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Facteurs de pianos en France
HANEL, ANSEL & Cie
à Paris (°1873)
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La loi du 24 juillet 1867 ne rend responsables les membres d'une société
anonyme que jusqu'à concurrence du montant de leur apport social, tandis
que les membres d'une association en nom collectif sont tous
solidairement engagés vis-à-vis des tiers pour toutes les opérations de
leur société, de sorte qu'en cas de faillite les créanciers auraient le
droit de les poursuivre tous au même degré, jusqu'à concurrence de
l'entier remboursement de leurs créances.
ART. 2. -
Durée et siège de la société.
ART 3. -
Raison et dénomination sociales.
ART. 4. - Mises sociales.
ART. 5. -
Administration. - Gérance.
ART. 6. -
Signature sociale. Engagements sociaux.
ART. 7. -
Conseil de surveillance.
ART. 8. -
Réunions, Assemblées générales.
ART. 9. -
Salaires, bénéfices.
ART. 10. -
Des auxiliaires.
ART. 11. -
Comptabilité, inventaire, bilan.
ART. 12. -
Admission de nouveaux associés.
ART. 13.
Retraite, expulsion, décès.
ART. 14. -
Remboursement des parts sociales.
ART. 16. -
Règlement et tarifs.
ART. 17. -
Dissolution.
ART. 18. -
Cession d'intérêt.
ART. 19. - Contestations.
ART. 20. -
Publications.
Les présentes seront déposées et publiées par extrait conformément à la
loi;
à cet effet, tous pouvoirs sont donnés au porteur d'un exemplaire. ART. 6. - Réunions générales. - Ces réunions auront lieu tous les trois mois; néanmoins l'administration et le conseil de surveillauce pourront convoquer pour les jours suivants ou, au besoin, tout de suite. A l'ouverture de chaque séance il sera fait un appel nominal et l'absence sera constatée au procès-verbal. Chaque sociétaire est tenu d'y assister; dans tous les cas l'Assemblée délibérera sans les membres absents et ils seront passibles d'une amende de 50 centimes pour le premier appel et de 1 franc pour le second. Il n'y a que les cas de maladie déclarée qui pourront exempter de l'amende. Les absents aux réunions non convoqués la veille ne sont pas amendables. ART. 7. - Dispositions générales. - Le président ne laissera mettre en délibération que ce qui est porté à l'ordre du jour et veillera à ce que l'on ne s'écarte pas de la question. Nul n'a le droit d'interrompre, si ce n'est le président pour rappeler un sociétaire à la question. Tout sociétaire qui sera rappelé à l'ordre par le président sera puni d'une amende de i franc la première fois, de 2 francs la seconde, et de 3 francs la troisième; s'il continue à troubler la séance, le président ordonnera son expulsion de l'assemblée. L'ordre du jour des réunions sera déposé au bureau, la veille, à 10 heures du matin, jusqu'au lendemain à la même heure. Tous les sociétaires ont le droit, pendant ce laps de temps, d'y faire mettre ce qu'ils désirent. Toute personnalité et tous signes d'approbation ou d'improbation sont défendus. ART. 8. - Tout sociétaire prévenu d'insoumission sera passible d'une amende de 1 à 10 francs. Tout fait de malversation à l'intérieur comme à l'extérieur sera puni d'une amende de 3 à 15 francs. Les amendes seront prononcées par l'administration, mais ne seront portées au livret du délinquant qu'après la réunion du conseil de surveillance, qui prendra connaissance du délit, et après avoir fait descendre le délinquant au bureau pour s'expliquer. ART. 9. - Injures. - Tout sociétaire qui aura injurié un de ses collègues sera puni d'une amende de 1 à 10 francs. L'injure envers un fonctionnaire quelconque sera punie d'une amende de 3 à 15 francs. ART. 10.- Violences. Une amende de 10 à 30 francs sera prononcée contre le sociétaire qui se serait rendu coupable de violence envers un de ses collègues; l'Assemblée pourra, pour la première fois, ne prononcer qu'une amende de 3 à 15 francs. Tout sociétaire qui, par des plaisanteries trop aigres; provoquerait à des rixes, serait passible des amendes portées à l'article 9. ART. 11. Pertes de temps. La journée est fixée à 10 heures de travail. L'administration et le conseil de surveillance seront juges des abus et pertes de temps et pourront appliquer des amendes suivant la perte que le sociétaire aura causée. Les heures de travail pourront être augmentées; tout sociétaire qui se refuserait à cette augmentation de travail sera passible d'une amende de 1 franc et son ouvrage fini à ses frais. Aucun sociétaire ne pourra travailler au delà du temps prescrit par l'administration. ART. 12. - Perte de temps à l'atelier. Il ne suffit pas d'être présent à l'atelier, il faut employer son temps à travailler, afin de satisfaire aux engagements contractés. L'administration est compétente dans l'appréciation du temps que demandent les travaux à exécuter; celui qui excéderait ce temps est passible des amendes prévues à l'article 11. ART. 13. - Cas d'absence. - Tout sociétaire forcé de s'absenter devra en faire la demande et expliquer les motifs qui nécessitent son absence; s'il dépasse l'époque du temps qu'il a demandé sans renouveler så demande, il sera passible d'une amende de 3 francs par jour de retard. ART. 14. - Incapacité. -- L'incapacité d'un sociétaire entraîne son changement de partie et l'oblige à accepter une partie en rapport avec son aptitude. L'administration et le conseil de surveillance seront juges si ce changement est nécessaire; cependant, si le sociétaire ne voulait pas s'en rapporter à ce jury, il en référerait à l'Assemblée générale. ART. 15. Ivresse. Tout sociétaire se présentant aux ateliers en état d'ivresse et gênant le travail de ses coassociés sera passible, la première fois, d'une amende de 1 franc, la seconde de 2 francs et les suivantes de 5 francs; il supportera, en outre, tous les dégâts qu'il aura causés. Dix condamnations pour ivresse dans le cours de l'année entraîneraient une amende de 100 francs. Tous les cas d'expulsion sont prévus par l'article 13 de l'acte. ART. 16. - Dénigrement. - Quand un sociétaire, par des propos quelconques, aura diminué la réputation de l'établissement en portant atteinte à ses intérêts, à son honneur, à celui d'un administrateur ou de tout autre sociétaire, l'administration et le conseil de surveillance pourront le condamner à une amende de 5 francs au moins et de 20 francs au plus; le sociétaire condamné pour ce délit pourra en appeler à l'Assemblée générale. ART. 17. - Indiscrétion. - Tout sociétaire devra s'abstenir de faire connaître au dehors ce qu'il pourrait savoir des affaires de la société; l'indiscrétion portant préjudice aux intérêts de la société sera punie d'une amende de 1 à 10 francs ; s'il y a récidive, la peine pourra être doublée; cinq condamnations pour ce genre de délit entraîneraient une amende de 50 à 100 francs. ART. 18. Immixtion. Il est du devoir de chaque sociétaire de répondre aux personnes qui s'adresseraient à lui pour se renseigner près du gérant ou des personnes préposées à la vente et aux affaires de la société, de les conduire près d'elles, mais il devra s'abstenir deprendre la parole, à moins qu'il n'ysoit invité, et il se rendra à son travail; l'infraction à cet article sera punie d'une amende de 50 centimes au moins et de 3 francs au plus. ART. 19. - Propreté, prudence. Les ateliers seront balayés tous les samedis et dégagés des copeaux, les bois en bouts transportés au grenier et placés suivant leur longueur et leur nature, les feux soigneusement éteints, les seaux remplis d'eau, les croisées fermées par les temps humides. L'oubli d'une de ces recommandations entraînerait contre son auteur une amende de 50 centimes. Tout sociétaire qui laissera traîner des allumettes sur son établi, ou ailleurs, sera puni d'une amende de 1 franc. Tout sociétaire qui fumera dans les ateliers ou dans les les magasins de bois sera puni d'une amende de 5 francs. ART. 20. - Garde du soir. - Une surveillance sera établie pour s'assurer si les feux sont bien éteints et les croisées bien fermées; elle se fera à tour de rôle, d'après une carte remise la veille. Tout sociétaire qui manquerait à sa garde sans se faire remplacer sera puni d'une amende de 1 franc; en cas de récidive, l'amende sera de 5 francs. Le sociétaire de garde devra prévenir un quart d'heure à l'avance, afin que tout soit bien éteint à 8 heures. Tout sociétaire qui ne se retirerait pas sur l'invitation du gardien serait à l'amende de 1 franc. Tout sociétaire qui, pendant la veillée, s'absenterait et laisserait sa lampe ou sa chandelle allumée plus d'un quart d'heure, sera à l'amende de 1 franc. ART. 21. - Garde du dimanche. Elle se fera comme celle du soir, d'après une carte remise huit jours à l'avance. Le sociétaire de garde sera tenu d'être à l'atelier à 9 heures du matin, en toutes saisons, jusqu'à 4 heures du soir; il est libre de travailler, mais il aura soin de prévenir le concierge de son arrivée le matin, afin que, s'il vient quelqu'un, il puisse être prévenu. Le gérant devra, en outre, s'entendre avec lui la veille en cas où il y aurait quelque chose de particulier à lui faire observer. Tout sociétaire qui manquerait à ces prescriptions serait passible des mêmes amendes pour la garde du soir. ART. 22. Amendes de l'administration. Les membres de l'administration seront passibles des mêmes peines, à l'exception que les amendes seront doubles, parce qu'ils seront doublement coupables en manquant de respect aux sociétaires.
ART. 23.- Chefs de section. - Les chefs de section surveilleront les
travaux de leurs sectionnaires et pourvoiront à ce qu'ils ne manquent de
rien dans leurs sections; il entre dans les attributions de
l'administration de vérifier et de s'assurer si les travaux sont
acceptables; son jugement fait autorité; elle peut faire réparer, s'il y
a lieu, ou diminuer, si c'est nécessaire. ART. 25. De la paye. - La paye se fera tous les quinze jours; chaque chef de section inscrira, sur un bulletin, l'ouvrage de ses sectionnaires après vérification, mettra ces bulletins dans les livrets et les descendra au bureau à neuf heures. L'administration fixera le chiffre à la séance; les livrets seront remis le soir avec la paye, qui se fera proportionnellement au travail. Toutes les notes de travail doivent être signées du chef de section, et celles du chef de section par l'un de ses sectionnaires.
ART. 26. Commerce et travail défendus. - Il est défendu à tout
sociétaire de faire un commerce, ou d'exercer une profession qui
porterait atteinte à sa dignité et pourrait nuire au crédit et à la
réputation de la société, de même qu'il est expressément défendu de
travailler pour son compte personnel, ni de faire commerce de pianos
sous peine d'une amende de 100 francs; il est en outre défendu aux
sociétaires d'accepter aucune remise ni étrenne, soit des fournisseurs,
soit des clients, sous peine d'une amende de 100 francs. Le concierge
est seul excepté de l'amende portée à ce dernier paragraphe. ART. 28. Ordre dans le travail et les fournitures. - Les chefs de section fixeront la quantité d'ouvrage à exécuter par leurs sectionnaires, et aucun sociétaire ne pourra prendre du bois dans les greniers sans être accompagné du gérant, ou à son défaut de son chef de section, sous peine d'une amende de 5 francs. Il est en outre expressément défendu, sous peine d'une amende de 2 francs, d'emporter de la maison des copeaux ou toute autre chose, sans en avoir prévenu le gérant. Les sociétaires sont prévenus que la distribution des fournitures se fera de 9 à 10 heures du matin.
ART. 29. Application du règlement. - L'administration et le conseil de
surveillance sont chargés d'appliquer le règlement. L'assemblée peut
toujours le modifier quand elle veut. Elle reçoit les réclamations et y
fait droit, s'il y a lieu. L'administration et le conseil de
surveillance prononcent toutes les amendes et peuvent, dans les cas de
récidive, les doubler. Le montant des amendes sera versé à la caisse de
secours.
"De nos jours la musique est tellement entrée dans les mœurs que le piano est devenu le complément obligé de tout ameublement, non-seulement de luxe, mais même du simple ameublement bourgeois. Cet instrument stable a définitivement remplacé chez nous les anciens instruments portatifs, tels que la guitare, la harpe, le viol n, la flûte, etc. C'est l'instrument moderne par excellence. Aucun, en effet, n'est plus riche, plus rempli de ressources musicales. A lui seul, il tient lieu de tout un orchestre, et c'est à juste titre qu'on l'a appelé le roi de l'harmonie. En tout cas, c'est l'ami de la famille et souvent son bienfaiteur, car il charme les longues heures du jour et de la soirée, et retient à la maison l'époux, l'épouse ou les jeunes gens, en les préservant ainsi des dissipations du dehors. Enfin, c'est l'aide, le confident dbligé du compositeur, du chanteur ou de la cantatrice, qui en tirent des trésors d'harmonie ou de mélodie et dont il facilite l'inspiration ou l'etude. Le piano est cependant, malgré tous ces avantages, un instrument relativement nouveau. Le gravicemlalo col piano e forte, de l'Italien Cristofori, et les premiers pianos-forte de Godefroy Silbermann ne datent que de la fin du siècle dernier. Depuis cette époque, ils ont subi les plus grands développements. Aujourd'hui nous rions de l'épinette, du cla vecin ou du chaudron de nos pères, sur lequel cependant de grands compositeurs ont développé leur génie. La difficulté, en effet, était d'en arriver à faire chanter un instrument qui, jadis, résonnait sèchement sous les doigts du musicien et manquait absolument d'ampleur et de souplesse. Grâce aux perfectionnements des cordes, de la table d'harmonie, des marteaux ou des pédales, les sons du piano sont devenus plus purs, plus moelleux, plus sonores et peuvent se prolonger, si ce n'est encore comme dans les instruments à archet, du moins d'une manière suffisante pour l'expression de la musique. Nous avons vu s'opérer, dans la fabrication des ianos, deux révolutions importantes : la première, ce fut la substitution des grosses cordes aux cordes ténues, en usage jusque-là, c'est à-dire des sons pleins, résonnants, qui sont ceux du véritable piano, aux sons maigres et fluets qui étaient propres au clavecin.
La seconde, au contraire, s'est effectuée en
sensinverse du progrès : c'est le triomphe du meuble sur l'instrument,
la substitution du piano droit au piano à queue. La fondation de cette maison remonte à 1849. Cette Association ouvrière, qui est en mètre temps une société de secours mutuels, est installée d'une manière exceptionnelle pour obtenir de bons résultats. Ses statuts, que nous avons sous les yeux, sa manière d'opérer et de fabriquer, n'ont pas peu contribué à son succès. Ce qui nous a surtout frappé, c'est la grande variété des types construits par cette société : pianos en noyer, en acajou et en palissandre, cordes verticales, pianos palissandre demi-obliques, grand format, etc., etc. Nous avons beaucoup admiré un piano marqueterie où l'alliance du cuivre et du métal blanc et jaune avec les flambeaux et les garnitures dans le même style produit le plus heureux effet. Nous avons pu assister dans cette manufacture à la fabrication complète du piano. La fabrication de la mécanique dans ses moindres détails nous a beaucoup intéressé ; les marteaux sont garnis par deux petites machines très-ingénieusement combinées. Le barrage en bois, qui n'a pas moins de quatre épaisseurs, assure à ces bons instruments une solidité à toute épreuve, et leur permet de résister complètement à toutes les variations atmosphériques. Le barrage en bois a de plus l'avantage d'éviter les fausses vibrations du barrage en fer.
Cette Société, procédant avec une très-grande méthode,
établit ses pianos à des prix très-avantageux. Nous les avons essayés,
et nous avons pu nous rendre compte par nous-mème de l'excellente
sonorité de ces bons instruments, récompensés et médaillés aux
expositions nationales et universelles, et sur lesquels nous attirons
l'attention des marchands de pianos et des professeurs, car ils le
méritent à tous égards.
Pour les références voyez la page
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