"Il est dans
la carrière des arts deux sortes d'individualités
distinctes, les unes sans spontanéité, sans élan, sans
initiative, se traînent
dans les sentiers battus, et ne s'élèvent que rarement
au-dessus de la médiocrité; les autres, c'est le petit
nombre, n'acceptent pas le joug des idées toutes faites
; ils planent sur les hauteurs, s'efforcent sans cesse
de découvrir de nouveaux horizons, et tournent vers
l'inconnu leurs désirs enthousiastes.
Ce que nous disons des arts en général s'applique
spécialement à la facture instrumentale. — Nulle part la
concurrence n'est plus active, mais il faut le dire, les
hommes d'une portée vraiment sérieuse ne forment qu'une
imperceptible minorité. Les nullités, les plagiaires
abondent, mais il est facile de compter les inventeurs
réellement distingués.
M. Debain a marqué sa place parmi ces hommes d'élite. —
Par ses belles découvertes, par son dévouement à la
cause de l'art, par ses sacrifices incessants, il a une
physionomie à part. On ne lira pas sans intérêt les
articularités que nous avons recueillies sur sa
carrière.
Alexandre Debain est né à Paris en 1809. Ses rares
dispositions pour les arts mécaniques se révélèrent dès
l'enfance par d'ingénieuses créations. — A une époque où
d'ordinaire les aptitudes sont encore indécises, on
voyait déjà se déployer toutes les ressources de son
esprit inventif.
A seize ans, il entra dans l'industrie des instruments
de musique. - Afin de se familiariser avec tous les
genres, il travailla pendant plusieurs années chez les
principaux facteurs, chez Mercier, entre autres, et chez
Pape. Il ne voulut rester étranger à aucun des progrès
de l'art, et son esprit observateur s'emparant de toutes
les découvertes, les soumit à un sérieux examen.
Son établissement en qualité de facteur de pianos date
de l'année 1834. Ses débuts furent laborieux et
pénibles. Mais il possédait des qualités solides, devant
lesquelles disparaissent les plus grandes difficultés,
une volonté énergique, une activité infatigable et des
connaissances théoriques et pratiques étendues et
variées.
A ces mérites divers il faut joindre cet amour
du progrès, ce besoin d'innovation qui se manifestent si
impérieux, si puissant dans les organisations d'élite.
M. Debain était déjà sur la voie des importantes
découvertes qui plus tard ont popularisé son nom.
En 1840, une création vraiment merveilleuse attira sur
lui la sympathique curiosité de nombreux amateurs. Il
construisit seul un oranger mécanique de quatorze pieds
de hauteur, dont les branches étaient chargées d'oiseaux
voltigeant et chantant. Un riche Anglais, sir Henri
Cliffort, fit l'acquisition de ce chef-d'œuvre.
Quelque temps après M. Debain transporta rue de Bondy
ses ateliers et ses magasins. Il n'occupait alors qu'une
vingtaine d'ouvriers et ne possédait d'autre clientèle
que des marchands d'instruments.
Plus tard, ses magasins furent tranférés rueVivienne.
Par degrés ses relations acquirent plus d'importance et
l'on apprécia de plus en plus la valeur des
perfectionnements apportés à sa fabrication. — Inventeur
de l'HARMONlUM, M. Debain s'assura la propriété de cette
découverte par divers brevets d'invention; le premier de
ces brevets remonte au 19 août 1840, les autres furent
pris successivement dans les années suivantes.
C'est ici le lieu de parler avec détails de l'harmonium,
une des plus utiles et des plus belles innovations dont
se soit enrichi la facture moderne. — L'harmonium est un
instrument à clavier de cinq octaves. Le son y est
produit à l'aide d'un soufflet qui met en vibration un
ou plusieurs jeux de lames métalliques, dites anches
libres, résonnant dans des cases variées de formes et de
proportions, produisant divers genres de sons imitant
l'orgue et les différents timbres d'instruments
d'orchestre. — Tous les jeux de l'harmonium ont
l'étendue de cinq octaves d'ut en ut ; ils sont de trois
diapasons différents, correspondant aux tons de 4, 8 et
16 pieds de l'orgue.
L'harmonium a les sons chantants et expressifs de la
voix, ses ressources se prêtent
à toutes les inspirations, à toutes les fantaisies de
l'artiste. Chacun de ses registres n'agit
que sur un demi-jeu, soit de la basse jusqu'au milieu,
soit du milieu jusque dans les dessus ; on peut jouer de
certains jeux pour le chant, accompagner avec d'autres,
ou les faire entendre à la fois, ce qui permet de varier
les combinaisons à l'infini.
Comme instrument de salon, l'harmonium offre de précieux
avantages, soit qu'une main habile l'oblige à rendre les
effets de l'orchestre, soit qu'il accompagne le chant ou
tienne sa partie dans la musique d'ensemble. Comme
instrument religieux, il remplace parfaitement l'orgue.
- Ajoutons qu'il reste constamment d'accord ; son
mécanisme est simple, et en cas d'accident, les
dérangements sont faciles à réparer.
Dès son apparition, l'harmonium éveilla de nombreuses
sympathies ; beaucoup d'artistes et d'amateurs
apprécièrent son importance et devinèrent ses destinées.
— Il eut même les honneurs de la contrefaçon, ce qui est
le signe le plus éclatant de la supériorité. La fraude
prit de telles proportions et se produisit avec tant
d'audace, que M. Debain se vit obligé d'avoir recours
aux moyens judiciaires pour obtenir la répression des
délits qui portaient une sérieuse atteinte à ses
intérêts.
Nous n'entrerons pas dans les détails des procès qu'il
eut à soutenir; il suffira d'indiquer les principales
questions que soulevèrent ces débats et la solution que
les tribunaux leur donnèrent.
Le 22 octobre 1842, M. Debain porta devant le procureur
du roi une plainte en contrefaçon contre plusieurs
marchands et fabricants, et notamment contre MM. M*** et
B***. — A la suite d'un rapport fait par MM.. Cavaillé,
Davrainville et Roller, spécialement désignés par le
juge d'instruction, et après divers incidents qui furent
consignés dans les journaux judiciaires, la huitième
chambre correctionnelle, rendit un jugement dont nous
transcrivons ici les dernières dispositions :
« Attendu que M*** et B*** se sont rendus
coupables du délit de contrefaçon.—Leur faisant l'application de la
loi, prononce la confiscation au profil de Debain de tous les
instruments saisis, condamne M*** et B*** à payer solidairement à
Debain la somme de six mille francs de dommages-intérêts, les
condamne chacun à quinze cents francs d'amende) ordonne que le
présent jugement sera inséré aux frais de M*** et B*** dans trois
journaux au choix de Debain, et trois fois répété dans chaque
journal, et que ledit jugement sera affiché au nombre de 500
exemplaires, également à leurs frais, condamne solidairement M*H et
B*** aux dépens, fixe a un an la durée de la contrainte par corps. »
Le 4 avril 1844, une saisie fut opérée par M. Debain chez MM. A***
père et fils, et plusieurs harmoniums de contrefaçon furent mis sous
les scellés. Mais par suite d'un arrangement à l'amiable, MM. A***
s'engagèrent à payer une somme de 10,000 francs à M. Debain, pour
avoir main-levée de la saisie pratiquée chez eux, et pour éviter un
procès. Aux termes de cette transaction, MM. A*** eurent la faculté
d'exploiter pour leur propre compte les procédés de M. Debain.
Seulement ce dernier se réserva formellement le droit de nommer ses
instruments harmonium.
L'appel du jugement de première instance qui condamnait M*** et B***
comme contrefacteurs étant venu à la Cour royale, chambre des appels
correctionnels, cette cour rendit son arrêt le 14 février 1845.
— Après avoir établi que Debain avait le droit
exclusif de fabriquer des harmoniums, l'arrêt se terminait ainsi
qu'il suit : « Adoptant les motifs des premiers juges, et
considérant que les dommages-intérêts n'ont pas été proportionnés au
préjudice causé, condamne M*** et B*** à payer à Debain 10,000 fr.
de dommages-intérêts. »
Ces luttes judiciaires au milieu desquelles l'inventeur de
l'harmonium déploya une grande fermeté, eurent de sérieuses
conséquences, et en fin de compte, il n'eut qu'à se féliciter de
leur dénoûment. En effet, des résultats importants ressortirent de
ces débats : les brevets de M. Debain furent irrévocablement
déclarés valables, et l'harmonium, avec les perfectionnements dont
il avait pris l'initiative, resta sa propriété.
Nous ferons remarquer que les dispositions
intérieures de tous les instruments à anches libres et à clavier qui
se sont produits depuis quinze ans, sont tout fi lait semblables aux
dispositions de Harmonium décrites dons les brevets que possède
l'inventeur. L'identité est frappante, INCONTESTABLE.
M. Debain peut donc, sans craindre d'être contredit, se proclamer le
véritable créateur d'une industrie qui, indépendamment de son
importance au point de vue de l'art, a développé de précieux
éléments de travail. L'acharnement de ses adversaires et la
déloyauté de ses contrefacteurs eurent pour effet de lui concilier
de plus en plus l'estime des hommes sérieux, et d'éclairer l'opinion
publique.
Après avoir traversé une période d'épreuves, il vit ses affaires
prendre rapidement de l'extension.
Il est dans la destinée des hommes doués du génie de l'invention de
marcher sans cesse dans le large et lumineux sillon qu'ils se sont
tracé. A cet égard, on peut dire que la vocation de M. Debain s'est
révélée d'une façon incontestable. Agrandir constamment le cercle de
ses découvertes, perfectionner sans relâche, tel a été le but de
tous ses efforts. A la création de l'harmonium, il a ajouté une
série de travaux importants et qui méritent
un examen spécial.
Dès son début dans la carrière, il s'occupa du perfectionnement du
piano. Le PIANO-ÉCRAN, dont l'invention remonte à 1836, fut exposé
en 1839, et obtint dans le monde musical de nombreux suffrages. Le
même accueil a été fait au STÉNOGJUPHONE, mécanisme destiné à
reproduire la musique à mesure de son exécution sur le clavier.
Le CONCERTINA, système d'orgue expressif, est une des combinaisons
les plus ingénieuses
qui soient dues à l'imagination créatrice de M. Debain. La
soufflerie se composaitde deux boîtes semblables aux plateaux d'une
balance: celle de gauche servait à l'accompagnement; celle de
droite, au chant. Cette invention fut cédée, en 1839, à MM.
Alexandre Jacob.
L'ORGANINO, qui fut le précurseur de l'Harmonium, était de petite
dimension. Une seule touche faisait entendre a volonté deux notes à
l'octave l'une de l'autre, ce qui produisait l'effet de deux jeux.
Par l'invention de l'ANTIPHONEL M. Debain a résolu un important
problème : il a rendu facile l'exécution exacte, non-seulement du
plain-chant, mais de toute autre musique, si compliquée qu'elle
soit.
— Chaque morceau étant noté en pointes de fer
saillantes sur de petites planchettes, que l'on peut se procurer a
volonté, comme de la musique ordinaire, il suffit de placer
successivement les planchettes sur un appareil qui s'adapte au
clavier, et, par la fonction d'un levier ou d'une manivelle, les
personnes qui n'ont aucune notion de musique peuvent rendre le
morceau écrit avec autant de précision que s'il avait pour
interprète l'organiste le plus exercé. Ce mécanisme transpose à
volonté, dans une étendue de 12 demi-tons, tout morceau noté sur la
planchette.
L'Antiphonel a obtenu les suffrages des sommités du clergé et de
l'élite des artistes; il est resté une des branches principales de
l'importante fabrication de M. Debain.
Le PIANO MÉCANIQUE est sans contredit une des créations les plus
populaires de cet éminent facteur. — Par des améliorations
successives, il a porté cet instrument à un degré de perfection qui
permet de rendre les nuances les plus délicates et jusqu'aux effets
de pédale que nécessitent le style et le coloris de la musique
moderne. Il se joue au moyen d'une manivelle douce et facile, que
l'on tourne d'une main taudis que de l'autre on applique les
planchettes du morceau que l'on veut exécuter, en les rangeant dans
leur ordre de succession.
Le mécanisme de cet instrument est indépendant du clavier ordinaire,
et peut s'appliquer à quelque instrument que ce soit. Il résulte de
cette séparation qu'on peut avoir à la fois, dans une seule et même
caisse, deux pianos, dont l'un mécanique et l'autre non mécanique.
Le piano mécanique a reçu dans les Deux Mondes l'accueil le plus
favorable; nous pourrions dire le plus enthousiaste.-Il offre une
précieuse ressource dans les localités éloignées, où n'arrivent que
par intervalles des
virtuoses de talent. Il est d'ailleurs de force à défier de
prestesse, d'éclat et de puissance les doigts de Listz ou de
Thalberg. Tous les genres de musique sont interprétés par lui avec
la même facilité, la même précision, le même brio.
Ce n'est pas seulement dans le domaine de l'art musical que l'esprit
inventif de M. Debain s'est manifesté avec succès. Son influence
s'est également fait sentir dans des questions d'intérêt public. A
ce sujet, nous devons dire quelques mots de son nouveau mode de
votation adopté en 1850 par l'Assemblée nationale.
Dès 1849, une commission nommée par l'Assemblée s'occupa de l'examen
de plusieurs
projets destinés à la prompte constatation des votes. Parmi les
moyens proposés, un seul parut digne d'attention (celui de M. Lanet
de Limencet).
M. Debain fut désigné dans ces circonstances
comme pouvant, par ses connaissances mécaniques, réaliser d'une
manière pratique cette idée première et obtenir d'heureux résultats.
Il se mit à l'œuvre, et, après quinze mois d'un travail soutenu, il
parvint à organiser un système général de votation que l'Assemblée
adopta dans sa séance du 6 mai 1850.
Le principe fondamental du système de votation repose sur cette
condition, que chaque vote soit exprimé par un bulletin d'une
épaisseur et d'une couleur déterminées qui, s'empilant sur les
bulletins déjà déposés, permet d'apprécier d'un coup d'œil le nombre
des votes pour et contre d'après la hauteur de la pile, près de
laquelle est une échelle chiffrée, divisée en degrés coïncidant avec
l'épaisseur de chaque bulletin.
L'urne est divisée intérieurement en deux capacités munies d'entrées
distinctes, l'une pour, et l'autre contre. Les bulletins introduits
dans l'urne s'y trouvent immédiatement triés et séparés en deux
couleurs différentes.
Chaque bulletin porte, gravé sur deux tranches,
le nom du représentant qui a voté. - Quand tous les bulletins sont
recueillis dans les urnes, ils s'y trouvent scellés d'une manière
absolue, tout en permettant de faire le dépouillement. Quelques
minutes suffisent pour connaître le nombre exact des votants pour et
contre, et pour proclamer le résultat du scrutin sans possibilité
d'erreur.
Il y a sécurité dans l'acte même du vote, exactitude dans le
résultat, et grande économie de temps.
Cette utile invention, sanctionnée par un vote de l'Assemblée
Nationale, ne détourna pas longtemps M. Debain des travaux qui
avaient fondé sa réputation. Il lui restait un immense progrès a
accomplir dans la facture instrumentale; ce progrès s'est réalisé :
l'HARMONICORDE a paru.
L'Harmonicorde complète admirablement l'Harmonium, son aîné, sur
lequel il l'emporte par la uissance, la richesse et la diversité des
timbres. Il est aussi facile à jouer pour le pianiste ue pour
l'organiste, et son accord est si simple, que l'amateur lui-même
peut aisément le établir.
Il ne faut pas confondre l'Harmonicorde avec les différents systèmes
de pianos-orgues à un ou deux claviers qui se sont produits jusqu'à
ce jour; c'est un instrument nouveau.
Le succès même qu'il a obtenu dès son apparition démontre sa
supériorité sur toutes les combinaisons qui l'ont précédé.
En effet, deux obstacles distincts, d'une nature insurmontable, se
sont opposés et s'opposeront toujours à l'adoption du piano-orgue
dans le monde musical : la difficulté de tenir d'accord entre eux
les deux instruments dont il offre la réunion pure et simple, la
disparité choquante des deux caractères de sonorité. On pourrait
ajouter qu'il est impossible de réunir dans la même caisse un orgue
complet et un piano de bonne qualité. Le pianoorgue à deux claviers,
lui-même, est un instrument mort-né en raison de ces divers
inconvénients qu'on ne peut éviter.
Or, l'Harmonicorde résout le problème d'un instrument à anches
libres, à jeux divers et d'une grande puissance, offrant à la fois
les ressources sonores de l'orgue et les avantages de la percussion,
c'est-à-dire l'instantanéité de l'attaque, la légèreté et la
précision du toucher.
La corde unique qui constitue ces dernières
qualités s'harmonisant parfaitement avec les vibrations des lames
métalliques, le piano peut se jouer séparément ou avec les jeux
d'anches, au gré de l'artiste et dans toutes les régions de
l'étendue.
L'Harmonicorde est en outre le seul instrument de ce genre sur
lequel on puisse avec une seule main faire entendre distinctement
deux parties dinerentes, l'une d'orgue, l'autre de piano. Ainsi,
tandis que les doigts inférieurs exécutent une mélodie d'orgue, avec
quelque jeu que ce soit, les doigts supérieurs peuvent jouer une
autre partie, celle-ci de piano seul, en notes arpégées ou
diatoniques.
Rien de plus délicieux et de plus nouveau que cet
effet, qui a sa source — on ne saurait trop le répéter — dans la
parfaite homogénéité des deux timbres constitutifs de l'instrument,
et dans son obéissance absolue à toutes les fantaisies de
l'exécutant.
Dès son entrée dans les salons et dans les concertstl'Harmonicorde a
obtenu un éclatant suffrage, celui de Rossini. — D'éminents
virtuoses, a la tête desquels se place M. Lefebure-Wély, travaillent
activement à sa propagation. Il a inspiré des compositions
charmantes. Déjà même il est le bien venu à l'étranger; avant peu il
aura fait le tour du monde.
Il y a quelque temps, M. Debain a pris une mesure importante. La
prospérité toujours croissante de sa maison l'a déterminé à réunir
ses magasins de la rue Vivienne au siège central de sa fabrication,
place de Lafayette, où il occupe actuellement plus de trois cents
ouvriers. Cet établissement, créé par lui, présente tant à
l'intérieur qu'à l'extérieur des dispositions en harmonie avec
l'importance des opérations commerciales de son fondateur, ainsi que
des salons de musique appropriés aux auditions publiques et
particulières.
En faisant édifier cette manufacture modèle, M. Debain n'a eu
d'autre pensée que celle de poursuivre la tâche à laquelle il a
consacré toute sa vie.
Cette réunion sur un seul point des éléments
commerciaux, industriels et artistiques de sa maison, en permettant
à l'œil du maître une surveillance plus directe et plus active, a
déjà eu pour résultat des soins plus soutenus apportés à tous les
détails de la facture, et conséquemment une supériorité plus marquée
dans la qualité des produits.
En résumé, M. Debain a conquis, jeune encore, une position
considérable, et chose rare, il l'a obtenue sans intrigue, sans
charlatanisme, sans autres ressources que son intelligence, son
travail et son activité.
Il a créé une industrie nouvelle qui rend a l'art
musical d'éminents services, qui occupe aujourd'hui en France plus
de trois mille ouvriers et donne lieu a des opérations s'élevant par
année à plusieurs millions.
— Le mérite et l'utilité des inventions dont il a
doté le pays, l'influence dont il jouit, la considération et les
sympathies qui l'entourent, les relations de plus en plus étendues
que sa maison a établies dans toutes les parties du monde, sont des
faits dont les efforts de la médiocrité et de l'envie ne sauraient
affaiblir la portée. J. DORCY."
Annuaire musical : institut, conservatoires, théâtres lyriques,
associations des artistes musiciens, sociétés de concerts..., 1857,
p. 169-185 (gallica.bnf.fr)