quantité n'exclut pas la qualité. La fabrique telle qu'elle est aujourd'hui, occupe une superficié de 2,500 mètres carrés, dont les deux tiers en ateliers, et le reste en chantiers de bois, halliers et magasins, etc., etc.

De patientes études et des recherches incessantes permirent à M. J. Staub de créer et d'appliquer dès 1854, un nouveau barrage enfer, destiné à éviter en séparation des cordes, et représentant une parfaite liaison sans courbures entre les deux parties d'attache.

Non content de ce perfectionnement qui augmenta sensiblement la vogue dont jouissait déjà sa maison, M. J. Staub, créa en 1859, une mécanique avec échappement à équerre, un nouveau système de lames d'étouffoirs, et un genre de pédale progressive pianissimo à bascule remplaçant la céleste; cette pédale présente cet avantage énorme, qu'elle facilite à l'exécutant la progression des sons, depuis le son naturel jusqu'au pianissimo et n'a pas l'inconvénient de dénaturer le timbre de l'instrument.

Sans s'arrêter dans cette voie qu'il parcourait avec tant de succès, M. J. Staub créa encore et appliqua en 1860, une mécanique à double échappement pour pianos droits, mécanique à laquelle il fit plus tard subir d'importants perfectionnements; en 1875, il lit encore parai treune mécanique simple à répétition, et tout récemment un nouveau piano droit demi oblique à cordage renversé.

Edifier une pareille maison et ensuite la diriger, ne sont pas travaux de peu d'importance, aussi M. J. Staub, avec les améliorations qu'il ne cessait d'apporter à sa fabrication, ne figura-t-il point aux expositions aussi souvent qu'il l'eut désiré.

Cependant chaque exposition marquée par un nouveau succès l'engageait à le faire. La maison a ainsi obtenu des médailles d'honneur d'or et d'argent à Toulouse, Angers, Paris, Bayonne, Metz, etc., et a été plusieurs fois couronnée par l'Académie nationale.

La solidité exceptionnelle de cette fabrication, qui grâce à son genre de barrage en fer peut supporter toutes les températures sans être le moins du monde incommodée, se recommande particulière ment pour l'exportation, aussi M. J. Staub, voit-il augmenter tous les jours ses débouchés.

 L'Algérie, l'Allemagne, la Belgique, les Etats-Unis, l'Espagne, la Hollande, l'Italie, le Luxembourg, la Suisse, etc., lui donnent une sérieuse-clientèle." Catalogue général descriptif de l'exposition : section française, Exposition universelle de Paris 1878, p. 13 (Gallica)

 

1880

BAR-LE-DUC - "L'exposition est égayée parles sons harmonieux d'une superbe sonnerie de la maison Beurnel, de Nancy, et parles accords des pianos et des harmoniums des maisons Staub et Przysemski, de Nancy et de Bar, dont les produits excellent par la simplicité et la solidite de leur facture." La Presse, 25/05/1880, p. 2 (Gallica)

PARIS - "124. Staub (Henri), à Nancy (Meurthe-et-Moselle), rue du Faubourg-Stanislas, 32. — Huit pianos droits. Manufacture de pianos." Catalogue général officiel. Tome troisième, Groupe III : instruments et procédés généraux des lettres, des sciences et des arts : classes 11 à 18, 1900, p. 528 (archive.org)

 

1905

NANCY - "En première ligne, figure la maison Staub de Nancy, Belles qualités de sons, chaudes et nourries, égalisation presque 'absolue', fabrication très soigné. Les pianos présentés par M. Staub se recommandent particulièrement à l'attention par un systèmè de, pédales qui permet d'obtenir les pianissimo les plus délicats par gradations insensibles.

Ce système consiste en un mouvement très ingénieux de bascules qui, en même temps qu'il abaisse le clavier, rapproche le marteau des cordes.

La course du marteau comme celle de la touche se trouvant ainsi diminuée simultanément sans secousse, on arrivé a produire dés sonorites voilées tout à fait charmantes; ce système déjà connu mais perfectionné par M,. Staub, est certainement le meilleur que nous ayons « vu jusqu'à ce jour. » Expo 1879 dans  Bulletin de la Société industrielle de l'Est, 1906  (Gallica)

LIÈGE - "STAUB - La maison Staub, de Nancy, fondée en 1848, ne présentait pas moins de six pianos. Quatre de ces pianos étaient des instruments de style :

- un Louis XV et un Louis XVI en noyer;

- un autre de style moderne en acajou et corail;

- le quatrième de style flamand en chêne ciré, ce dernier était particulièrement intéressant.

L'ensemble de cette fabrication est en très grand progrès et le développement de l'exportation de cette maison se comprend de la façon la plus naturelle." Rapport [instruments de musique], par G. Dutreih ; Exposition universelle et internationale de Liège, 1905, Section française, Classe 17, 1909, p. 39 (Gallica)

NANCY - "MANUFACTURE DE PIANOS - J. STAUB, à Nancy.

Historique

Plus un objet devient d'un usage commun et plus la concurrence en amène le perfectionnement bref délai. Cette loi économique, dont l'expression n'est plus qu'une banalité, tant les exemples en sont nombreux et s'offrent d'eux-mêmes à l'esprit, est tout spécialement affirmée de nos jours par les merveilleux progrès qu'a faits l'industrie des instruments de musique et celle du piano en particulier.

Tant qu'il était un objet de luxe peu répandu et que, seuls, quelques salons et quelques boudoirs lui offraient asile, le piano a modestement conservé la simplicité de l'épinette.

Mais depuis que sa fabrication a centuplé et que l'art musical, entré dans une voie nouvelle, a eu besoin d'une puissance de sons autrement considérable et d'un clavier autrement étendu, il est forcément devenu le point de mire de l'invention aux aguets et a été l'objet de perfectionnements qui en ont transformé et le mécanisme et l'apparence.

Dès le début du mouvement, notre industrie nationale a eu, à l'étranger, de sérieux concurrents. Mais, dans ces dernières années surtout, l'effort pour la détrôner a été particulièrement vigoureux, et les Etats-Unis, entre autres, ont déployé dans la lutte une activité sans précédent.

Heureusement nos facteurs français étaient à la hauteur de la tâche, et, grâce à leurs efforts, à leur sentiment de l'art et à leurs ressources d'invention, le marché reste notre tributaire et c'est nous qui tenons le drapeau.

Parmi les maisons qui ont le plus fait pour atteindre ce résultat, certains noms de la capitale ne sont plus à citer, ils sont connus de tous.

Mais ce que beaucoup ignorent et qu'il est pourtant de toute justice de l'aire connaître, c'est qu'à côté des célébrités de la capitale il existe aussi en province des fabricants dans l'espèce dont l'origine n'est pas moins ancienne et les produits non moins artistiques et non moins estimés.

Telle est, à Nancy, la manufacture de pianos que dirige M. Staub avec une expérience et une supériorité qu'explique la perfection des pianos de sa facture sortant de ses ateliers. La fabrique, modestement fondée en 1848 par M. J. Staub, a fait de grands progrès, grâce aux efforts persévérants de son fondateur, décédé en 1891.

Son fils, M. H. Staub, qui lui a succédé continue l'oeuvre de son père. C'est grâce à sa valeur artistique secondée par une soixantaine de collaborateurs d'une habileté professionnelle de premier ordre que la marque de la facture Staub est si appréciée.
Différentes sortes de pianos.

On distingue :
le piano carré, aujourd'hui peu employé, dont les cordes sont horizontales et se présentent latéralement à l'exécutant;
2° le piano droit, le plus répandu, dont les cordes sont verticales et
3° le piano à queue, encombrant et d'une forme disgracieuse qui tend à être remplacé par le piano droit ; les cordes du piano à queue sont horizontales et se présentent par le bout à l'exécutant.

Organes principaux des pianos

Le piano comprend comme organes principaux : le barrage, la table d'Harmonie, la mécanique et le clavier qui est l'intermédiaire entre l'artiste et l'instrument.

La charpente du piano se nomme barrage. Ce barrage est composé de bois et de fer; il doit être solide, ayant à résister à l'énorme tension des cordée qui atteint 15.000 kilogrammes pour un piano droit et 20.000 kilogrammes pour un piano à queue ; il doit nécessairement être léger car moins l'instrument sera lourd, mieux il vibrera.

Le barrage est construit en buis de sapin. Il est composé d'un cadre ou châssis dont les traverses supérieures et inférieures sont reliées par des montants appelés barres.

Ces barres sont : verticales, obliques ou en éventail. Sur la traverse supérieure du cadre est fixé le chevillier, fort sommier en bois de hêtre très épais, et, sur la traverse inférieure, s'applique le sommier des pointes qui est doublé habituellement d'une plaque de fer forgé dans laquelle sont enfoncées les pointes d'accroche.

Sur le barrage est fixée la table d'harmonie qui est destinée à déterminer l'ébranlement de l'air que les cordes ne peuvent produire seules. Elle est constituée par un panneau mince, d'épaisseur, variable dans ses parties, généralement en bois de sapin d'une essence particulière et d'un grain très fin.

Sur la table d'harmonie est fixé, le chevalet sur lequel viennent s'appuyer les cordes. Collé et vissé sur la table d'harmonie, le chevalet est fait en bois dur, hêtre, érable ou cormier.

Le chevalet est. cintré suivant un.e ligne sinueuse déterminée par la ongueur des cordes dont la partie vibrante est limitée d'une part, par des pointes métalliques fixées sur le chevalet et autour desquelles elles se coudent, et d'autre part par le sillet qui les coude de nouveau près des chevilles.

Quelques facteurs dans des instruments de prix élevé, fabriquent ce sillet en métal (cuivre ou bronze) de manière à obtenir une plus grande, pureté de son. C'est ce que l'on appelle le sillet harmonique.

Les cordes sont attachées en bas par une boucle à une pointe de fer appelée pointe d'accroché fixée dans le sommier des-pointes; en haut, elles s'enroulent autour de chevilles de fer solidement enchâssées dans le chevillier.

Le barrage sur lequel sont fixés les deux sommiers d'accroche et de chevilles doit, par sa solidité et sa structure, maintenir d'une façon très rigide leur'écartement.

La corde frappée, comme nous le verrons plus loin, vibre : ces vibrations transmises à la table d'harmonie déplacent la masse d'air adhérente à celle-ci et produisent ce que l'on appelle des ondes sonores.

Une des causes principales des qualités d'un piano est l'existence d'une table d'harmonie bien construite.

Une fois la table d'harmonie mise en place sur le barrage, on y applique un nouveau barrage en fer forgé destiné à assurer Pécartement des sommiers d'une façon très rigide.

La plupart des facteurs étrangers emploient un barrage, métallique massif en fonte de fer d'une seule pièce, ce qui est plus économique puisqu'il supprime, une grande partie du barrage en bois, mais rend l'instrument plus lourd.

Les constructeurs français, et en particulier M. Staub, ont cherché à éviter les inconvénients du barrage en fonte ; par différents moyens ingénieux, ils maintiennent à un écartement fixe les deux sommiers par des entretoises de fers forgés plats, placés suivant leur sens de plus grande résistance dans le plan de traction des cordes.

Ils emploient des tôles d'acier et des fers forgés et arrivent à une grande résistance avec un poids relativement léger.

Les recherches de M. Staub lui permirent d'appliquer un nouveau système de barrage en fer forgé destiné à prévenir la séparation des cordes. Ce système appelé système rationnel compensateur représente une parfaite liaison sans courbure entre les deux parties, d'attache.

Ce genre de barrage, assurant à l'instrument une parfaite tenue de l'accord, ne l'alourdit que d'un poids insignifiant et lui permet de supporter les différentes températures sans le moindre inconvénient ; aussi ces avantages le font-ils rechercher pour l'exportation.

Si les cordes étaient toutes de même matière et de même diamètre, les longueurs des diverses cordes d'un piano seraient celles des ordonnées de la courbe des logarithmes acoustiques dont la forme est reproduite à peu près dans le piano à queue et explique la disposition étrange et peu gracieuse de cet instrument.

Aussi a-t-on adopté des fils de diamètre variables de plus en plus gros pour les basses notes.

Les fils employés sont des fils d'acier d'une fabrication spéciale. Pour les notes graves, on les recouvre d'un fil de cuivre appelé trait enroulé en spirale. Ce trait devient aussi de plus en plus gros pour les basses ; ce sont ce que l'on appelle les cordes filées ; les autres qui ne sont pas recouvertes de trait sont les cordes blanches.

Les cordes doivent être tendues bien en dessous du poids représentant leur point de rupture.

Un instrument spécial employé par les facteurs, permet d'obtenir la plus grande tension de chaque numéro de cordes et par suite d'employer exactement le numéro susceptible de rendre le plus, purement le son de la note voulue pour une longueur déterminée.

L'acier est universellement employé pour les cordes de pianos : il faut qu'il soit d'excellente qualité.

Dans les pianos droits fabriqués par M. Staub, piano dont il s'est fait une spécialité, les cordes sont verticales, demi-obliques, obliques et croisées La mécanique comprend les organes principaux suivants: l'échappement, le marteau et l'étouffoir.

Nous ne saurions entrer dans le description de ces organes, nous nous bornerons à en expliquer le fonctionnement.

Fonctionnement des organes

Lorsque Ton pose le doigt sur l'une des louches du clavier, l'extrémité postérieure se soulève et met en mouvement un levier appelé chevalet, pivotant à son extrémité sur une fourche, et sur lequel est fixé l'échappement.

L'échappement ainsi mis en mouvement pousse la noix supportant le marteau el envoie celui-ci frapper brusquement la corde.

C'est à ce moment que l'échappement se fait sentir. Par un dispositif tout spécial, à l'instant où le marteau va frapper la corde, l'échappement quitte la noix et lui permet de revenir à sa position normale.

Rejeté en arrière par suite de l'élasticité de la corde, le marteau serait sollicité à revenir la frapper de nouveau et à prolonger son contact avec elle, ce qui arrêterait immédiatement ses vibrations, si l'intervention d'un organe, fixé à l'extrémité antérieure du chevalet et appelé attrape marteau ne l'arrêtait dans sa course et ne le maintenait tant que la touche du clavier se trouve baissée.

L'étouffoir placé en contact immédiat avec la corde, s'écarte de celle-ci juste au moment où l'échappement quitte la noix, el il reprend sa position contre les cordes aussitôt que la touche est abandonnée ; il est mis en mouvement par un éperon, fixé à l'extrémité postérieure du chevalet qui est, comme on le voit, une des pièces principales de la mécanique.

Tous les mouvements du mécanisme sonl solidaires de celui de la touche el sont d'une extrême délicatesse.

La mécanique doit fonctionner sans bruit; ses organes sont faits de différentes essences de bois durs et toutes les parties devant subir des cliocs ou des frottements sont garnies de peau el de tissus de laine de différentes sortes.

C'est pourquoi le piano demande à être protégé contre l'humidité, qui fait gonfler ces tissus et pur suite, nuit à la marche du mécanisme.

M. Staub a apporté à la mécanique employée par lui, une série de perfectionnements : en 1859, il inventait une nouvelle mécanique à échappement à équerre et un nouveau système de lames d'étouffoïrs ; en 1860, il créa et appliqua une mécanique, à double échappement pour piano droit et en 1875, une nouvelle mécanique à répétition simple.

Le clavier, composé d'autant de touches qu'il y a de notes dans le piano, est fait en bois de tilleul. La face ainsi que le dessus des touches est garnie de plaques minces d'ivoire pour les notes naturelles et de petits morceaux d'ébène qui sont en saillie pour les dièses.

Chaque touche pivote autour d'une pointe métallique, qui la traversé de part en part. La mortaise dans laquelle se meut cette pointe est garnie d'un drap mince, destiné à adoucir le frottement et à éviter le bruit. Dans le bas de la partie antérieure de la touche, se trouve une autre mortaise, garnie aussi, dans laquelle entre une pointe de forme ovale ; elle est destinée à empêcher la touche d'aller à droite ou à gauche frotter contré les voisines.

Chaque touche du clavier, qui en compte 85 pour un piano de sept
octaves, correspond exactement aux chevalets de la mécanique et se règle au moyen d'une vis ou d'un petit balancier appelé basculé fixé à son extrémité postérieure.

Toutes les touches du clavier doivent avoir sous le doigt un certain poids de résistance, le même pour chaque touché, A cet effet, il est procédé au plombage.

Chaque touche reçoit à son extrémité postérieure, une certaine quantité de plomb, qui représenté le poids de résistance voulu.

Les pianos modernes ont tous deux pédales; mues par le pied et destinées à modifier l'intensité du son.

L'une, la céleste, porte une pièce de feutre très léger entre la corde et le marteau; et à pour effet d'affaiblir le son ; l'autre agit eh; sens contraire, elle écarte d'un seul coup tous les étouffoirs des cordes, ce qui permet à celles-ci de vibrer par sympathie et par conséquent donne une plus grande puissance de son : c'est la pédale forte.

Les pianos construits par M. Staub portent tous un système de pédale permettant les pianissimo les plus doux, sans rien changer au timbre de l'instrument.

A l'Exposition de 1879, le jury international appréciait ce système à sa juste valeur, dans les termes suivants :

« En première ligne, figure la maison Staub de Nancy, belles qualités de sons, chaudes et nourries, égalisation presque absolue, fabrication très soignée. Les pianos présentés par M,. Staub se recommandent particulièrement à l'attention par un systèmè de pédales qui permet d'obtenir les pianissimo les plus délicats par gradations insensibles.

Ce système consiste en un mouvement très ingénieux de bascules qui, en même temps qu'il abaisse le clavier, rapproche le marteau des cordes.

La course du marteau comme celle de la touche se trouvant ainsi diminuée simultanément sans secousse, on arrivé a produire dés sonorites voilées tout à fait charmantes; ce système déjà connu mais perfectionné par M. Staub, est certainement le meilleur que nous ayons vu jusqu'à ce jour. »

Le système imaginé par M. Staub en 1859 a été de sa part l'objet de nombreux perféctionnements et aujourd'hui son système de pédale pianissimo
remplace très avantageusement la pédale céleste employée par certains facteurs et qui dénature le son.

Une 3e pédale dite sourdine peut s'appliquer à tous ses pianos. Elle a pour but d'assourdir le sonnet, de permettre aux pianistes d'étudier à n'importe quelle heure de la nuit sans incommoder les voisins.

M. Staub applique également à ses pianos un utile complément : le clavier transpositeur si pfécieux pour l'accompagnement du chant.

La difficulté de transposer un morceau d'un ton dans un autre ne peut être résolue que par dès artistes très exercés. Le clavier transpositeur donne une solution mécanique de ce problème, Différents systèmes de claviers transpositeurs sont en usage ; celui de M. J. Staub permet de transposer sans éprouver aucun des inconvénients qu'on n'avait pu éviter jusqu'à ce jour.

Ce système très simple consiste en un levier à poignée, placé au milieu et en dessous de la tablette du clavier.

En soulevant ce levier, il s'engage dans les crans d'une crémaillère fixée au châssis du clavier et en le tournant horizontalement, à droite ou à gauche, fait glisser le clavier dans les coulisses. Chaque tour transpose d'un demi-ton.

Un dispositif très ingénieux de ce levier soulève, en même temps qu'il s'introduit dans les crans de la crémaillère, les chevalets de la mécanique. Le clavier peut donc alors glisser sans rencontrer d'obstacles, même si les mains sont appuyées sur les touches.

M. Staub construit aussi un piano oblique à cordage renversé avec cadre en fer système compensateur.

Signalons également le pupitre à bascule des pianos grand format de M. Staub.

Fabrication

Les pianos fabriqués actuellement par M. Staub comprennent sept modèles de pianos droits. Nous allons les passer en revue en signalant leurs principales dispositions.

I. Le piano droit à cordes verticales, à cordes triples, présente sept octaves du la au la ; il comprend : un sommier prolongé en acier d'une seule pièce, un barrage en fer forgé el des sommiers boulonnés, une mécanique à lame à échappement, à équerre, h répétition simple et deux pédales, dont l'une céleste progressive, nouveau système à bascule.

II. Le piano droit à cordes demi-obliques. Même construction que le précédent; même mécanique avec bascule.

III. Le piano droit à cordes demi-obliques. Grand format. Même construction que pour le modèle II ; même mécanique.

IV. Le piano droit à cordes obliques est également composé des mêmes pièces que le précédent et avec sillet harmonique en cuivre.

V. Le piano droit à cordes croisées à une mécanique à prolonges et sillet harmonique en cuivre. Les autres pièces sont analogues à celles des modèles précédents.

Depuis une vingtaine d'années M. Staub s'est vu dans l'obligation, pour concurrencer nos voisins en Belgique, en Hollande, en Suisse, en Italie et en Espagne, de construire deux types de pianos à cadre métallique d'une seule pièce.

VI. Un modèle 1/2 oblique à cordage renversé avec mécanique à, lame VII et un modèle à cadre croisé avec même mécanique. Ces deux modèles d'une grande puissance de sons et d'un prix modique tiennent actuellement une bonne place sur le marché étranger.

 

En dehors de ces instruments dont les caisses sont d'un goût très artistique el qui sont prêts à être livrés à la réception des commandes, M. Staub fabrique suivant les demandes des pianos de luxe en bois d'essence rare d'une grande richesse d'ornementation et de tous styles.

Fabriqués en bois de toutes essences, ces pianos de luxe varient de prix suivant le format, la richesse de l'ornementation et la qualité des bois.

Pour les expéditions à l'étranger, M. Staub a soin d'emballer ses pianos dans des enveloppes zinguées.

Nous terminerons cette étude en passant en revue la série d'opérations nécessaires pour la fabrication d'un piano telle qu'elle s'exécute dans la manufacture Staub.

Cette maison est la seule de province dans laquelle toute la fabrication est entièrement faite, depuis le travail du bois jusqu'au finissage. Ces conditions permettent d'arriver à une fabrication aussi satisfaisante que possible.

Les essences de bois employées dans la fabrication d'un piano sont des pjus nombreuses : chêne, hêtre, sapin, noyer, érable, cormier pour l'ossature et la table d'harmonie de l'instrument ; poirier, cormier, alisier, érable, charme, tilleul, ébène, pour la mécanique et le clavier; enfin, palissandre, acajou, noyer, poirier teint ou bois noir, bois de rose, tuya, etc., pour l'èbènisterie.

Les bois débités sont empilés dans des halliers où ils sèchent pendant plusieurs années, 2, 5 et même 10 à 15 ans, ce qui oblige à des approvisionnements fort considérables. Avant d'être travaillés, les bois passent dès halliers dans des séchoirs.

Dans un premier atelier s'exécute le barrage. Les montants sont faits en bois dé sapin contréplaqué souvent de chêne ou de hêtre ; de là, l'instrument est continué dans l'atelier des tableurs, qui collent les tables d'harmonie, les chevalets et fixent les agrafes des cordes; ils disposent également les armatures de fer destinées à résister à l'énorme tension des cordes ; il passe ensuite entre les mains du monteur de cordes.

Le monteur prend les divers fils d'acier d'après des tableaux qui lui indiquent les numéros pour chaque noté; il fait une boucle au bout du fil, la passe dans la pointe d'accroché, la tend entré les pointes de coudàge du chevalet, la passe ensuite dans l'agrafe et l'enroule autour de la cheville, qu'il fait pénétrer de force au moyen d'un maillet dans les trous du chevillier.

Les cordes basses sont filées. Le fileur, guidé par des tableaux, prend des fils d'acier des diamètres voulus et enroule autour de ces fils formant âme un fil de cuivre du numéro indiqué.

Il dispose alors la corde filée comme la corde ordinaire. Ensuite, un ouvrier appelé pinceur, au moyen d'une lamelle d'ivoire, fait vibrer les cordes et les met au diapason.

Cet ouvrier remet alors la charpente tablée et montée de cordes au caissier monteur, qui avec du bois-depiacagëj la revêt ainsi.que les pièces garnissant le devant du meuble ; il pose les charnières, serrures, roulettes et de là, la caisse est remise au vernïsseur qui là vernit au tampon.

L'opération qui vient ensuite, demande des ouvriers fort habiles ; en effet, le finisseur doit placer et régler dans la caisse, le clavier et la mécanique; il ajuste les marteaux et les étouffoirs, pose et fait fonctionner les pédales ; en un mot, il a toute la partie mécanique du piano à terminer.

Cette opération est faite avec tous les soins nécessaires par des ouvriers fort expérimentés.

L'accordeur intervient alors ; il assure à plusieurs reprises l'accord de l'instrument et il ne reste plus qu'à le confier à l'égaliseur qui Je passe en revue et lui donne toutes ses qualités de sonorité et à la fois de douceur.

Le piano alors terminé est prêt à être livré ; au moment dé l'expédier, on lui donne un dernier accord.

Les ateliers dont nous avons parlé sont disposés dans plusieurs constructions à étages. Au rez-de-chaussée se trouve un atelier contenant des scies à ruban, scies circulaires, raboteuses, dègauchisseuses, toupies, etc., actionnées par un moteur à gaz.

La superficie totale de la fabrique est de 2.500 mètres carrés, dont les deux tiers comprennent les constructions nécessaires aux divers ateliers, l'autre tiers sert aux chantiers de bois.

Débouchés

Les pianos Staub sont livrés principalement en France et à Paris ; ils sont exportés dans tous les pays du monde et plus particulièrement en Espagne, au Brésil, aux Antilles, en Suisse, Hollande, Belgique, Italie, à Madagascar, .dans l'Amérique du Sud, dans l'Amérique centrale, en Indo-Chine, etc. etc.

Cette exportation est une des principales préoccupations deM. H. Staub qui défend avec honneur le drapeau français à l'étranger,malgré la terrible concurrence de l'Allemagne dont les pianos sont bien loin de présenter les qualités exceptionnelles que nos yojsins cherchent à leur prêter.

Nos pianos sont d'ailleurs fort mal protégés ; les Allemands, depuis la signature du traité de Francfort qui leur a été si favorable, introduisent en France leurs pianos bon marché.

Les qualités de nos pianos sont heureusement universellement appréciées ; pour sa part, M. H. Staub a déjà livré plus de vingt mille pianos dans le monde entier.

Economie sociale

Tous les ouvriers de la manufacture de pianos J. Staub sont, grâce à la Caisse de secours, assurés contre les maladies.

M. J. Staub assure lui-même ses ouvriers contre les accidents du travail, mais il a compris depuis longtemps que la prévention des accidents passait avant la réparation de ceux ci aussi est-il affilié à l'Association des Industriels de France contre les accidents du travail depuis de nombreuses années.

Récompenses

Tous les progrès réalisés par M. J. Staub lui ont valu de justes récompenses : médaille d'honneur et de Ire classe à Toulouse, Angers, Bayonne, Paris, Metz, etc. Ses inventions ont été couronnées plusieurs fois par l'Académie nationale.

Depuis, M. J. Staub s'est vu décerner : en 1879, à l'Exposition Internationale de Paris, la première médaille d'or qui a fait l'objet du rapport si flatteur que nous avons cité plus haut ; en 1880, à l'Exposition Industrielle de Bar-le-Duc, un diplôme d'honneur hors concours; en 1881, à l'Exposition Industrielle d'Epinal, une première médaille d'or offert par la Chambre de Commerce des Vosges; en 1894, à Anvers, médaille d'argent; en 1897, à Bruxelles, médaille d'or en 1902, à Hanoï, médaille d'or, et enfin, en 1905, à l'Exposition internationale de Liège, un diplôme d'honneur et un grand Prix en collectivité.

Jeune, et d'une expérience consommée tant dans la théorie que dans la pratique, M. H. Staub appartient àla catégorie des chercheurs et des innovateurs, qui, non contents d'une réputation acquise et bien établie, marchent toujours de l'avant à la conquête d'un nouveau progrès.

Voilà une des raisons pour lesquelles la manufacturé de pianos Staub est de celles que l'on peut citer parmi les meilleures de notre pays, qui, dans cette industrie merveilleuse, est toujours restée en première ligne.  -  Ed. THIOLÈRE." Bulletin de la Société industrielle de l'Est, 1906, p. 133-141 (Gallica)

1910

NANCY - "La Maison Staub, de Nancy, avait exposé des pianos d'une construction irréprochable." Expo Nancy 1910, Bulletin de la Société industrielle de l'Est, 02/1910, p. 124 (Gallica)

 

1933

NANCY - "L'Exposition Artisanale de L'Est - Voici : Les pianos de la maison Staub, les meubles en bois blanc, en hêtre poncé, verni, laqué..." L'Immeuble et la construction dans l'Est, 03/09/1933, p. 1 (Gallica)

   

Pour les références voyez la page
pianos français 1840 - 1849


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