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Facteurs de pianos en France
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En effet, ces pianos à cordes entièrement obliques sont, par suite d'une ingénieuse combinaison, complètement délivrés de l'inconvénient inhérent jusqu'ici à l'emploi de la petite pédale, qui avait le défaut considérable de changer la nature du son de l'instrument. Dans les pianos de M. Brunning, la petite pédale fonctionne exactement comme dans les pianos à queue; deux cordes seulement sur trois vibrent par l'emploi de la petite pédale devenue ainsi pédale homogène. Ces pianos sont en outre pourvus d'une garniture spéciale brevetée, qui les met à l'abri des accidents occasionnés par une température trop chaude ou par l'humidité; il n'y a donc plus à redouter l'arrêt des marteaux, ni des autres pièces de mécanisme. Nous pensons que ces intelligentes améliorations seront appréciées, comme elles le méritent, parle jury de l'Exposition de Philadelphie." Le Ménestrel, 30/04/1876, p. 7 (gallica.bnf.fr)
M. Otto, pour obvier à ces inconvénients, a adapté, dans ses pianos à cordes obliques, le même mouvement de pédalos que dans les instruments à cordes verticales. Transposant d’une corde dans les dessus et pour éviter que les marteaux, dans leur marche, ne touchent les notes voisines, qui se trouvent très rapprochées les unes des autres dans ce genre d’instrument, il a imaginé de placer les deux premières cordes de chaque note du côté de la basse, en contre bas do celle des dessus, par la disposition des crémaillères du sillet, qui se trouvent plus profonde du côté de la basse ; ce qui place les cordes, par ce moyen en escalier; les marteaux, par ce fait, se trouvent être hors d’équerre pour frapper les trois cordes ensemble. Par cette combinaison, les marteaux, en opérant leur marche pour transposer, ne sont pas sujets à l’inconvénient de toucher la note voisine, dont les premières cordes se trouvent plus enfoncées que celles qui précèdent." Rapports de la délégation ouvrière libre à l'Exposition universelle de Philadelphie 1876, p. 32-33 (gallica.bnf.fr)
Sauf la cheville-Alibert que nous avons signalée à l'attention des pianistes et dont tous les facteurs ne peuvent manquer de faire bientôt l'application, c'est en dehors du Champ-de-Mars et au sein même des ateliers qu'il faut aller chercher les perfectionnements ou les innovations. Parmi ces dernières, nous signalerons principalement la nouvelle pédale transposant de trois cordes sur deux due à un ouvrier de génie, devenu facteur à son tour, M. Otto Brunning. Bien que cette invention ne ligure pas au Palais-du-Champ-de-Mars, elle n'en fera pas moins son chemin dans le domaine de la facture des pianos. C'est après avoir exercé pendant plus de quinze ans la profession difficile d'accordeur que M. Otto Brunning est parvenu a réaliser une idée dont l'application doit modifier profondément la fabrication des pianos français et étrangers. Il n'y a pas un pianiste qui ne sache que la petite pédale dans les pianos obliques a le défaut grave de changer la nature du son de l'instrument et même d'en mordiller le toucher. Ne pas altérer le son de l'instrument dans l'emploi de la petite pédale ou ne pas changer le toucher par le rapprochement du marteau à la corde, tout en diminuant l'intensité du son par l'isolement d'une corde sur trois, comme dans les pianos à queue, tel est le problème que M. Otto Brunning a résolu avec un succès complet. Cette innovation honore à la fois la facture française et son ingénieux inventeur, dont les pianos ont l'avantage de posséder une garniture au moyen de laquelle il n'y a plus à redouter l'arrêt des marteaux à toutes les températures chaudes ou humides. Les voyages que M. Brunning a faits avec nos célèbres pianistes, tels que Thalberg, Planté, Jaëll, dans toutes les parties de l'Europe, lui ont permis de constater, outre les divers perfectionnements que les cordes en acier cuivré qui ne se rouillent pas, arrondissent le son et tiennent bien mieux l'accord. Du reste, tous ces perfectionnements ont cet avantage qu'ils peuvent s'appliquer aux pianos existants. Le récit des luttes que M. Otto Brunning a dû soutenir pour triompher des résistances qu'il a rencontrées sur sa route, formeraient toute une odyssée. Qu'il nous suffise de dire que ses procédés sont aujourd'hui reconnus comme des oeuvres de génie et que ses pianos n'ont à redouter aucune comparaison avec ceux de nos plus éminents facteurs. M. Escudier." Le Figaro, 04/09/1878, p. 4 (gallica.bnf.fr)
Pour les références voyez
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