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Facteurs de pianos en France
WIART
à Paris (°1850)
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ARRÊT
Cons. qu'il résulte de l'instruction qu'en 1872 le sieur Wiart avait à Saint-Etienne, rue Sainte-Catherine, n° 5, au 2e étage, une pièce où ses pianos sont déposés et mis en vente, et doit être considérée comme un magasin dans le sens du tarif annexé à la loi du 25 avril 1844 ; que, dès lors, c'est avec raison que le cons. de préf. l'a maintenu au droit fixe de patente de 8e classe auquel il a été imposé pour 1872 sur le rôle de la com. de Saint-Etienne ..." Recueil des arrêts du Conseil d'État, 1874, p. 129 (gallica.bnf.fr)
UN NOUVEAU PIANO
Ce n'est pas à l'exposition de Tours que nous comptions rencontrer ce magnifique instrument dont vingt artistes parisiens nous avaient entretenu et que trente fois au moins nous avions entendu avec une surprise toujours nouvelle, soit dans les magasins de la maison Wiart (36, boulevard Voltaire), soit dans ses ateliers (9, rue Saint-Ambroise), soit dans divers salons et salles de concert de Paris. Par ses dimensions et ses formes extérieures, le nouveau piano Wiart, qui est un piano demi-oblique, ne se distingue en rien des autres instruments de ce type, sauf par une grande élégance de l'ensemble et un grand fini du travail, qualités secondaires, après tout, et qui ne suffiraient pas à arrêter notre attention. Mais dès qu'on l'a entendu, on est immédiatement frappé de sa singulière sonorité, de la netteté de ses basses, de l'ampleur de ses dessus qui rappelle et parfois dépasse la qualité des dessus des meilleurs pianos à queue. Voilà ce que savent maintenant à Paris tous ceux qui sont habitués à faire la différence d'un piano avec un autre piano, et qui connaissent la stérilité des efforts tentés jusqu'ici par les facteurs pour corriger de Iplu vice radical les pianos droits, obliques et demi-obliques, tous ceux, en un mot, dans lesquels on s'est efforcé, à l'aide d'artifices plus ou moins ingénieux, de triompher de l'exiguïté de l'espace. Il est temps pour nous de révéler à nos lecteurs le secret de M. Wiart, toutefois c'est un secret. En dehors de certains détails que nous négligeons volontairement, pour aborder tout de suite le nœud de la question, la supériorité tout à fait évidente du nouveau piano Wiart résulte de la substitution d'une fausse table en métal à l'ancien sommier inférieur, sur lequel on accrochait les cordes. Les conséquences de cette simple modification sont faciles à déduire. La table d'harmonie, dont les dilatations deviennent libres en tous sens, ne peut plus buter, se voiler, se déformer, s'affaisser, et les sons, de ce côté, conservent pleinement leur intensité, l'amplitude de leurs vibrations. Les cordes, d'autre part, ayant la longueur exacte de la distance qui sépare leurs points d'attache, ne peuvent subir, par l'effet de la température, que des allongements ou des raccourcissements proportionnels, et, par conséquent, conservent entièrement l'accord. Le sommier des chevilles, n'ayant plus aucun effort de tension à supporter, n'est plus exposé à se décoller. En un mot, solidité absolue de l'instrument et de son mécanisme, tenue presque indéfinie de l'accord et du diapason, sonorité des cordes, dans les dessus surtout, où elle fait d'ordinaire si complètement défaut, voilà les qualités générales qui recommanderaient le nouveau piano Wiart à l'attention de tous les amateurs, si d'ailleurs il n'était assez connu aujourd'hui pour se passer de toute recommandation. Nous avons connu des musiciens d'un grand mérite qui, tout en avouant les grands services que le piano rend au compositeur, se refusaient à lui reconnaître les véritables qualités d'un instrument d'exécution. Sans épouser des haines aussi absolues et, disonsle, aussi injustes dans leur généralité, les reproches de ces artistes, appliqués aux pianos droits ou obliques ordinaires, ne sont pas entièrement dépourvus de fondement. L'insuffisance des basses, qui ressemblent aux efforts d'un chanteur essayant de donner des notes au-dessous de son diapason, le caractère grêle des dessus, qui rappellent un autre chanteur complétant sa gamme, insuffisante dans les hauts, à l'aide de notes empruntées à la voix de tète, font, de la plupart de ces pianos, des instruments étranges, presque ridicules, sans tenir compte même de leur facilité à perdre l'accord, qui en fait presque toujours des instruments faux. Aucun de ces reproches ne saurait s'appliquer au nouveau piano de M. Wiart, et nous cherchons inutilement quelle raison les amateurs et les musiciens les plus difficiles pourraient trouver pour le condamner. M. Wiart a l'intention de donner une grande extension à son nouveau piano, nous croyons qu'il y a là une excellente affaire d'avenir. STEVENS." Le Panthéon de l'industrie : journal hebdomadaire illustré, 01/1881, p. 238 (gallica.bnf.fr)
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