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FAIVRE Jules
à Paris (°1840)

1855

PARIS - "M. Faivre, de Paris, et MM. Bresseau et Gillet, d'Angers, ont construit leur pianos droits avec des cadres métalliques, le premier en fer forgé, avec une plaque de même métal, contre laquelle viennent arc-bouter des barres également en fer ; l'autre, en fer de fonte d'une seule pièce." Le palais de l'industrie universelle : ouvrage descriptif ou analytique des produits, 1855 (gallica.bnf.fr)

PARIS - "Le système plus compliqué de M. Faivre (exposant sous le n° 9513), a moins de chances de succès ; il consiste en une vis sans fin, qui engrène avec un pignon. [...]

M. Faivre, de Paris, et MM. Bresseau et Gillet, d'Angers, ont construit leur pianos droits avec des cadres métalliques, le premier en fer forgé, avec une plaque de même métal, contre laquelle viennent arc-bouter des barres également en fer ; l'autre, en fer de fonte d'une seule pièce. Déjà, à l'Exposition nationale de 1844, un appareil semblable avait paru, et Pierre Erard mit à l'Exposition de Londres, en 1851, l'essai d'un sommier fait d'une seule pièce en fer.

Il paraît y avait renoncé plus tard. Il a reconnu sans doute que, si le fer offre l'avantage d'une grande fermeté au point d'attache des cordes, il a l'inconvénient de donner aux sons une inévitable sécheresse métallique qu'on remarque en effet dans le piano de M. Faivre et dans celui de MM. Bresseau et Gillet.

Nous apprenons que de nouveaux travaux ont été entrepris par ces industriels pour le perfectionnement de leur système de construction." Exposition Universelle de 1855, Rapports du Jury mixte Internationale, 1855  -  Voir BRESSEAU à Angers

PARIS - "M. JULES FAIVRE. Pianos. Nous poursuivons nos promenades à travers les massifs de l'exposition des pianos français, et nous nous arrêtons devant un instrument de M. Jules Faivre, facteur depuis longtemps établi à la Nouvelle-Orléans, et qui fabrique depuis peu à Paris.

Cet instrument se distingue par des améliorations importantes apportées à la construction du sommier ainsi qu'à la disposition des cordes.

En outre, les chevilles y sont remplacées par un système de vis à engrenage, qui offre la facilité d'accorder soi-même l'instrument, et sans le moindre effort.

La description du piano de M. Jules Faivre, mieux que la plus longue dissertation, permettra d'apprécier à leur juste valeur ces divers perfectionnements. Les cordes sont disposes mi-partie obliquement (pour les dessus), mi-partie verticalement (pour les basses); d'où il résulte pour la table une plus grande surface, et conséquemment une augmentation de la sonorité. Le chevalet est divisé en trois parties.

Cinq barres égales en fer forgé soutiennent l'appareil. Le sommier, également en fer forgé, prête aux différentes parties de l'instrument une solidité à toute épreuve.

L'innovation, en ce qui concerne l'accord, consiste dans l'emploi d'un mécanisme à peu près semblable à celui dont on se sert pour la contre-basse et la guitare. La cheville fait tourner une roue à engrenage au milieu de laquelle est passée la corde, qui se monte ainsi avec la plus grande facilité. Ces chevilles, faites séparément, peuvent s'adapter à tous les pianos indistinctement, sans qu'il soit besoin de modifier en rien la division naturelle de l'instrument.

Les avantages que comporte ce nouveau système n'ont pas besoin d'être démontrés. Les gens de l'art, on effet, comprendront aisément qu'il résulte du croisement des cordes une augmentation considérable de la sonorité dans les basses, une meilleure qualité de son dans les dessus, et dans toute l'étendue cette homogénéité de timbre si souvent recherchée et si souvent introuvable.

D'un autre côté, la construction du sommier en fer et les heureuses dispositions de tout l'appareil, garantissent la solidité de l'instrument, à quelque changement de température qu'on l'expose.

Enfin, en simplifiant les procédés de l'accord et en assurant sa conservation, ce système réalise un perfectionnement qu'appelaient depuis longtemps, non-seulement les accordeurs, mais toute personne désireuse et souvent placée dans la nécessite d'accorder elle-même son piano.

M. Jules Faivre est au reste un homme habile, et duquel il faut attendre beaucoup. Excellent ouvrier dès l'Age de seize ans, et doué d'un esprit actif et entreprenant, il s'embarquait à dix-sept ans pour le Mexique.

Il a travaillé successivement à Mexico, à la Havane et à la Nouvelle-Orléans. Dans cette dernière ville, ainsi que nous l'avons dit plus haut, il est parvenu à fonder une fabrique de pianos, dont les produits rivalisent avec les meilleurs instruments envoyés de France et d'Angleterre.

C'est à la Nouvelle-Orléans que, frappé de la prompte détérioration que subissent les pianos européens sous une température où du jour à la nuit le thermomètre varie quelquefois de vingt a trente degrés, l'idée d'appliquer le barrage en fer aux pianos droits lui est venue.

Le succès a couronné ses différentes tentatives, au nombre desquelles il faut aussi compter l'essai du sommier d'une seule pièce, en fer forgé. Les pianos Faivre, expédiés dans toutes les parties des deux Amériques, résistent parfaitement à l'action, tantôt torréfiante, tantôt humide, de ces climats si pernicieux pour nos pianos français.

La belle et puissante sonorité de ces instruments les fait en outre rechercher de tous les artistes voyageurs et des plus célèbres virtuoses. Gothscbalk, entre autres, ayant eu, lors de ses derniers concerts à la Nouvelle-Orléans, l'occasion de les toucher et d'en apprécier la bonne fabrication, s'est empressé de leur rendre un hommage direct et public. Maurice Strakosch, Alfred Jaell, ont, à la suite de diverses circonstances, joint leur témoignage de haute satisfaction à celui de leur célèbre confrère.

Il y a lieu de penser que la fabrique parisienne de M. Jules Faivre ne tardera pas a se placer au niveau de celle qu'il a créée à la Nouvelle-Orléans.

Le remarquable spécimen que ce facteur a envoyé à l'Exposition a déjà fixé l'attention des amateurs et des artistes, et une société justement considérée, la Société des sciences industrielles, arts et belles-lettres de Paris, a décerné, dans sa séance du 18 juin dernier, une médaille d'or à l'intelligent inventeur du piano croisé.

Le jury, sans aucun doute, fera la juste part qui revient à M. Jules Faivre pour ses utiles travaux et pour son active coopération aux progrès de la fabrication française." La France Musicale, 1855, p. 285 (gallica.bnf.fr)

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pianos français 1840 - 1849


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