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BRESSEAU & [GILLET]
à Paris

1852

ANGERS - "MM. Bresseau et Gilet [sic], facteurs de pianos, à Angers (Maine-et-Loire). Ces facteurs dont l'établissement ne fait que commencer à Angers, ont exposé un piano transpositeur qui leur a fait accorder une médaille de bronze.

Ce piano transpose d'un demi-ton en descendant et d'un demi-ton en montant. Dans la plupart des pianos transpositeurs le système consiste à faire mouvoir ensemble tout le mécanisme (clavier et marteaux).

Il arrive que les marteaux ne frappent plus les mêmes cordes, et les rainures qui se font au bourrelet du marteau ne correspondant plus aux nouvelles cordes frappées, les sons perdent de leur qualité.

Le système de MM. Bresseau et Gilet nous a semblé ne pas avoir cet inconvénient; les marteaux restent à leurs places et frappent toujours les mêmes cordes, le clavier seul glisse de gauche à droite ou de droite à gauche, au moyen d'un levier placé au-dessous de ce clavier." Expo Mayenne Bulletin de la Société de l'industrie de la Mayenne ..., Volume 1, Société de l'industrie de la Mayenne, Laval, 1853, p. 383-384 & Compte-rendu de l'exposition ouverte à Laval, le 1er Septembre 1852 et rapports des diverses sections du jury, 1853, p. 141-142

ANGERS - "MM. Bressau et Gilet [sic] nous ont offert un piano construit suivant une modification sérieuse, pour laquelle ils ont pris un brevet d'invention. Les sommiers en fer ont été depuis longtemps inventés : ils en ont fait une application nouvelle, dans le but de parer à un inconvénient grave et que tout le monde a pu apprécier.

Les changements de température agissent en sens inverse, chacun le sait, sur le bois et sur les métaux. Par les froids humides de l'hiver, le bois se gonfle ; les cordes métalliques éprouvent une modification contraire.

D'autre part, ces cordes sont dilatées par les chaleurs sèches de l'été, qui produisent à leur tour sur le bois une action opposée. Du conflit, si l'on peut dire, de ces variations inverses, résulte une différence considérable dans le diapason du piano, qui s'élève en hiver et s'abaisse en été, au grand détriment de la justesse de l'accord, d'une part; et, en outre, de ses rapports avec les autres instruments dans la musique d'ensemble.

Pour obvier à cet inconvénient grave, MM. Bressau et Gilet [sic] ont eu la pensée de réunir en une seule pièce de fonte de fer, toutes les parties du piano qui forment le système où s'opère le tirage des cordes; sommier d'accroche, sommier des chevilles, arcs-boutants de résistance, sont réunis en un seul cadre, qui, par la matière même dont il est formé, ne subit par les changements de température, que les modifications analogues à celles qu'éprouvent les cordes elles-mêmes.

D'où suit que, sans être à l'abri de toutes variations de diapason, les instruments construits dans ce système devront évidemment n'en subir que de moins considérables. Un autre résultat produit par ce système doit encore être admis comme une amélioration.

Ici, la table d'harmonie n'est plus dépendante du tirage des cordes ; elle n'en supporte en aucune façon l'effort, et se trouve en conséquence à l'abri de tous les accidents que ce tirage peut produire ; et comme elle contribue pour la plus grande part à la sonorité de l'instrument, elle conserve une liberté qui favorise ses vibrations, d'autant mieux que la disposition nouvelle permet de l'éloigner des cordes d'une distance d'environ sept centimètres; distance qui facilite le développement de la sonorité.

MM. Bressau et Gilet [sic], pourront tirer un grand parti de ce système, dont l'instrument qu'ils ont exposé sous le n° 639, réalise la première application. Nous les engageons à poursuivre leurs expériences, en s'appliquant surtout à éviter que ce barrage formé complètement en fer ne donne un son trop métallique à leurs instruments.

Le second piano de la même fabrique portant le n° 640, est évidemment un bon et solide instrument : il possède un clavier transpositeur, suivant un système adopté déjà et dans lequel MM. Bressau et Gilet ont encore introduit une légère amélioration.

Nous apprécions vivement les efforts et le zèle que montrent les exposants qui nous occupent, et nous nous sommes empressés d'accorder à MM. Bressau et Gilet [sic] une médaille d'argent." Bulletin, Volumes 24-25, Société industrielle et agricole d'Angers et du département de Maine-et-Loire, 1853, p. 284-285


1855

 ANGERS - "M. Faivre, de Paris, et MM. Bresseau et Gillet, d'Angers, ont construit leur pianos droits avec des cadres métalliques, le premier en fer forgé, avec une plaque de même métal, contre laquelle viennent arc-bouter des barres également en fer; l'autre, en fer de fonte d'une seule pièce.

Déjà, à l'Exposition nationale de 1844, un appareil semblable avait paru, et Pierre Erard mit à l'Exposition de Londres, en 1851, l'essai d'un sommier fait d'une seule pièce en fer. Il parait y avoir renoncé plus tard.

Il a reconnu sans doute que, si le fer offre l'avantage d'une grande fermeté au point d'attache des cordes, il a l'inconvénient de donner aux sons une inévitable sécheresse métallique qu'on remarque en effet dans le piano de M. Faivre et dans celui de MM. Bresseau et Gillet." Exposition universelle de 1855 : Rapports du jury mixte international, Volume 2, Napoléon Joseph Charles Paul Bonaparte, 1855, p. 694 - Voir FAIVRE à Paris


1857

 LE MANS - "L'action diamétralement opposée qu'exerce sur le bois et sur les métaux le froid humide ainsi que la chaleur sèche, a pour résultat bien connu d'élever le diapason des pianos en hiver el de l'abaisser en été. Pour remédier à ces variations périodiques, aussi nuisibles à la justesse de l accord que gênantes lorsqu'il s'agit de musique d'ensemble, à M. Bresseau et Gillet, d'Angers, ont eu l'idée de construire une charpente eu fonte de 1er, pour laquelle ils ont pris un brevet d' invention.

Dans le système de ces facteurs, le sommier d'accroche, celui des chevilles el les barres qui les maintiennent a un rigoureux écartement ne forment qu'un tout d'une seule pièce. Les cordes el la harpe étant de même nature, doivent se dilater et se contracter ensemble, et cette amélioration apportée aux anciens sommiers en métal peut, sinon faire disparaître toutes les causes de variations, du moins en atténuer sensiblement les effets.

La construction du piano demi-oblique, en palissandre, qui a été soumis à notre examen, comporte une table d'harmonie isolée, soustraite au tirage des cordes par le procédé que je viens de décrire, et ayant en outre des dimensions plus grandes que dans le système ordinaire; tous moyens propres à augmenter le volume du son.

Bien qu'ils conservent la distance reçue entre le chevalet et le sillet, ces fabricants ont rapproché les points d'attache de leurs cordes pour en diminuer les chances de rupture. Leur pédale douce incline les marteaux vers le point qu'ils doivent frapper, et pour que dans cette position leur base ne soit pas plus distante de l'extrémité des touches, le même mécanisme soulève la partie postérieure du clavier qui se trouve alors pencher en avant.

Après vous avoir signalé ce que ce piano offre de remarquable, nous devons vous faire observer, Messieurs, que ses auteurs ont déjà exposé, il y a cinq ans, un instrument semblable à celui qu'ils vous présentent aujourd'hui; aussi nous bornons-nous cette fois à rappeler la médaille d'argent qu'ont obtenue alors MM. Bresseau et Gillet." Bulletin, Société industrielle et agricole d'Angers et du département de Maine-et-Loire, 1857-58, p. 355

 LE MANS - "Médailles de bronze. [...] Bresseau et Gillet, d'Angers. - Pour leurs pianos droits à pédale d'amortissement." Le Mans, exposition régionale 1857 : rapports du jury d'examen, 1857, p. 37 (gallica.bnf.fr)

 LE MANS - "Les instruments envoyés à notre Exposition par MM. BACHMANN, d'Angers et Tours, BRESSEAU et GILLET, d'Angers, et BRESSLER fils, de Nantes, sont tous des pianos droits, dont quelques-uns, à cordes obliques, peuvent prétendre à la catégorie de pianos d'artistes ou de concerts, et dont les autres doivent rentrer dans la catégorie des pianos d'étude et de fabrique.

Disons tout d'abord que les trois facteurs, sans avoir des prix très-élevés, doivent surtout, en ce qui concerne la seconde catégorie, tendre, par tous leurs efforts, vers un abaissement notable de prix.

Ces pianos, qui au point de vue de l'art ne peuvent avoir de valeur, en ont comme instruments d'étude, et à ce titre doivent être accessibles aux fortunes les plus médiocres.

Nous rappellerons donc que le Jury international de 1855 a remarqué des instruments de cette espèce d'une facture satisfaisante, dont le prix ne dépassait pas 450 fr. ; ceci peut avoir une sérieuse importance et doit être pris en considération dans nos fabriques de province, pour rentrer dans l'ordre général d'idées qui doit constamment les guider.

Dans notre impuissance à définir ici en détail toutes les qualités diverses que doit offrir le piano, nous renverrons à l'excellent travail, déjà cité, de M. Fétis, et nous y puiserons ce principe important : « que, tout en faisant la part de la nécessité d'un bon mécanisme, il ne faut pas oublier que le son est le résultat définitif, et que ce résultat n'est autre chose que la musique elle-même, c'est-à-dire son élément fondamental. »

A cet égard, la qualité du son nous paraît avoir de véritables progrès à faire, dans les deux derniers facteurs. Le son acquiert même une sécheresse métallique sensible, déjà constatée à l'Exposition de 1855 pour les pianos de MM. Bresseau et Gillet.

Le Jury de 1855, en attribuant ce défaut aux cadres métalliques employés par ces facteurs, ajoute que cet emploi du fer ou de la fonte, déjà tenté en 1844, a été renouvelé en 1851 pour l'Exposition de Londres, par Pierre Erard, qui semble y avoir renoncé depuis. Disons cependant que les pianos de MM. Bresseau et Gillet présentent des qualités. [...][...]

A la suite d'expériences comparatives faites sur tous les pianos exposés, successivement touchés dans des conditions identiques, et après avoir pris l'avis de personnes compétentes qui ont bien voulu nous aider de conseils utiles, dont nous ne saurions trop les remercier, le Jury a décerné une de ses médailles de vermeil à M. Bachmann,de vermeil et une médaille de bronze à MM. Bresseau et Gillet.

Il a de plus accordé une mention honorable à M. Bressler fils, pour les efforts sérieux de sa fabrication, qui ne pourra que s'élever par sa constante per sévérance." Le Mans, exposition régionale 1857 : rapports du jury d'examen, 1857, p. 227-229 (gallica.bnf.fr)

Pour les références voyez
la page alphabétique B


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